Hypothèse ou hyperthèse pour perpète

Les croyants persuadés de leur dieu éprouvent un malaise quand ils voient que d’autres n’y croient pas, que leur croyance ne fait pas l’unanimité. Il peut s’ensuivre qu’ils cherchent à faire adhérer le plus grand nombre possible de gens à leur vue, ce qui est bien souvent source de malentendus, et de conflits.  Comme si le plus grand nombre impliquait une plus grande vérité. Je crois que nous n’avons pas à convertir quiconque à l’idée ou l’image ou la croyance à notre dieu, mais uniquement à signifier a minima qu’il ne peut pas ne pas y avoir de dieu, c’est basique. Ensuite, c’est selon nos actes, qu’il se crée en nous, qu’il s’élabore, se conscientise, et nous nous conduisons à son sommet.

Tout ceci est curieux. Dieu n’est pas une hypothèse. Nous pouvons émettre l’hypothèse ou la rejeter, ce qui a des implications. Mais c’est une hypothèse inconnue. Inconnue soit parce que nous avons oublié d’où nous venons, soit que nous n’acceptons pas que quelqu’un nous l’indique. C’est un mot signifiant quelque chose et qui ne dit rien si on ne remplit pas le sens, si on ne donne pas corps au mot. Et comme tout corps il est composé de multiples éléments, dont l’unité est difficile à exprimer. Un mot tout seul ne signifie rien, la cabale ne dit pas autre chose. Deux cavaliers sur un même cheval.

Dieu n’est pas uniquement l’objet de notre cogito. Il recouvre d’autres champs, probablement tous les champs possibles de la connaissance, dans ce jeu d’absence et de présence, de silence et de bruits,  de mouvements et d’apaisement, intérieur ou extérieur.

Dans cet ordre d’idée Dieu est hyperthèse à perpète. Thèse supérieure. Grand Transcendant Absent sauf si on est transcendant. Là, quelle école nous l’enseigne ? Transcendant présent si nous sommes présents. Comme on dit avoir de la Présence d’Esprit.

Entre parenthèse on peut aussi le dire immanent. C’est une thèse parent, quand on part en thèse.

Eh oui, pourquoi pas immanent ? pourquoi pas naturel, même ? de là, il ressort qu’il emprunte tellement de figures qu’il semble difficile de décider laquelle nous pourrions imposer/proposer comme vision unique, et sur quelle base ? ignorant la base, Nous poserions notre vision sur la base, voilant du même coup la base. Nous ne pourrions penser que les univers reposent sur plusieurs bases, ce serait un univers absolument chaotique sans base, du fait mathématique qu’il serait non pas « un » mais dissout dans une infinité d’origine.

Disons que les choses deviennent plus vraies dès lors qu’on retrouve une assise saine, une certaine unité intérieure.

Cette assise, cette base, hypothèse, ce qui est dessous soutient l’édifice. On ne peut pas douter qu’une base existe quelque part. Dieu serait dessous et non pas uniquement surplombant, drôle de renversement.

Et dans ces conditions là, nul doute que dieu ne s’impose de la même façon, dans les divisions, et les discussions, il nous questionne moins, parce que la vie coule de source. Ce qui s’impose c’est la source. Vous pouvez dire que dans la source c’est dieu.

Ces questions qui restent en suspens tiennent beaucoup plus aux relations que les hommes entretiennent et aux directions empruntées, aux transgressions des limites. Parce que là, parfois ça déborde.

Bon, maintenant, on croit qu’on peut vivre sans dieu. Bien sûr, on peut. Mais uniquement parce qu’on le remplace dans le principe, par les principes du plaisir, du bonheur, de la santé, de la joie, etc. Rien de mal donc.

Mais dès lors qu’un mal s’immisce dans nos existences, nous nous trouvons désemparés, et la proie facile des éléments contraires destructeurs, sans armes face aux déchaînements de violence existant dans le monde. Que nous soyons croyants, ou non.

Dans tous les cas nous rejetons le mal hors de nous. Le diable, les mécréants, les autres partis politiques, les intégristes, les athées, etc.

Quel sac de noeud ! Ça ne fait qu’amplifier les souffrances. Nous nous éloignons de la simplicité éternelle.

Tout ceci, à cause des mots. Or trop parler nuit 🙂

Remarquez, la nuit est naturelle