Capitaliser sur le doute ou sur le grill

On capitalise sur la tête de.

Comment donc sont nés ces monnaies ? cet objet qui n’est rien en soi, qui ne produit rien, mais signifie beaucoup, n’est que parole donnée entre des acteurs.

J’ai besoin d’un bœuf pour labourer mon champ. Je vais voir Jules, éleveur du village. Je lui signe un billet, marqué de ma trombine pour qu’il se souvienne que j’attends en retour qu’il me restitue mes images, disons dans ce but précisément d’être utile, et que mon blé vaille quelque chose, et ne finisse pas mangé par des rats. Jules accepte en fait mon billet, parce qu’il sait que j’ai du blé, non pas dans un coffre fort, mais du fait de mon travail et de la fertilité du champ. En somme Jules a confiance, il me fait crédit d’un bœuf. Il ne capitalise mes images, il se nourrira donc de mon blé.

Mettons que je bluffe sur le blé que je suis censé produire. Mon image ne vaudra plus grand chose auprès de Jules. Soit que j’aille échanger mon blé avant que Jules revienne me l’acheter, soit que je n’en produise pas. Bref, la valeur indiquée sur le billet que j’ai « produit » ne correspond pas à la production effective. la valeur était « un bœuf« . La confiance s’est brisée quelque part. Mais bien entendu en réalité cela ne se passe pas comme ça. L’éleveur ne vient pas dépenser son bœuf en entier chez moi, ce dont je me doute. Il a d’autres besoins, il va voir le forgeron, le tailleur, le pêcheur, le maraîcher et pour chacun  de ses achats, il fait comme moi, il dessine son image et inscrit une quantité. ( question de nombres, de l’ étalon, sur lequel se référer, étalon vendu par Jules )

Tout ceci ne nous renseigne pas sur le fait de capitaliser. On capitalise sur sa tête. On frappe monnaie à son image. César, accumule les billets à son effigie ? au contraire, il les diffuse. Dans son coffre cela ne vaut rien. Cela vaut pour César, si tout le monde en possède. C’est à dire, qu’il peut disposer de ce dont il a besoin auprès des autres membres de la société, parce qu’il a un élevage conséquent, et que les rapports sociaux ne sont pas troubles.
Mais que se passe-t-il dans le cas où les rapports sont opaques, soupçonneux, défiants. De deux choses l’une. Si le monde est bon, il n’y a pas de cynisme ni de paranoïa, pas de suspicion, ni d’actions secrètes. Inversement, si les relations sont troubles. les échanges faussés, le manque de respect évident, le doute envahissant les rapports humains, tous les défauts prenant le pas sur les vertus, c’est une rapport de force qui s’engage. Et dans ces conditions, le plus violent devient dominant. Société sans morale.

Mais comme la violence seule ne peut rien, s’immisce dans ce jeu l’élément psychologique, la ruse pour faire accepter ces violences, comme éléments normaux au sein des communautés.

Ruse des services spéciaux, qui sont aussi rémunérés.

J’ai bien conscience de n’avoir rien exprimé de nouveau. Mais je m’interroge sur ces déséquilibres du monde, sur le fait que certains d’entre nous n’ont rien et d’autres ne savent plus quoi faire de leurs billets, c’est à dire jouer à ces jeux dangereux, en imposant leur monnaie.

Le problème du monde serait celui de la direction des dépenses, finalement et de ces décisions. Décide, déicide, décisions des ciseaux, couper, trancher, décidément, Jules effectue une césarienne, depuis le temps. Il divise il partage il décide.

D’un côté il épargne, de l’autre il dépense, et selon cela, il fait marcher le monde.

Pourquoi le monde reste autant esclave, là, je ne sais quoi dire ? Vous voudriez ne plus subir la loi de César ? Alors rendez lui ses billets. Plus facile à dire qu’à faire. Ils ne sont pas nombreux ceux qui envisagent de vivre sous le monde des échanges respectifs et justes, sans passer par la monnaie frappée par les violents.

Évident que je n’ai pas la réponse, la solution, ce serait trop facile. S’il y en a une, elle ne peut provenir que du monde, qui décide de modifier radicalement ses cultures. et ne pas s’enfoncer plus loin dans l’opacité des choses, des relations, des non-dits et des enfermements. Et même des soit-disant progrès qui ne sont que ruse encore plus vicieuse des éléments dominateurs pour ne pas perdre la main dans ce jeu de poke ère.

On n’est pas sorti de l’auberge…

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