Petite note sur l’illusion

Par lassitude des choses du monde, par envie de me distraire et tromper mon ennui, je me suis mis à regarder cette coupe du monde. Et de me demander pourquoi un tel engouement des foules pour ces choses.

Imaginez un instant un type tout seul dans un stade à regarder ces mêmes joueurs, pas de télé, ni aucun public excepté un seul spectateur. Ce serait moins glorieux, les enjeux pourraient perdre leur sel. Les joueurs auraient sans doute cette impression de jouer pour rien. 

Autre réflexion : j’ai vu qu’à chaque but marqué, les joueurs se précipitent les uns sur les autres et s’agglutinent, comme pour se consoler de quelque chose et forment un tas plutôt bizarre, comme pour fusionner. J’avoue, c’est très étrange comme rituel.

Je ne vais pas enfoncer de portes ouvertes, à propos des salaires des joueurs, des recettes publicitaires, et télévisuelles, des leurres pour que des milliards paient pour voir ces spectacles, sur leurs écrans, et des pièges partout pour faire de l’argent. Le plus cocasse, c’est que ces choses, sont de tous les domaines, sports, musiques, oscars, molières, tous ces concours.

Comme une gigantesque émulation pour être le meilleur sur le globe. Le meilleur aux yeux de qui ? Ce n’est pas démérité, chacun s’investissant dans sa discipline, consacrant tout son temps, c’est normal. C’est moins normal, si les hommes doivent se droguer pour être des champions. Ou écraser les copains, ou poser une chape pour qu’on les ignore…

Si on sort de ces jeux qui paraissent amusants, distrayants, gratuits, innocents, on retombe forcément sur la logique de ces systèmes organisés, comme des machines des pouvoirs génératrices d’illusions pour les masses, elles-mêmes demandeuses de plaisirs. Dans ces conditions, il faut bétonner des stades, organiser les billetteries, canaliser les foules, orienter leurs budgets, de telle sorte que les clients affluent et qu’il n’inventent pas de penser à autre chose.

Ces autres choses du monde sont tellement pénibles, et périlleuses, chaque homme devant pointer à son établi, à son job, que si le monde s’y arrêtait et doutait du bien fondé de toutes choses, il serait saisi d’angoisse, de doute et d’inquiétude. Et comme derrière tout cela, il y a l’organisation des états, des travaux, la répartition arbitraire des richesses, le sens que chacun accepte pour trouver son existence supportable, face à un réel, face aux vérités, qui sont par nature assez lourds, si nous étions sans voile.

En quelque sorte, nous avons plus ou moins besoin de somnifères pour demeurer dans ce monde.

On voit bien que le concept de monde est rempli de solitudes agglomérées. Est-cela un égrégore ? 😉 

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