comment juger dans le noir ?

le virus est innocent. le monde ayant exhumé ses morts, dans une logique collective, une immense ab surdité, sans exception, mais bien entendu à des degrés divers dans l’échelle des responsabilités. nous avons perdu l’idée d’un juge suprême, des lois, par conséquent qui sauve ?
il est très difficile, voire impossible de s’affirmer détenteur de la hache, qui tranche. cela supposerait de connaître les destins communs. tout ce que nous pouvons c’est de nous soutenir dans l’ordre du vivant. laissez les morts. Sans pardon, cela n’ira pas tout serait vengeur
le vivant n’est pas tiède, ni mièvre. doucereux, il n’est pas réductible à une équation ou à de l’énergie. à une icône ou une croix, un symbole quelconque. c’est un flux fort qui anime nos âmes, nous brûle, nous traverse implacable mais non pas pour nous perdre. + de l’eau

de si minuscules quasars

Minuscules parce qu’après tout ils sont composés d’infiniment de trous. Et que nous pouvons les voir, tandis qu’eux nous ignorent.

Certes, si on est raisonnable, on sait que cet univers est fou, démentiel par sa dimension, par tout ce qui s’y produit. Il est probable que tous ces objets célestes, ces virus, ont leur raison d’être, mais ce ne sont que des objets, nous touchant à peine.

Par contre, ce qui nous concerne, ce que nous sommes, ce que nous aimons et ce dont nous avons conscience, toute cette vie présente en nous et en dehors de nous, sorte de miracle, et d’apparition des émotions, des drames, et des joies, des temps très étroits où nous demeurons, et ces conditions des âmes, cela à proprement dit est immense.

Le temps, la lumière objet invisible à l’œil nu, le mouvement qui selon la science fonde l’espace, et se relie aux temps, cela semble perdu, comme dirait Proust.

Ce n’est peut-être que nous, en notre mémoire qui sommes égarés, et de ce fait là engendrons toutes sortes de monstruosité sur cette terre rendue bien malade.

Très très étrange que nous sachions l’infini, et que nous soyons dans la finitude la plus angoissante, avec la mort comme seule perspective, nous anéantissant. Perspective ou point de vue ?

Réduire l’âme humaine à ce point. Alors que nous devons croître et multiplier les relations les liens qui fondent cet universel.

Si tout est relatif, le relatif est cet Absolu qui nous fait défaut. Vers lequel nous pourrions nous rendre, à condition de frapper à sa porte, pas à pas, tranquillement.

Cela sans doute prendra du temps pour que tous les hommes passent, et franchissent le seuil, les eaux noires et rejoignent l’autre rive. Sérieusement et douloureusement, dépouillés.

Nous verrons alors en nos profondeurs existentielles ce Feu qui nous anime. Nous serons dans ce feu. Mais doux, vous savez.

 

Logos muet

À l’origine le Logos était las de se taire, muré dans son silence, devant subir plus que de raison le poids de cette infinie condensation en lui-même, de tout ce qu’il contient, comme potentiel, ennui, mort, néant tout autour de lui. Alors il se met en colère, et explose. Parce qu’avant cela, dans ce vertigineux abîme, il avala toutes les lumières, toutes les énergies, tous les corps et les illusions de corps dans son trou noir, comme toi lorsque tu te nourris. Cycle éternel, retour du Même, non pas des mêmes événements, mais des mêmes êtres indéfinis, en eux-mêmes et qui forment cet Universel Vivant.
Fabuleux Mystère des phénomènes, qui sont sous nos yeux, pression, température, gravitation, électricité, mouvement, lumière, photons, cellules, virus, bactéries, microbes, moustiques, puces et tiques, rats et loups, sentiments confus, impressions, souffrances, psychoses, névroses et fêlures des hommes dans tous leurs états, en haut en bas, sains, malades, aimants, haïssant, inquiets et parfois reconnaissants de voir le jour et de se reposer la nuit.
Avant ce début, avant tout, il ne peut y avoir que tout. Bien entendu, ce tout n’est pas le même. Le seul même constant est ce Néant qui, si on l’on y songe n’est guère passionnant. Mais vraiment lourd, obligeant tous les corps à se mettre en branle, à s’animer pour pouvoir survivre. Pour échapper à son abîme et sa bouche monstrueuse.

Logos des os et des eaux.

C’est quoi cette lutte entre les hommes, lutte stérile ou plus vraisemblablement stérilisante, désertifiante et assassine ? Songez à ce que nous enseigne la physique, rien qu’elle en dehors des considérations psychologiques. La lumière, le phénomène en lui même n’ayant aucune existence matérielle, ou presque, comme si la lumière se situait dans une absence, ou un temps nul ( si l’on en croit Einstein) tellement semblable à notre présent qui ne cesse de se projeter dans cet espace. Ou comme si la lutte n’était que lutte entre deux éléments primordiaux essentiels ou consubstantiels., comme le jour et la nuit, le lourd et le léger, etc.
Mais les hommes, eux, s’échinent à démontrer par des mots relatifs, et à imposer aux autres leurs vérités et façons de voir dans l’épaisseur obscure, leurs sens jamais mis en lumière, aggravant ainsi le poids de choses pour tous, et les nœuds inextricables qui en résultent.
Alors que nous sommes tissés de lumière d’une part, et d’autre part rendus sur terre, sphère aqueuse inondée de lumière.
Sans doute faut-il voir que toutes ces guerres, ces combats nous donnèrent aussi des leçons par la souffrance, que les puissantes armées des princes de ce monde furent-ils là pour nous châtier de quelques pensées très négatives qui nous intoxiquent, et génèrent des maux par delà les limites des mondes, touchant à la fois le début et la fin, si l’origine s’y trouve.
Comprenez bien que la pensée (des hommes) c’est celle de leur âme, de l’essentielle substance qui compose le corps des dieux. Sinon, rien n’a d’importance. Vie et mort peuvent se confondre.
Vous pouvez vous demander d’où viennent ces éléments négatifs dans toutes les pensées, ou pour parler plus naïvement, des mauvais esprits. En effet, le mal à la racine est loin d’être éliminé. Mais après tout je n’en sais pas plus que vous à son sujet. C’est grosso modo, ce qu’on nomme le démon. Non pas celui de Socrate, qui était fort mignon. Mais alors qui ou quoi ? Nul humain, nulle être vivant n’est démon, sauf s’il laisse cette sale chose l’habiter.
Sale, c’est à dire entité des mondes inférieurs, n’étant pas à leur place, entité des enfers, ceci dit pour symbolise mon propos, et qui ne cesse d’effrayer tout le monde. Entité ou objet qui nous avale ou nous abaisse, comme il est question de cela dans ces magies noires.
Songez aussi qu’à l’inverse il y a la blanche, dame blanche, Eve en esprit. Justement lumière.
Comment dire que nous sommes dans la balance ? Le monde, le vivant, les phénomènes ne se peuvent qu’à cette condition légèrement instable, et si cela devient excessif la bascule est irrémédiable, le cercle des violences nous achevant.
Voilà pourquoi nous devrions en premier lieu prendre soin de ce que nous disons. Le Logos étant implacable.

 

Incarnation du Verbe

Je songe à ce beau mythe de Marie, Vierge, Matrice pure, engendrant Le Fils, avec pour absence notable Joseph, le Père, Esprit distant, Invisible dans la suite des événements. C’est grosso modo le même topo ce que la phusis  (φύσις nature) présente, à quelques nuances près nous propose.

L’univers, la matrice révèle l’esprit du Père dans le Fils. la Mère sait tout, certes, met tout au monde, enfante, elle vit grâce à ce qu’elle enfante, qu’elle met hors d’elle, dans ce processus, cette expression d’elle même et de l’esprit, qui s’incarne.

C’est vraiment très drôle.  Des corps singuliers, distants et séparés semblent se mouvoir  en quête infinie d’eux-mêmes dans cette matrice. Se perdre, se retrouver, se haïr, s’aimer, lutter, grandir ou chuter, construire tout un corpus de sciences, de ruses, sans fin pour accroître en eux le sentiment profond de leur énigme à travers toutes sorte de langages.

Ce n’est pas grave. 

où est le repos

Je me demande ce qui est le mieux, mourir, s’anéantir, ou vivre, devoir subir ces espèces de clous, ou de morsures venimeuses des temps et des pensées assassines qui telles des ombres de serpents lâchent leur venin dans ton cœur, et te font trembler d’effroi. Tu n’as plus le feu qu’il faut pour t’en extraire, tu restes tenu sous les sangles immobilisé et atrocement seul.

Non, tu sais cependant. Que tout ceci n’est que le passage obligé des ténèbres., de cette mise à nu, de la pesée de ton âme, en quête d’elle-même, en quête de son épouse, et du repos.

En plus, la solitude

La solitude ou l’isolement. C’est fou, si l’on y songe. Nous sommes de plus en plus nombreux, et de plus en plus isolés, seuls et retenus otages dans nos maisons, autos, ordiphones surveillés, n’ayant comme interlocuteurs que des distributeurs de billets et de clics, des notifications sur les réseaux, ou des soirées passées à ingurgiter des séries anxiogènes. Puis la fête hystérique des grands combats sportifs, ou les soldes. Mais quand tu vieillis, tu vois tout s’effriter autour de toi. Il ne reste plus rien. Tout devient absurde ou inintelligible, ce qui est pareil.

En vérité il manque les lieux et les présences effectives des uns aux autres autorisent les échanges et tout ce que cela implique comme richesse et ferment. C’est la vie qui s’en va et nous laisse orphelins, mais possédant le dernier modèle des bijoux technologiques, ou des plats raffinés des meilleurs restaurants. Quel ennui … quel désarroi… alors les hommes se réveillent et envisagent la révolte face à cette absurdité et ces masses d’injustices qui se profilent au nom des soi-disant impératifs économiques, des chiffres qui mentent avec aplomb.

Les chiffres ne disent strictement rien. Prenez les indices du bonheur, comme s’il y avait un thermomètre pouvait vous rendre sa température. Ou celui de la liberté. Même l’argent ne signifie rien puisqu’il s’agir de flux relatifs à des liens, des relations de confiance. Le pire, c’est que ces nombres nous tiennent prisonniers, comme des entités fantomatiques et que nous y croyons… Et que nous savons également que dans ces contextes, nous ne pouvons faire sans. Il en résulte une chose, c’est la puissance fantastique des possédants, détenteurs de sommes phénoménales, se permettant tout. Et imposant des directions atroces au monde.

Ceci explique peut-être cela, ce fait de replis, des peurs engendrées où chacun essaie de se prémunir comme il peut. Situation de défiance généralisée.

Le sens de l’Histoire

L’Histoire a probablement commencé avec la guerre qui n’a jamais cessé, elle est perpétuelle jusqu’à son terme. Il n’y a pas de paix perpétuelle, il n’y a de paix qu’éternelle. Mais en attendant que cette paix devienne éternelle, nous pourrions vivre si la guerre ne nous emporte pas. La guerre sans fin c’est la fin de l’aventure humaine. Comme si nous n’arrivions pas à trouver en nous les ressorts suffisants pour cette paix éternelle, précisément. Le calme, la sérénité, la joie, la satisfaction de notre condition, la possibilité de contempler, de suspendre le temps, et de ne plus nous agiter comme des diables dans leurs bocaux.

Bref, on ne dépose les armes que dans son esprit. On accepte la relativité de nos mots, et une certaine fatalité de notre défaite.

Depuis les origines la guerre n’a fait que s’amplifier et accroître les vengeances respectives, dans ce jeu trouble des non-dits, des mensonges, des ruses et des traîtrises, des volontés de dominations, de soumissions. Tout cela est très absurde. Le sens de l’histoire est absurde dans ce sens là.

Il ne l’est plus si nous faisons connaissance avec les plans supérieurs de la conscience passant par la reconnaissance. Des uns aux autres, et de tous avec le supérieur de l’homme.  Ce qui suppose un sincère humilité, non une humiliation, ni une quelconque mortification de nos corps.

En quelque sorte, pour le dire vite, il s’agit de retrouver cette unité d’être. Par delà les langages.

Citation

De l’ordure à l’or d’où. — Un œil pour deux

Sacrée fortune, sacrée crèche en or et argent. Que ne ferait-on pas pour la fortune, ou la chance, comme si celle-ci nous plaçait sur le sommet de la montagne. Pratiquement divinisé. Rendu à l’état de figure transcendante. État sublime. Ou toute puissance du fortuné. Sans doute faut-il voir que l’argent n’est qu’une parole. Rien d’autre.…

via De l’ordure à l’or d’où. — Un œil pour deux