A propos d’illusion

Nous nous enrichissons dans nos lectures et dans nos échanges, et même dans nos polémiques, si nous sommes capables d’entendre ce que l’autre veut nous dire et que nous ne nous fermons pas sur nos opinions. C’est banal, tout ceci.

Un ami disait : « tout est illusion ». De quoi repenser à Maya la déesse de l’illusion. Du coup je regarde et médite sur un objet qui présente quelque chose de stable, de pérenne dans la durée, puisqu’il s’agit d’une pierre, tandis que si j’avais pris un morceau de musique, son aspect éphémère, fugace, moins objectif et concret, sans possibilité de le toucher, je n’aurais pas eu cette même réflexion. Malgré tout, il est difficile de dire qu’un son n’est pas un objet, puisqu’il s’agit d’un mouvement de l’air, c’est un objet en mouvement donc. Puis réfléchissant à la matière qui compose la pierre je retombe forcément sur les atomes tels qu’on nous les a appris, comme mouvements et nuages d’électrons, ces corps étant soumis aux lois de la physique, ces corps sont empreints de mouvements autant que l’air, à un autre niveau. La pierre est également périssable fugace éphémère. Nous ne vivons pas au même rythme qu’elle, elle nous semble stable, permanente, non illusoire. Ce sont nos perceptions qui décident. On peut entendre le son comme corps concret ou ressentir la pierre comme masse en vibration.

Tout ceci se passe dans notre corps, récepteur, lui-même étant perçu par un récepteur, un autre encore éloigné mais lequel ?

S’il y a continuité dans la matière, on ne voit pas pourquoi nous serions des objets séparés de la matière, de la totalité de la matière qui se perçoit elle-même, dans un sorte de jeu de miroir illusoire peut-être mais offrant cette possibilité de voir, se voir, s’entendre, se toucher, se sentir, et pourquoi pas se goûter par tous les sens dont elle dispose, en somme nous sommes objets de la matière, dont il est difficile de dire qu’elle serait elle-même illusionnée par ce qu’elle est. A ce stade définitif, le mot illusion n’a plus de sens, selon l’idée même de la distance du recul lié à la perception de l’image, la matière ne pouvant en elle-même se faire du cinéma, n’ayant rien d’autre qu’elle face à elle.

Sans doute tout n’est pas dit dans le mot Matière non plus. Il nous échappe son essence, son être et sa raison d’être, le sens dont elle s’investit, la présence au sein de celle-ci, et qui fait corps avec elle.

Voyez, on retombe toujours sur la permanence d’un sujet uni. Intimement. comme un baiser infime.

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5 réflexions sur “A propos d’illusion

  1. 5% de l’univers est constitué de cette matière que l’on voit. On ne sait pas grand chose des 95% restants. Au lieu de « Tout n’est qu’illusion », on devrait peut-être dire « Nous ne voyons rien » ou « Quelque chose de très important nous échappe », ou encore « La probabilité pour que quelque chose de très important nous échappe est grande ».
    (oui j’ai bu un verre de vin ce soir 🙂 )

    • Que sait-on des 5% que l’on voit et qui suffisent à nous poser question ? Il ne faudrait pas croire que les 95% restant nous réduisent à néant , pas plus que ce qui est là, non, ce qui compte, c’est le sens du signe, le notre humain. naturel.
      le reste, le robot, le nombre, ou le numérique, tout cela, c’est accessoire , comme des outils

  2. Hélas, je ne suis pas philosophe, ni métaphysicienne… Le 95% est en nous, nous sommes le 5% et le 95%, notre substance pensante aussi. Donc oui, vous le dites, « tout n’est pas dit dans le mot Matière ».
    Par contre, pour moi, l’informatique est bien plus qu’un outil : notre adn est un programme incroyable, nos pensées sont données, l’univers est code. La philosophie sous-estime grandement l’informatique. (non non, je n’ai pas bu de vin ce soir)

    • Vous croyez que la philo se désintéresse de l’informatique ? je ne crois pas. On est un peu envahi.
      Ne serions-nous qu’une suite de combinaisons complexes de 1 et 0 ? si nous pouvons mettre tout en nombre il n’empêche qu’un nom restitue de façon presque immédiate la chose ou l’essence de la chose. L’informatique est un langage pour ordinateur mais nous ne sommes pas encore au stade robot. Enfin, j’espère.

      • Voilà qui me fait réfléchir en tout cas.
        Un jour, la machine sera plus intelligente que nous. Alors nous saurons ce qu’est vraiment notre moi (et notre tous) humain. Sommes-nous nos imperfections ? Mais tout programme a ses bugs.
        Sommes-nous alors notre envie de vivre ?
        J’aurais presque hâte d’y être ! Tchin.

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