Étonnement

Étonnement d’être sur terre
Étonnement d’être humain
Étonnement d’être homme
D’avoir deux jambes
Et deux bras une tête
Au milieu

Étonnement d’être seul
Parmi des êtres qui ne s’étonnent pas…
… Pas tellement
À qui il faut du nouveau sans cesse
Pour susciter de l’étonnement
De l’émerveillement

Songez, nous sommes ici en nombre
Livrés à notre liberté – ou ce qui en reste-
Rien ne nous oblige à commettre des crimes
Ni à convoiter le bien des autres
Mais nous sommes la proie de tentations
Absurdes.
Ou de querelles verbales encore plus stupides
Ne menant nulle part
Des différents insolubles sur le nom
Sur le sens des mots
Sur le gout des fraises

Sur le mariage, sur la famille, sur les mœurs
Et Dieu qui voit tout ça
Sans doute aussi s’étonne de tant d’incompréhensions
De tant de peurs qui en découlent
D’humanités sur la défensive
Qui fourbissent leurs armes partout
Au lieu d’œuvrer à préserver la vie.
Et la diversité des cultures.

Parce que
Au dessus des religions ou des philosophies,
Il y a dieu un concept indicible qui emporte le monde
À notre insu.

Comme si on pouvait diriger les géants …
Ou la mémoire du Monde

Étonnement face à tout ce qu’on a oublié.

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La mue

Après une semaine d’absence, je reprends le fil de mes divagations.
Une semaine de pérégrination, de nombreuses rencontres, de quoi remplir des pages. De questions et de réponses. Revoir le monde, son bien, son mal, ses masques et ses âges, dans la diversité des langues et des visages. Quelle effervescence, et quelle agitation…

C’est fantastique de pouvoir vivre. Vivre c’est échanger. Entendre, dire, aimer.
On revoit les temps passés dans les pierres, les rochers que la terre a façonnés, que les hommes ont taillés. On revoit la lune en reflet sur l’océan de la Terre, et notre petitesse. On revoit toutes les lumières et les jeux d’ombre que nous avions oubliés.

Le voyage c’est ce qui nous remet à notre place.
Parce que nous contenons à la fois le haut, et à la fois le bas. La terre contenant tout ce qu’il faut pour que nous apprenions à vivre.
C’est bien malheureux si nous ne rencontrons que la mort. Ce serait celle de Dieu. Tout cela à cause d’un mur que nous n’osons franchir vers l’autre, vers l’amitié. C’est assez stupide aussi si nous restons pris dans notre vide, notre pauvreté, à ne songer qu’à posséder, ou nous enivrer de choses, ce qui ne peut nourrir une vie, mais alimente les ténèbres, et leur donne du pouvoir.

Hélas… les mots sont bons quand ils ne sont pas sous le voile. Quand ils révèlent leur intention. C’est un peu comme si nous retrouvions l’innocence.
Celle–ci présente encore. Mais qui s’use avec le temps, et dévoile ses masques hideux, grotesques, ses monstruosités qui nous habitent, comme si la Bête humaine triomphait.

Mais de quoi pourrions triompher ? De qui ? Alors qu’il n’y a que Nous ?
Et partout une mue qui est difficile.

Que vaut une intelligence sans vie ?

La vie est invisible. Heureusement, sinon les hommes seraient capables de la voler, et pire même. L’ayant prise, il ne la rendraient pas, ou alors sous forme de fausse monnaie.
Faut-il l’infini pour pressentir qu’il y a de la vie dans un monde fini ? Et qu’elle nous touche ?
On ne devrait pas douter d’une vie possible. mais on peut douter de ce qu’on en fait, de son utilité dans le monde, de l’usage de l’intelligence sans cœur, et de l’épuisement des corps, des existences vaines, de la terre qui devient comme une scène dramatique & hystérique.
On ne saurait trop « voir » la vie sans un minimum de calme. On passerait à côté de la sienne sans la voir, engloutie par le temps. Hé, n’y a -t-il personne dans les mémoires ? ( parce que s’il y a l’espace, que dire de la vastitude des temps ? )
Merci au physicien de susciter tous ces questionnements , de nous piquer au vif, et nous renvoyer dans notre vacuité.

Tout semble nous indiquer que la vie est l’intelligente… donc.

Plus on monte plus on voit les choses se dérober sous nos pieds dans une sorte de vertige qui nous effraie parce qu’on constate que notre vie est dispersée dans ce cosmos, comme un gaz volatile ( métaphorique hein ) alors que nous ne relevons pas de façon exclusive des soleils , des fusions d’hydrogène, mais aussi de bien d’autre chose de sensible qui décide de nos envies & choix .

Pour pouvoir monter il faut sans doute une bonne base stable non affectée. Si la base est non affectée ni infectée, spontanément l’esprit de l’homme léger comme un gaz, se questionne, et se questionnant il s’élève.

Vivre adossé à la mort

Tout est immortel. Rien ne peut s’anéantir. Philosopher ne sert qu’à débloquer sa mémoire, apprendre à penser, apprendre à vivre, trouver la mesure exacte du vivant, selon la raison mêlée d’irrationnel. Ça sert à « voir ».
Non pour rester spectateur passif face aux choses, ni agitateur stérile ou manipulateur inconscient des forces, mais voir pour se voir, agir en connaissance. Être acteur d’existence. Sous ces conditions, la vie est plus forte que la mort, on rend sa vie et non sa mort.

Mais pourquoi donc il y a une telle angoisse aveugle, un tel cortège de fantômes qui pèsent sur les vivants ? Tellement de monde qui par peur de perdre leur vie, leur maison, leur portefeuille, ou sac à main, leur habit d’existence, qu’ils créent des conditions infernales pour ceux qui leur succèdent ? Comme un héritage funeste. Un report ad vitam æternam des morts qui vampirisent les vivants, la vie donc, qui n’accouche plus rien de bon, qui n’autorise plus de liberté vivante, la vie qui fait figure de mort sans apporter de délivrance. Comment voulez vous que ça n’explose pas ?

Ce qu’il advient de nous ensuite, notre mort , nous ne pourrons la connaitre qu’à son heure. Hé, il faut bien, sinon on s’y morfondrait, ici en attendant.

Je me demande d’ailleurs si tout ce désastre du monde ne vient pas d’une idée préconçue de la mort. On croit qu’on ira droit au paradis, ou bien qu’il n’y a rien ensuite, c’est du même ordre quant aux actes susceptibles d’en découler, comme on dit « après moi le déluge ». Ben voyons, ce qu’on laisse aux vivants…

Comment tirer leçon des choses négatives et s’en extraire ? Nul ne saurait s’il ignore le chemin , et celui-ci pourtant a bien été tracé, moult fois, et moult fois méconnu et bafoué. Ce qui aggrave le naufrage collectif.
Le vice, la perversion, la chose qui corrompt, qui altère, au sein d’un ensemble inaltérable, d’une totalité impérissable, d’un tout immortel, comment cela se peut ? C’est comme la dualité du Pur et de l’Impur.
On croit, et on a raison de croire que Tout est pur , mais c’est ambigu.
Ce n’est pas parce Tout est pur qu’il ne contient pas de l’impur. L’impur ne l’altère pas mais altère celui qui ignore l’impur.
Le corps qui corrompt, ne relève pas de l’Esprit. Mais de sa négation, du refus, de la noirceur du monde, et du doute. Ce qui a pour effet de s’accrocher sans fin a des illusions.

C’est de la faute originelle dont il est question. Du pouvoir de la racine face à la faiblesse du sommet.
Nos morts, il est bon d’en faire son deuil. ils ne sont plus dans ce cas gênants pour les vivants. Ils peuvent être présence douce et apaisée. Consolante.

Quelques mots sans importance

Celui qui cultive l’argent a des chances d’avoir de l’argent. Il aura ce que l’argent peut lui donner, ce qui revient à presque rien, puisque c’est éphémère, volatile, cela ne fonde pas une âme.
je pensais que Dieu pouvait être « cultivé ». Non comme personne mais comme relation, rapport, intermédiaire, entre nous d’abord, puis de façon universelle. Mais là, ce fondement au lieu de nous éteindre nous ranime. Demeure donc quelque chose de vivant, qui appartient à tous, contrairement à l’argent qui dépossède le monde.
En supposant que tout soit vivant, vous y êtes inclus, ce qui rend Tout vivant.

L’argent n’est pas un corps vivant. C’est un corps mort. Une énigme, une ombre au sein des liens humains, strictement. Essayez donc de payer un âne avec des dollars. 🙂

Bon, pourtant, on sait qu’il faut de l’argent, même si cet  » absolu mort » engendre du relatif, des conditions d’existence.
Comme quoi l’argent est pourri d’odeurs, selon la direction qu’on lui donne, si on l’enferme ou le libère.
On dit souvent que les choses sont indécidables. Et pourtant, il y a bien des décisions qui sont prises quelque part et déterminent les conditions.

Saturnisme

On est arrivé à saturation. c’est peut-être idiot, mais une goutte de plus et le vase déborde. C’est sûr, on ne reviendra jamais en arrière, mais continuer plus avant dans cette direction, c’est comme un plongeon. Il faudra cesser tout ce qui désormais dégrade de façon irréversible l’espace naturel, les biotopes, les tissus d’humanité saine. Les investissements aggraveront les crises et laissent la voie ouverte aux mafias, et aux djihad, et aux suicides pour les autres. L’argent , la volonté de le conserver et d’augmenter son épargne, et donc son emprise sur le monde ont des effets effroyables, comme un cancer.
ces grands barrages qui déportent des populations, ces abattoirs de souffrance et d’animaux malades, ces forêts uniformes productivistes et mornes , où la faune est disparue ou terrifiée à la vue des hommes, comme si nous étions des étrangers à la Terre . Donc comme des corps étrangers, la terre nous rejette . Mauvais plan dans la conscience , égarement de l’homme dans son Cosmos. qui n’est plus que Chaos , dans ce K .

L’existence des villes

Brillant 🙂

existence !

Toute l’histoire du monde concerne seulement des villes qui changent de main ou de nom. Combien d’autres villes controlent-elles? C’est tout ce qui fait les empires et les civilisations.

Y a-t-il des gens dans les campagnes ou les forets, les mers ou les deserts? La ville s’en doute et en tremble d’avance, car pour elle ce qui n’est pas urbain est au ban de la civilisation: ces territoires soumis ne sont qu’un fond pour faire briller la ville comme monopole de l’existence.

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Hélas

Hélas, on change d’étiquette mais pas de programme. on passe d’un clan à un autre qui sert des visions similaires. les investisseurs mettent aux élus le couteau sous la gorge. et comme les élus jouent leur carrière politique , ils sont des valets bien dociles.
Non, tout l’avenir se jouera sur un paradigme nouveau accepté ou non, plus simplement sur une vision du futur de l’homme, savoir si le futur est sous emprise du technique et de l’artificiel, ou un équilibre entre nature et artifice. savoir aussi si le pouvoir est central, concentré en quelques mains, ou collectif, faible mais vivant , imprévisible . Disons plus naturel, et ce que Nature implique.

Nature , ça n’est pas un objet, c’est un mode, une façon de se lier.

Et par conséquent de naitre et mettre au monde.