Quel engin !

La terre est un engin assez spécial. Une nef remplie à raz bord dans un océan désert, indifférent et sans voix. Du moins c’est ce que croient leurs habitants, n’entendant pratiquement jamais la leur. Hantés par la peur de perdre leur vie, ils ne vivent plus. Succombant sous le poids de leurs richesses, ils appauvrissent autour d’eux, et pour résoudre cette misère, ils amassent de plus en plus d’objets et de moyens d’échanges, par toutes sortes de ruses et de violences. Ils n’imaginent pas de réduire le train et la vitesse de leur engins parcourant la terre, ni les conditions des malheureux qui sont soumis à ces rythmes infernaux de productions, d’extractions, de constructions qui rendent cette terre métallique et minérale, électrifiée et ionisée, informatisée et dirigée par ces systèmes logiques mis en place. Les humains n’étant plus dans ce jeu là qu’une sorte de cellule aléatoire qui doit obéir à l’engin. Rien de neuf, au fond, puisque de façon primitive, nous obéissions aux forces de la nature, qui était notre maîtresse. Désormais c’est l’empire technologique qui règne, comme une surnature. Et nous ne sommes plus qu’un élément épars et très aléatoire du système. Un atome de ce corps ayant sa propre détermination, fixée par l’intelligence collective savante compilée dans les bibliothèques monstrueuses, d’où s’extraient les décisions, et directions empruntées et imposées par calcul. Ces fameux calculs que seuls sont capables de produire les supers ordinateurs ordonnateurs afin de mettre en échec la mort.

Étrange mort si on l’observe. La vie, les êtres vivants étant toujours porteurs de notre mort si nous ne luttons pas. Mais ce rapport de force est très inégal du fait des déséquilibres engendrés par les puissances de ces empires, l’ensemble des hommes. Si bien que la vie fragile et petite est menacée dans l’homme.

C’est peu de dire que la cause  de ces déséquilibres est d’origine spirituelle. Nous manquerait-il Cet Esprit ? Ou bien manquerions-nous à celui-ci, notre corps ne pouvant suivre ou l’entendre, notre entendement se trouvant désemparé face ce qu’il nous indique, nous en refusons les signes en étant enfermés dans croyances et pensées, retenus par notre raison, et de ce fait les signes ne se présentent pas. Nous n’en faisons qu’à notre tête, par conséquent. Nous créons ainsi notre univers selon notre volonté et notre seule intelligence mêlée de désirs, de plaisirs et d’angoisses.

Nous sommes dans ces conditions incapables de stopper ou ralentir la course folle de l’engin allant à vive allure, où tous les événements se bousculent. L’horizon est sombre.

Certains se réfugient dans leurs prières ou images pieuses et positives des beautés, afin de ne pas succomber au désespoir. D’autres se révoltent et hurlent leur détresse, n’envisageant que ces prises de pouvoir pour résoudre leur pauvreté ou les ruines qui menacent. Les pouvoirs n’entrevoient que les guerres comme éradication des maux en éliminant les hommes, quand ce n’est pas la migration vers des exoplanètes, ou la transplantation d’organes autorisant la survie et l’immortalité dans certains corps de gens fortunés. Certains poussent à fond les moteurs des machines d’information pour que l’engin fonctionne avec encore plus de rapidité et d’efficacité pour ces artifices. Tout cela accroît sérieusement le déséquilibre de l’ensemble et la perte de vie naturelle.

En quelque sorte l’homme perd son dieu, le dieu avec lequel il est un. Et tout ce que cela signifie, tout ce que cette union a pour effet dans le domaine où nous évoluons. Sauf si bien entendu il renoue avec son dieu. Là, les mots sont conséquents.

L’esprit, en somme c’est sa voix. Il y a une certaine identité entre dieu et l’esprit, mais dieu est plus que cet esprit. L’important, ce qui compte, n’est pas tant dieu que la voix, et l’homme qui l’entend et agit en fonction de cette voix.

Partant de ces données là, c’est nous qui nous retrouvons. Nous retrouvons notre vie dans toutes les autres. Au lieu d’empoisonner la terre et de tuer la vie pour espérer survivre.

La question reste posée : voulons-nous vivre ? Cela suppose de renverser cette idée de la mort.

 

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