De bas en haut.

Face à l’agitation du monde, ses turbulences comme des tourbillons qui nous entraînent en des lieux étranges, littéralement stupéfiants, il nous reste quelques moments où nous pouvons encore méditer ou rêver, penser, admirer et adorer, nous sentir vivant, malgré les tremblements d’émotion qui nous laissent une impression de glaciation, de dessaisissement de nous-mêmes, comme décharnés, ou nus. La matière même se trouve comme dissoute dans une impermanence. Les mots n’en parlons pas, ils sont rendus dans un vide profond, et les polémiques un désert. Prenez l’infini pour vous distraire, étendez-le à l’infini, vous butez sur un horizon anéanti qui délimite les contours et rend l’infini fini, anéantissant du même coup la totalité à rien. Il reste une boucle du réel qui tourne sur lui-même tel l’Ouroboros qui se dévore, et dans un épuisement sans fin retombe à zéro, réitère son mouvement infini donc. On peut toujours tenter une sortie des apparences et envisager l’espace comme une zone vacante dans l’absolu, délivrée des temps dont on sait leur relativité. Et encore… rien n’est sûr non plus dans les images que nous nous faisons du concept d’espace. Il se pourrait qu’existent des zones de non-espace, qui le cernent, et le rendent fini. Mais tout ceci est sans importance, non plus si nous nous dispersons, si nous ne nous reposons sur rien, si nous n’existons pas. Nous serions pure chimère, fantôme, âme errante au milieu de spectres, inutiles et vains. perdus au milieu d’océans sans aucune île où notre esprit pourrait trouver havre de paix et de possibilité. Voilà ce que serait devenue notre prétention à tous les possibles, au lieu d’en discerner les possibles qui nous tiennent heureusement en vie, les actes sains, les plaisirs et nourritures saines et savoureuses structurant nos corps et soutenant notre esprit, celui-ci devenant réel pour l’âme. Comme une transfiguration d’un point en ligne, d’une ligne en surface et puis en volume, esprit qui prend corps et forme, retrouve ses mondes créateurs, génies sortis de cette lampe aux pouvoirs étendus, mesurés, conscients, acteurs joyeux et admiratifs de toutes choses, malins, facétieux, drôles et amusés. Tout cela se situant en avant. puisqu’il n’y a rien derrière, qu’un abîme et des tombes. S’agit-il d’un arrière ou d’un bas, peu importe, cela relève d’un même état, le passé n’ayant plus cours, il ne peut se modifier. Même le notre en propre ne devrait plus donner lieu à des passions quelconques, des regrets ou des nostalgies, sachant toutefois qu’il nous habite mais que nous faisons contre mauvaise fortune bon cœur. Non, ce qui a plus d’importance c’est s’orienter vers ce futur intériorisé. Et que celui-ci nous soutienne pour les jours qu’il nous reste à vivre ici bas.

Étrange inversion du soutien qui se situe en haut et non à la base. Soutien sublime comme le phare en mer.

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