En plus, la solitude

La solitude ou l’isolement. C’est fou, si l’on y songe. Nous sommes de plus en plus nombreux, et de plus en plus isolés, seuls et retenus otages dans nos maisons, autos, ordiphones surveillés, n’ayant comme interlocuteurs que des distributeurs de billets et de clics, des notifications sur les réseaux, ou des soirées passées à ingurgiter des séries anxiogènes. Puis la fête hystérique des grands combats sportifs, ou les soldes. Mais quand tu vieillis, tu vois tout s’effriter autour de toi. Il ne reste plus rien. Tout devient absurde ou inintelligible, ce qui est pareil.

En vérité il manque les lieux et les présences effectives des uns aux autres autorisent les échanges et tout ce que cela implique comme richesse et ferment. C’est la vie qui s’en va et nous laisse orphelins, mais possédant le dernier modèle des bijoux technologiques, ou des plats raffinés des meilleurs restaurants. Quel ennui … quel désarroi… alors les hommes se réveillent et envisagent la révolte face à cette absurdité et ces masses d’injustices qui se profilent au nom des soi-disant impératifs économiques, des chiffres qui mentent avec aplomb.

Les chiffres ne disent strictement rien. Prenez les indices du bonheur, comme s’il y avait un thermomètre pouvait vous rendre sa température. Ou celui de la liberté. Même l’argent ne signifie rien puisqu’il s’agir de flux relatifs à des liens, des relations de confiance. Le pire, c’est que ces nombres nous tiennent prisonniers, comme des entités fantomatiques et que nous y croyons… Et que nous savons également que dans ces contextes, nous ne pouvons faire sans. Il en résulte une chose, c’est la puissance fantastique des possédants, détenteurs de sommes phénoménales, se permettant tout. Et imposant des directions atroces au monde.

Ceci explique peut-être cela, ce fait de replis, des peurs engendrées où chacun essaie de se prémunir comme il peut. Situation de défiance généralisée.

Le sens de l’Histoire

L’Histoire a probablement commencé avec la guerre qui n’a jamais cessé, elle est perpétuelle jusqu’à son terme. Il n’y a pas de paix perpétuelle, il n’y a de paix qu’éternelle. Mais en attendant que cette paix devienne éternelle, nous pourrions vivre si la guerre ne nous emporte pas. La guerre sans fin c’est la fin de l’aventure humaine. Comme si nous n’arrivions pas à trouver en nous les ressorts suffisants pour cette paix éternelle, précisément. Le calme, la sérénité, la joie, la satisfaction de notre condition, la possibilité de contempler, de suspendre le temps, et de ne plus nous agiter comme des diables dans leurs bocaux.

Bref, on ne dépose les armes que dans son esprit. On accepte la relativité de nos mots, et une certaine fatalité de notre défaite.

Depuis les origines la guerre n’a fait que s’amplifier et accroître les vengeances respectives, dans ce jeu trouble des non-dits, des mensonges, des ruses et des traîtrises, des volontés de dominations, de soumissions. Tout cela est très absurde. Le sens de l’histoire est absurde dans ce sens là.

Il ne l’est plus si nous faisons connaissance avec les plans supérieurs de la conscience passant par la reconnaissance. Des uns aux autres, et de tous avec le supérieur de l’homme.  Ce qui suppose un sincère humilité, non une humiliation, ni une quelconque mortification de nos corps.

En quelque sorte, pour le dire vite, il s’agit de retrouver cette unité d’être. Par delà les langages.