Où est elle ?

Je veux dire, notre mémoire.

Nous avons besoin de toutes ces machines, pour nous souvenir et voir, de même que nous ne savons plus marcher, et qu’il nous faut des autos ou des trottinettes, électriques.

Ceci parait anodin mais ne l’est pas. Nous ne savons pas ce qu’est une chose.

Mettons un téléphone mobile. Ce n’est pas un outil comme les autres. Il n’est qu’une étape dans un processus qui est gigantesque. Il est aussi grand et monstrueux que tout ce qui le tient en vie. Sans tout ce qui existe autour il est objet mort, sans fonction. Pas d’électricité, pas d’antennes relais ou de piles, des serveurs en panne, plus d’usines pour sa fabrication, et des capitaux, des investissements conséquents, l’objet disparaît corps et bien. Mais s’il est mort il ne se recycle pas comme une tomate sur la terre, il est quasiment impossible à digérer par les être vivants.

Ensuite, si nous pensons à ces informations qu’il est censé nous transmettre, elles sont dans le cycle des temps longs, tout à fait douteuses et comme un feu de paille. Par comparaison à un livre qui traverse les siècles et même les millénaires. Dans cent ans, les lecteurs des disques durs, ne seront probablement plus les mêmes que ceux d’aujourd’hui. Les lecteurs seront obsolètes pour le commun des usagers. Tout comme nul d’entre nous n’est capable de lire des 78 tours puisque nous n’avons plus l’appareil.

J’imagine que dans mille ans, les disques durs seront des véritables objets mystérieux. Tandis que nos yeux sont encore capables de lire un texte de l’antiquité.

Nous sommes pris en otage par les processus des informations de la machine.

Remarquez, il y a une certaine analogie avec le réel naturel dans sa dimension mystérieuse et insondable. Les disques durs seront de façon tout à fait probable aussi insondables. Cela nous montre que nos descendants les plus lointains auront tout à découvrir par eux-mêmes, par conséquent qu’il peut y avoir rupture dans la transmission.

C’est à dire oubli.

Tout de même, la vie a des ressorts cachés qui nous autorisent à nous souvenir en dehors de ces machines de mort, grâce aux machines de vie.

Et parmi les plus belles des machines il est l’humain. Et son oralité, sa mémoire, ses pensées, et ses arts, ses témoignages d’amour, larmes et joies, tous ses instants inscrits dans les rides et les sourires.

Certes, c’est aussi grâce à ce petit appareil qui semble bien innocent que nous pouvons nous souvenir et penser à autre chose, c’est à dire la dimension absurde, démente des enjeux, de notre aliénation ou notre liberté.

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Une réflexion sur “Où est elle ?

  1. Ne prenez que ces disquettes que nous utilisions il y a dix ans, nous ne pouvons que les jeter, elles sont illisibles par les ordinateurs actuels. ( sauf peut-être pour un technicien spécialiste )

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