Voyage d'un papillon

Un œil pour voir

Rendez à César ce qui est à César

La Grande Mue

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Bernard Charbonneau

Rendez à César ce qui est à César

(Article paru en mars 1951
dans Foi et Vie)

Ces passages sont tirés d’une description de L’État ; ils sont donc nécessairement fragmentaires et ne prennent leur plein sens que dans l’ensemble dont ils sont extraits. Il m’a cependant semblé qu’ils pourraient aider à connaître l’esprit du monde ou nous vivons.

Ce monde n’est pas chrétien ; il n’est même plus apparemment religieux. Et les chrétiens s’en accommodent car il faut bien vivre – sinon vivre en chrétien. Comme tout péché, cette abdication se justifie au nom d’une vérité : la distinction du spirituel et du temporel. Le chrétien tend irrésistiblement à faire deux parts de sa vie : une vie religieuse où règne sans partage l’absolu divin, et une vie mondaine abandonnée au relatif, puisqu’il est bien entendu que le monde est déchu. Ainsi n’y a-t-il plus de morale chrétienne…

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argent à titre d’exemple

D’injuste, forcément.

L’argent n’est nullement équivalent à un temps de travail, à une quantité effective de telle nourriture, d’un espace donné, mais est une fonction relative à une autre fonction, irrationnelle, arbitraire, dont la valeur, (ce qui n’est pas le prix, le nombre ou le montant) n’est pas une constante mais une variable.Indécidable donc. ( tandis qu’un kilo de patates ne varie pas à peu de chose près) Donc forcément échappant à tout le monde, ruinant le monde qui donne à l’argent la primauté sur la vie. C’est un objet sans objet, comme un objet de la foi. C’est l’arrière plan irrationnel du fonctionnement du monde, comme un dieu auquel on obéit de façon subconsciente, et qui donne à leurs détenteurs le droit d’imposer au monde, comme si c’étaient des dieux.

Argent est obligatoirement cause de déséquilibre. Disons, l’argent, la monnaie qui ne porte pas notre effigie, comme disait Nietzsche. Ou les monnaies locales, les grains de sel, quelque moyen utile pour se remémorer à qui on doit quelque travaux  dans un échange. Sinon, si l’argent est éloigné nous ne pouvons rien demander à ces éloignés là, ils sont situés hors de notre portée, d’où leur possibilité de fraudes, d’évasions fiscales, les prébendes distribuées selon les favoritismes, etc.  etc.

Les pauvres gens peuvent toujours courir après l’argent, jamais ils ne le rattraperont.

Et puis, il y aurait d’autre porte ouverte à enfoncer encore … comme ce fait qui fait qu’on gagne de l’argent dès qu’on en a, à condition d’y croire et de s’y consacrer comme si c’était un culte.

bref, c’est un poison des profondeurs.

Cercle vicieux

Le monde tel qu’il fonctionne est dans un cercle vicieux. On construit des routes et autoroutes pour alimenter les rentes, les portefeuilles des rentiers, contraignant le consommateur et les usagers à pourvoir à la dépense, de même que l’industrie automobile et les industries des camions, des engins, des machines qui forcément doivent amortir leurs machines, et tourner à plein régime. Aucun secteur n’échappe à cette logique de la rentabilité, même la médecine. Ne parlons pas des usines d’armement, qui cherchent leurs terrains d’exercice et leurs emplois. Tout étant sous la tutelle des ingénieurs, des cadres des directeurs, manageurs de tout ce bizness organique, cette boucle production consommation investissement innovation etc. Boucle dans laquelle les petites mains sont bien obligées d’ obéir pour survivre. On dirait qu’il y a une sorte de connivence entre les têtes pensantes, une sorte de conspiration des forces d’argent.

À qui ou à quoi obéissent donc ces forces là ?

Avons ou savons ?

C’est un sujet glissant. Ce qu’on a nous possède. Et si on ne possède rien on ne peut rien. On reste pris dans une nullité atroce. Sauf un saint, et encore … il lui faut une grotte, une assiette, et pourquoi pas une compagne ? Pas d’être sans avoir. Avoir est un état d’esprit. Ou d’Esprit ? le notre ou celui à qui l’on rend son esprit ?

Il y a des lieux où aucun mot ne vient.

Parfois des sons, de la musique ou de la danse, de la grâce qui s’exprime et nous fait frémir, des formes et des couleurs, des choses dépouillées contenant mille fois plus de lumière que les machines les plus compliquées, plus que des rayons lasers qui s’empoussièrent et ne restituent que des pâles copies du chant, du drame humain.

Si, une chose est à nous, enfin… devrait l’être, aller jusqu’au bout.

ET

Sans doute extra-terrestre fait peur. Extra , tout ce qui est hors de notre portée, sur lequel nous n’avons aucune prise. Terrestre, tout ce qui ne relève pas de la matière saisissable première. Ainsi donc, l’humanité est terrifiée à l’idée qu’une Puissance la précède, qu’un Autre puisse exister à son insu, un inconnu existant quelque part et qui serait porteur des mêmes intentions que nous ? Trop drôle, chacun y projette donc ses propres forces négatives … qui forcément nous effraient puisque nous les savons,  troubles au fond.

Petite note en passant

Voyez comme c’est étrange, chaque peuple, chaque groupe semble poursuivre un dessein propre, à construire ses armes, à imposer son hégémonie sur le monde, sa volonté et sa vérité, sa culture, ses croyances. Alors évidemment, ça frictionne, ça fait des étincelles. La terre est en surchauffe. Comme un corps qui aurait de la fièvre. Ne me dites pas que toutes ces industries sont innocentes. Ou alors elles sont toutes d’accord sur un point dans leur inconscience, leur peur : fermer la porte à l’extérieur en pointant les missiles vers le ciel. Et bien sûr les pointer aussi vers les ennemis intérieurs & les populations qui aspirent à vivre de la Nature, humainement. Parce que ces modes de vie simple ne donnent nulle puissance, ne font de nous que des sujets obéissants à la providence, à cet ordre naturel, ayant l’évolution lente dans un temps long, où chaque homme ou femme ne cultive que selon ses besoins, son art et son talent apportant ainsi sa contribution modeste à l’ensemble. L’ensemble nous soutenant en retour.

Le reste est pure démence.

666

Admettons que personne n’ait jamais vu ni dieu ni diable , mais que nous n’ayons jamais ressenti que du bien et du mal , distinctement ou indistinctement, de façon confuse . et que cela nous soit nécessaire . les deux , n’est-ce pas ? Qu’il est impossible que dans notre situation il y ait l’un sans l’autre . Impossible peut-être pas, mais du moins s’il n’y avait que l’un nous serions pris dans un malaise absolu . même dans le cas paraissant contradictoire d’un bien unique et exclusif. Comme un tableau qui ne porterait nulle ombre , ni contraste . Comme si l’effort de monter sur le haut d’une montagne pouvait se faire sans mal ou sur une chaise à porteur ? dans le mépris de celui qui nous porte ? en rejetant le mal sur un être extérieur donc .
Vouloir un Bien , se dire dans le Bien sans effectuer sa part ni porter sa part de maux, allons, ça conduit à quelque pire.
C’est pourquoi la Morale , hein … établir et poser des morales n’est pas anodin , combien d’entre nous parlons sans savoir ? décrétons ceci ou cela dans la plus grande ignorance ?
Alors , le Chemin se ferme, ou débouche sur un vide sidéral , et le suicide collectif des sociétés surarmées .

N’est-ce pas la  Bête ?

D absent

D présent par le Christ & Satan

Bien & Mal suffisants à nos peines & joies

 

 

Ce vide

Avant tout c’est l’Univers

puis les ventres, mon cerveau vide,

le couloir vide mais qu’obstruent les sous-marins nucléaires

signe d’un oubli monstrueux de la Mémoire.

Notre Âme nous rappelle par le bien et le mal

le Chemin

Ainsi

Dieux est par tous les dieux,
les dieux par tous les anges
les anges par toutes les bêtes
et les bêtes par toutes les plantes
qui se plantent dans la poussière.
Où sommes nous ?😉