Les marques de l’esclavage

Curieusement, les peuples premiers semblent plutôt doux, paisibles, vaquant à la recherche simple de leur nourriture, et à répondre à leurs besoins élémentaires, peuples qui ne furent pas prolifiques, connaissant leurs limites territoriales et démographiques. Mais voilà, les civilisations et leurs contraintes ont tout bousculé, tout brisé de ces modes de vie. incitant à des luttes et à proliférer, dominer, conquérir et croître, soumettre les peuples récalcitrants, ou ceux qui ne voulaient dépendre de ces empires. En donnant l’illusion des beautés et des sciences et des lumières, accessibles à une minorité nantie qui se pense méritante, ce qui pose toutefois problème du fait de rendre ce monde pauvre et sans vie véritable.

On l’a vu partout, la domination des civilisés engendrent des barbaries, parce qu’elles fabriquent des esclaves en masse, au nom de principes qui se disent supérieurs et plus véridiques que les existences modestes des peuplades naturelles (plus naturelles disons).

Ces empires esclavagistes qui se veulent éclairant ne sont que des manières de privilégier, ou de se prémunir de la dureté des conditions existentielles terrestres et des poids de celle-ci, en s’accordant des positions où il est possible de se cultiver, se questionner, de contempler et de posséder des œuvres d’art, bien à l’abri et dans la bonne conscience, en toute légalité.

C’est sûr, les dominants ont des visages lisses, comme des chérubins, des beaux mots, et beaux habits. Ils n’emploient pas directement la violence pour se protéger des hordes sauvages mais ont pour cela des corps intermédiaires payés, des forces spéciales assermentés et obéissantes. Ils ont institué tout cela de façon  qui parait totalement normale.

Impossible d’y déroger, force étant à la Loi.  On ne peut pas faire piège plus impeccable. Sauf que la loi elle-même n’est jamais parfaite, il convient sans cesse de la rectifier, de la rendre droit.

Les menus peuples n’ont plus qu’à se plier à ce droit. Par contre les tenants des lois arrivent toujours à contourner le droit et échappent à son dédale.

Se pose alors la question de ce qui peut nous délivrer de ces faussetés qui ne peuvent à force qu’être mises au grand jour et soulèvent des révoltes, des colères de la part des populations dès lors qu’elles réalisent qu’il s’agit de mensonges.

Quelle Lumière faudra -t-il pour que la masse se transfigure ? Certainement pas ces lumières du passé, certainement pas non plus ces visions futuristes imposées.

Il y a un temps Présent qui n’est pas bon. Ou bien est-il uniquement Absent ?

Il est pensable que dans cette absence effective ne surgissent que chaos et trouble, violences et gens sacrifiés.

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la disparition de l’écrit dans le disque dur

Avec le progrès nous ne pourrons plus lire ce qui est gravé ou imprimé sur la matière à l’échelle atomique, sans passer par le truchement d’une machine, d’un outil qui décrypte pour nous les signes, nous sommes dépossédés du lecteur, soumis à cet instrument né des industries. Personne n’est en mesure de reconstituer les processus dans cette chaîne, puisque cela fait appel à l’électricité, l’électronique, l’informatique, les plasturgies, la métallurgie des métaux rares, des cristaux liquides, un vaste ensemble technologique hors de notre portée en tant que personne seule, tandis que sur une feuille, une pierre, un tablette d’argile nous pouvions graver quelques signes et enregistrer une copie de nos pensées et idées ?

Tout cela voudrait s’appeler progrès ?  Progrès dans l’aliénation à quelque chose d’étrange, oui… qui nous éloigne encore plus de la profondeur de la Parole.

Progrès qui nous éloigne les uns des autres. De même que toutes ces productions industrielles font de nous un maillon insignifiant dans le processus de création.

Tous ces objets finissent par être pléthoriques, invasifs et souillent la terre sous le règne de la quantité, sous celui de l’oubli et de la perte de sens. Le monde devient absurde. hors nature par manque de simplicité.