Domestique

Les études en anthropologie nous montrent comment les choses ont évolué, dans quel sens elles sont allées. Si on peut appeler sens ce qui est insensé, dément, atroce. Songez donc aux premiers hommes assez libres, forts, mobiles, connaissant un nombre impressionnant de plantes, et de moyens de subsistance au sein des milieux qu’ils occupaient, se portant généralement plutôt bien, ne proliférant pas excessivement, conscients de la mort et de la maladie, en somme des sociétés heureuses, véritablement vivantes. Ils chevauchaient sur les plaines et les montagnes, ils nageaient, ou naviguaient sur des radeaux de bambous ou de paille, toujours en osmose avec les milieux. Homme et Nature confondus.
S’il pouvait leur être montré l’image de notre civilisation d’hommes domestiqués, assignés à des tâches incroyables de gens rivés à une tâche unique face à une machine, à longueur de journée, puis devant trouver un temps de repos, un sommeil difficile à atteindre sans somnifère, des hommes sujets aux angoisses, des cités gorgées de fumées et de bruits, des prisons remplies, des hôpitaux pleins à craquer, des boites-usines, où les gens redemandent leurs chaînes pour pouvoir survivre, eh bien ces barbares non domestiqués, ces nomades réels archaïques pourraient tomber des nues face à ces spectacles horrifiques, qui nous semblent normaux.

C’est peu de dire que le monde est mort, dans ces conditions. Par opposition à ce qui est monde vivant, monde naturel. Nous perdons la Nature, nous perdons notre humanité. Nous perdons notre humanité, par conséquent nous perdons notre nature, et ce qu’elle recouvre, comme Vie.

Ne pensez pas qu’il y a quelque chose de bien dans ce mouvement de domestication des hommes à leur chaînes, pour un salaire ou une fortune ou un confort augmentés. C’est uniquement une perdition. Une disparition programmée de l’Homme, s’il ne se réveille pas et ne renverse sa vie.

Il y a quelque chose de terriblement pernicieux à la base, ou un sommet qui n’est pas cru, pas perçu. Par conséquent il n’est pas intériorisé, et nous sommes dans une pauvreté totale de Sens.

Tout le monde peut arguer que ces esclavages ont un sens caché, une liberté secrète, sont un sacrifice pour ceux qu’on aime, et pour lesquels on produit toutes ces choses et modèles de civilisation. J’ai du mal à accepter cette idée que le mal dans ses profondeurs soit pour sauver quoique ce soit, nous nous y enfonçons de plus en plus, nous perdons les lumières et l’obscurité devient totale. On s’étonne que la haine ressurgit. On juge ensuite cette haine comme criminelle. Sans voir ce qu’elle signifie de dramatique, et de lutte face à la mort et au néant.
Non qu’il faille admettre le crime et la haine, mais renverser son flux noir. Ce qui est très lourd à porter pour celui qui agit dans ce sens et sauve le perdu, l’âme plombée dans sa nuit.
D’où cette pensée christique.
Il s’agit donc de plus que de parole ou de textes, plus que toutes théories savantes où il s’agit de soutien dans l’être, au bord de son anéantissement. Dites qu’il y a du savoir inclus dans ces questionnements et ces réponses appliquées aux êtres vivants, et non seulement des hommes, mais à cet ensemble vivant et terrien.
Pour l’heure nous ne pouvons encore toujours pas agir au niveau au cosmos en entier. Heureusement, parce qu’avec cette mentalité démoniaque, nous assisterions à un néant absolu, plus concevable que nous pourrions le croire de prime abord.
Disparition du sujet, fusion de l’objet dans celui-ci, réduction de tout atome à zéro. Mise en abyme absolu de l’être-poussière.
Suis-je fou de penser cela : Penser que certains hommes croient qu’il est meilleur s’il n’y avait rien plutôt que quelque chose. Croyance que dans le rien toute souffrance est effacée. Tout mal serait effacé de même que tout bien qui donne au mal sa puissance. Ou que dans le néant seul tout serait parfait. Ne pouvant plus subir naissance et altération, doute ou effroi, angoisse, etc.
Cela commence par quelques signes avant coureurs, un homme qu’on assassine, puis un peuple qu’on extermine, et des armes qui prolifèrent, une mort programmée de la terre, ou du moins pour le cas où elle ne voudrait pas se plier à ces injonctions terrifiantes d’un pouvoir absolument parfait. Dément dans sa volonté de puissance.
Je me demande ce que le Christ vint faire ici si ce n’est pour nous ramener à la vie et à la sagesse, à la raison. Et même pour sauver aussi la Maison Éternelle des Dieux, des Anges et Archanges. Avec lesquels nous sommes forcément reliés, puisque nous sommes ces êtres-là, une fois que nous passons le seuil.
J’ai bien conscience des contradictions et faiblesses de ce qui précède. Du manque de présence effective des entités divines et de transcendance qui ne passe pas par les mots, ces tentatives boiteuses d’explications qui ne disent rien au fond, et ne disent pas mieux qu’une bouche.
Bouche monstrueuse de Moloch. Silence. Cri.
Délivrance attendue et espérance. Ce n’est pas celle-là qu’il faut ouvrir. Porte des cieux qui doivent s’ouvrir. Lumière.

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