Croître et multiplier

Ce monde qui n’a de cesse de parler de croissance comme si c’était l’unique moyen pour se maintenir en vie, toujours plus d’objets, de biens, de possessions, de terres, d’entreprises qui dominent et écrasent tout sur leur passage, et réduisent  les hommes en esclavage.
Le mot décroissance est  banni, comme le signe d’une défaite face à l’univers.

Parlons alors de croître en conscience, en connaissance chacun dans sa sphère, et dans ses œuvres, mettons individuellement pour commencer. Puis dans cet ensemble humain qui se reconnaît, et échange, multipliant ainsi la connaissance et la conscience collective.

Dans ces conditions nouvelles nous dégraderions moins la nature, et nous-mêmes. Nous aurions moins d’effort à fournir pour lutter contre l’entropie de toutes ces créations artificielles pour la simple raison que les naturelles nous soutiendraient dans nos efforts, à condition de ne pas en faire une ennemie.

Regardez toutes ces cités finissent en ruine, parce qu’elles deviennent ingérables dans leurs complication et leurs systèmes, à l’image de ces objets électroniques impossibles à réparer mais qui contrairement aux êtres vivants savent se reproduire à moindre coût et en temps utile.

Nous sommes trop éloignés sur les bords,  en dehors de la vie.

Croître et multiplier signifie simplement évoluer. Monter, nous élever.

Je songe à ces femmes ouvrières astreintes à leur machine répétant sans cesse les mêmes gestes pour alimenter nos commerces, devant dormir à l’usine, pour pouvoir travailler encore plus.

Ceci en grand nombre pour répondre à quelle guerre économique ? idéologique ? quels fanatismes derrière cela ?

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En résumé…

Certes il y a Dieu qui nous attend…

Mais ici il y a tous ceux pour qui cela ne veut plus rien dire, qui ne peuvent trouver en eux leur dieu, et pour qui tout est mort et sont morts. Comment donc ressusciter en eux cette flamme ? Par quels mots? Quels énoncés ou par quel témoignage de vie dans un contexte menteur, porteur des atrocités jalonnant leur existence ?

Sauver le dieu dans l’homme sans sauver l’homme ? Il ne suffit pas d’affirmer dieu pour sauver l’homme. Si le dieu en l’homme n’est pas né ici il ne sera pas ailleurs.

La terre fait son office, comme la Mère fait son Fils.  Mais si meurt le Fils, crois tu que cela te fera naître ?

Bon, je me sauve…

Misères

Comment un homme ou une femme, astreints chaque jour à des tâches qui les épuisent et ne leur laissent guère de temps pour cultiver ceci ou cela, découvrir, aimer même tellement ils sont pris dans ces tourbillons, mal nourris et maladifs, comment pourraient-ils trouver en eux le paradis dès lors que l’enfer les tient en otage ?

Comme si cette existence n’avait nulle importance et que nous pourrions vivre n’importe quoi, dans n’importe quelle condition, si nous « croyons  » nous irons au ciel et serons délivrés automatiquement ?

« Celui qui a connu le monde a connu un cadavre…  »

Si le monde est mort, comment pourrions nous trouver le Vivant ?

Encore heureux que des gens aient le vivant en eux pour le rendre à ceux qui ne l’ont plus.

Voyez, dans les faits divers, des actes déments. Savons-nous d’où proviennent ces choses là ? Connaissons nous exactement les forces de la Nature, les trous noirs, les fonds ténébreux, et les Cieux ?

Non, le monde retient des gens pour tailler des habits, fabriquer des objets, offrir des loisirs, sans trop restituer à ces gens les clefs du vivant. Oh, si des mots, des belles phrases, des vœux pieux, mais au final, non, rien. Presque rien.

Sauf exceptions. Bien entendu chez ceux qui ont précisément pu se pencher sur Ce rien.

Mais bon, je radote …

je veux bien croire à la vertu des lettres

Je veux dire des belles lettres qui furent mises à notre disposition, textes et écrits sacrés, sagesses millénaires, prophéties, mais pourquoi donc, cet ensemble de mots ne nous délivre guère et que le monde persiste dans ces voies négatives, contraires aux enseignements ?

Soit ces mots ne disent pas tout, soit ils ne sont que pour un infime part qui ne les met en pratique mais en tire quelque pouvoir sur des esprits plus faibles.

Livre de l’Evangile selon Thomas – Loggion 102.

1 Jésus a dit :
2 Pauvres d’eux, les pharisiens !
3 Ils ressemblent à un chien
4 couché dans la mangeoire des boeufs :
5 il ne mange
6 ni ne laisse les boeufs manger.

 

In oui

Ce qui est impressionnant c’est de réaliser la beauté qui se lit sur certains visages et en sens inverse, la laideur et les maux qui accablent le monde. Il y a quelque chose qui nous parait irréconciliable dans cette rupture. Comme un gouffre douloureux, un baume qui nous manque. Une envie de rejeter la noirceur dans ses œuvres sinistres et crimes inexpiables.

Est-il pensable que cette laideur aussi nous appartienne ? Qu’elle nous incombe et nous serve de leçon ? je crois que oui, si nous nous penchons de façon juste sur les replis secrets enfouis des passés, sur l’oubli et les ombres, sur l’impur qui nous fit tomber, et faire mal. Nous ne sommes plus ces anges adorables, mais nous pouvons nous délivrer.

À quoi devons-nous dire non ?

intelligible

L’intelligence d’un ensemble n’est pas une addition des intelligences individuelles mais une multiplication, du fait du nombre de liens et combinaisons possibles qui est exponentiel. l’intelligence ne naît pas d’un cerveau mais des échanges qui se forment par la clarté des mots.

Sinon, nous ne comprenons rien.

J’avais remarqué ce fait étrange en discutant avec un ami, que plus nous parlions clairement, plus nous recevions de lumières, et qu’elle nous inspirait d’autres mots et idées justes.

Autrement dit, celui qui monopolise la parole, bloque les possibilités de compréhension et d’action, se croyant investi d’une mission surhumaine, il fait le jeu des enfers, qui exprime des souffrances, des malheurs, et autres blessures infligées.

On pourrait dire que le monde déraille complètement depuis le temps où il n’a misé que sur ces échanges de marchandises qui sont sources de profits, mais a totalement fait l’impasse sur les autres dimensions des biens échangés ne donnant pas lieu à des profits.mais nous délivre.

Révélateur

Vous croyez qu’on peut faire connaissance en allant puiser dans l’atome ? depuis le temps que les marchés nous abusent, que nous nous nourrissons d’illusions, de chimères, et nous méprenons sur l’Amour, dans une inversion de sens et de nature. Cela fausse tout et nous emporte.

Combien de mots coulent pour en noyer le sens ? Camper sur ses positions et ne pouvoir vendre sa camelote avariée ? Ce qui fait des hommes de pauvres pantins vides et maudits dans ces remous de boue.

Le fonctionnement du monde révèle sa cécité et sa mort, dans la souffrance et le peu de bonheur, comme si nous étions tombés et que nous n’arrivions pas à nous délivrer. Il y a tellement de suicides, de crimes et de gens en prison, de folies qui président à nos actes, trop d’inconscience ou de méconnaissance  des forces et des présences qui animent la vie.

De telle sorte que les mots ont perdu leur sel ou que les arts ne sont plus que décoratifs, au lieu d’être des explications claires des mystères, nous révélant le sens caché des choses.

Si bien sûr il existe encore des arts, c’est à dire des formes qui tendent au Sacré et nous guident. Disons, ceux qui ont cette chance. Mais si peu…