Soulever des montagnes d’anges.

Avoir vingt ans et penser à sa retraite, autant envisager ses funérailles. Horizon gris. Que sommes nous dans ce bal ?
Qu’avons nous à accomplir et qui ne se situe pas dans un futur proche ou lointain ? C’est toujours le présent qui doit être vécu, et non cette probabilité dont nous ne tirons rien. C’est trop bête.

La réalité des états, des empires, des entreprises, n’est que de vaincre et gagner ces combats qui n’ont jamais de fin. Asseoir une domination sur toutes choses, et sur le monde. Dominer le monde, ou les marchés, ne pas perdre la main, l’emprise sur les forces contraires, du hasard ou du désordre.

Parce que si on y songe, la vie est puissante et tenace, fragile et pratiquement désarmée, mais dans sa ténacité et persistance à vouloir vivre, elle arrive à ses fins, ou en meurt.

À l’échelle des atomes, des électrons, des cellules, des organismes, petits ou grands, il y a toujours cette force motrice. Comme si la vie savait où elle allait. Elle n’est pas dans une projection dans un improbable futur, qui n’a en réalité pas d’existence, la vie se propulse en fonction d’une volonté intérieure attentive à tout ce qui lui est extérieur. Et se maintient ainsi.

Mais les hommes inventèrent toutes sortes de systèmes en vue de clore ces systèmes, en réprimant ces éléments hostiles, ou contrariant les dominations, y compris ces forces de la nature impossible à maîtriser. De là, la science joue un rôle maléfique, faustien. Inventions des armes et machines, soumissions des esprits, conditionnements, prisons, châteaux forts, légions romaines, et stratégies. Puisque tout se trame dans la matière, et dans son énergie, il a fallu la percer à jour, et puisque tout se joue dans l’humanité et  dans l’esprit des hommes il a fallu subjuguer aussi ces hommes et leur esprit, ou volonté.

Mais nul ne sait pour quelle fin, si ce n’est que tout doit y être consacré ou sacrifié pour cela, pour asservir le présent.

La différence entre l’animal, instinctif, sachant donc comment il doit vivre sans savoir qu’il le sait, mais qui grâce à cela sait faire et se maintenir en vie, et nous, qui perdons ces instincts, ou peut-être plus simplement cette vision claire de notre mort, ou cette notions de don nécessaire de notre vie pour la Vie, où nous sommes obligés de trouver aussi la notre en fin de parcours, sans y penser, sans s’y inquiéter, ni calculer, ni ruser ou conspirer, la différence est grande ou même est-ce un fossé, une rupture de sens ou de conscience.

Il est pensable que de cette faille les hommes ont étés amenés à chercher des adaptations et des artefacts, des artifices qui sont des moyens factices pour répondre à leur nature première et imaginative, le questionnent essentiel sur nous-mêmes et les moyens pour accroître notre puissance, ou après le constat évident de notre déchéance, c’est à dire de notre nudité dans le monde. On pourrait dire cette conscience de notre insignifiance, face à ce que nous savions de nous-mêmes et des univers. En quelque sorte nous sommes tout en bas avec une idée de ce qui est en haut,

Le tout étant de remonter la montagne. Tandis que certains hommes se pensent arrivés au sommet des autres hommes, ils ne sont en vérité que des poids les empêchant de gravir leur propre montagne, poids qu’ils mettent sur les épaules des plus naïfs, des crédules ou des gentils.

Une réflexion sur “Soulever des montagnes d’anges.

  1. A reblogué ceci sur Méditationset a ajouté:

    Comment alléger le poids que doivent supporter les hommes s’ils n’ont pas idée juste du sommet . On leur mettrait des charges inutiles sur les épaules, une entrave à leur propre évolution, et même ils passeraient à côté de ce qu’ils ont à accomplir et découvrir par eux mêmes, succombant toujours plus bas dans des lieux faisant souffrir

Si cela vous inspire ...

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s