Ce facteur de misère

Rien n’est normal dans l’existence, tout est fou. De l’insignifiant faire naître du signifiant, du silence extraire de la parole, ou de la pensée, ou de la conscience de soi, de la poussière faire sortir un être ayant une sorte de cohérence,se mouvant, se nourrissant, produisant, souffrant et capable de rire ou de pleurer en contemplant l’ensemble de tous ces phénomènes et choses manifestées, sans pouvoir saisir quoique ce soit, tout en ayant l’idée de pouvoir en saisir quelque sens, ou un ordre quelconque, puis assister au spectacle d’un monde luttant pour survivre dans ce monde, comme s’il s’agissait de la seule nécessité, celle de se maintenir, celle reporter indéfiniment notre existence ailleurs, au moins dans nos œuvres, selon une volonté de persister quelque part, tout simplement refusant cette disparition pure et simple de quelque chose en nous-mêmes, ou de nous-mêmes en tant que chose.
Ne sont pas normales ces sociétés non plus, aveugles confrontées aux mystères et imposant leurs volontés aux individus devant se taire, comme si ces mystères étaient résolus et que chaque membre devait s’y plier sans pouvoir faire fleurir ses propres variations, ou ses expressions singulières, marcher au pas des diktats du siècle, subir la loi démente des puissances éphémères qui se prennent pour éternelles, et qui prennent bien soin que les hommes se soumettent et demeurent dans la pire des ignorances et se plient à l’exécution des labeurs et des reproductions.
Comme si la Terre était éternelle. Comme si notre existence était le tout de l’existence. Sans autre lieu ni être que celui-ci dans sa cellule.
Et-ce une explication à ce bruit infernal que les hommes sont capables d’engendrer avec leurs activités démentes qu’ils imposent comme sages, ces monstruosités des palais et des constructions hors normes et quasiment inutiles, ces engins surdimensionnés devant lesquels le monde s’extasie, ces sommets atteints dans la stratosphère, qui ne sont guère que crotte de mouche dans la banlieue terrestre, relativement à la dimension des univers. Cela flatte surtout leurs concepteurs, et les hommes admirent et adorent leurs monstres. Certes, ce n’est pas mal. Cela révèle un certain génie. Cependant demeure un problème immense non résolu. Ce qui est facteur de misères et de malheurs. De chaînes pesantes et inhumaines, de maux plus forts que normaux.
Parfois certains arrivent à voir qu’il y a des lumières manquantes sur cette terre. Cela ne relève pas de l’électricité.

À quoi cela tient il donc ? qu’est-ce qui pourrait nous faire revenir vers quelque chose de plus normal, de plus raisonnable et que nous puissions retrouver une dimension plus humaine, plus naturelle, que les pouvoirs cessent leurs course folle vers le néant, ou l’absurde, l’insensé d’une parole unique qui muselle la multiplicité de la Parole et sa richesse ?

 

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