guidons

En notre esprit chacun d’entre nous est son guide. Puis par quelle bêtise arrivons nous à perdre les pédales ou le guidon ? Bêtises du cerveau. Brutalité des viscères. Voiles, murs, viols, morts non digérés, mots qui tuent, coups et blessures dont il est difficile de se guérir, surtout quand cela affecte l’âme. Dans ces conditions il ne reste à l’âme qu’un repli au plus loin des hommes, et même de la terre ou de la nature, qui nous fit échouer ici, sans mémoire, déracinés. Alors que la terre offre en vérité une chance de salut pour notre âme. Disons, de ne pas nous anéantir. Ou anéantir toutes choses, tout être en notre être. Ce serait un passage en force non autorisé, obligeant les êtres à une violence inimaginable, pour qu’eux-mêmes ne périssent pas, ne soient pas emportés dans ce tourbillon mortel des poussières, même celle des étoiles. Violence non pour nous perdre, mais pour nous rappeler à la vie et modifier nos choix. Mais il est entendu que ceci n’est pas de tout repos, et ne se fait pas sans repos. Cela ne se peut dans un mouvement ou une agitation perpétuelle, comme des hamster en cage pédalent sans fin. Il y a une Fin à l’abîme. Et un début au sommet.
Bon, ce n’est pas grave…

Com par hasard

La Chose.
C’est la chose qui fait bien des dégâts dans le monde parce qu’on la prend mal. Nous avalons notre nourriture par la bouche et non par le nez ou les oreilles, nous déféquons par l’anus, nous copulons par le sexe, spécial à l’homme et à la femme, et qui les relie. Organes de reproduction et d’union, ou d’union d’abord et de reproduction ensuite. Dans ce moment, dans cette chose, l’homme ou la femme laisse une part d’eux-mêmes pour rencontrer ou connaître l’autre en ce lieu intime et exclusif respectivement. Cela ne se passe pas à trois. Ni par des organes inappropriés. Faut voir et savoir ce qu’on fait. En ce lieu tout le corps est sollicité, toutes les énergies sont mobilisées, dans cet abandon et cette prise respectives, dissymétriques, de l’ombre et de la lumière, de la caverne et du soleil, intérieur et extérieur, peau et spirituel. Puisque tout le corps est sur la brèche, sang y compris, sentiments, fantômes, mémoires, imaginaires, cerveaux, os et dents, c’est à la fois un oubli de soi, un don et une union mystérieuse, qui ne peut se pratiquer n’importe comment ni sans maturité, qui demande d’être adulte.

Adolescent non, c’est trop fragile psychiquement. Enfant n’en parlons pas, c’est criminel.
Comme un fruit met un temps pour mûrir, nous mettons du temps pour devenir adulte face à la violence contenue dans nos corps et qui, une fois maîtrisée, nous autorise d’y goûter toutes les saveurs. Avant maturité, c’est prématuré. Cela a des effets sur tout le corps, sur tout le psychisme et sur le sang. Impossible que ce soit sans effet.
De tous ces excès et transgressions, de toutes ces unions fausses de nos parents, depuis la nuit des temps, qui ont forcé les choses, contraint les enfants à se marier, les adolescentes à enfanter, il en résulte des montagnes de maux et de frustrations, de manques de saveur des uns vis à vis des autres, dans un désamour abyssal. Et de nombreuses tares héritées. Une Ombre globale sans soleil, un Soleil sans ombre.

S’il reste l’amitié, ça va. Si même nous arrivons à aimer nos ennemis, ça peut passer.
Autrement dit, dans ces conditions nous pouvons cheminer ensemble. Penser en commun, échanger nous entendre et nous réjouir d’être en présence les uns des autres. Les maux s’estompent, ils s’éloignent. C’est de la morale mise en pratique qui n’a pas besoin de faire de la morale aux autres, dans des serments d’hypocrite, des aliénations de mauvais esprit.

Perversions subversions, toutes ces inversions de sens, ne peuvent guère nous éclairer si un phare ne les met pas en lumière en plein jour.
Et vous, quel est votre Phare ? Le Hasard…

Savez-vous pourquoi

Savez pourquoi vos jugements ne valent pas grand-chose, et sont très relatifs ? Eh bien, c’est parce que nous sommes dans un temps de confusion, où tout fusionne ou se mélange, et que dans la masse des informations il est quasiment impossible d’extraire un élément ayant valeur de vérité, distincte du faux. Il faudrait pour savoir faire la distinction pouvoir se sortir de tous les systèmes, être extérieur au système, autant dire faire le mort. Sinon, pris dedans par force, nous sommes partisans et excluant. Ce qui a pour effets de priver le camp adverse de ses éventuelles vérités, de même que le votre de vos vérités, et de leurs vies. La Vérité, pour nous rassembler aurait-elle besoin de cette lutte pour émerger ? De tous ces chocs entres les opinions et les intérêts divergents, le déploiement des forces en présence sur le théâtre où se jouent un nombre incalculable de drames ? À ce rythme là, c’est le monde qui fera le mort, si ce n’est pas déjà fait. Mort ou paralysé, sourd agrippé à ses conceptions, à ses idées d’un bien, et d’une fin de l’histoire personnelle ou commune, les flux vivant ne nous traversent pas. Nous nous accrochons à cette idée de progrès pour ne pas passer pour un réactionnaire, ou un vieil attardé attaché à des traditions poussiéreuses n’ayant plus aucune validité, de même que d’autres s’accrochent à leurs propriétés, à leurs biens en toute bonne conscience, ce qui achève de vitrifier le monde.
Ainsi tout bien se perd parce qu’il n’est pas juste. Le seul juste, ou seul savant, n’est pas de ce monde. C’est en quelque sorte cette idée d’un jugement dernier qui nous rend justice. Mais dans ce jeu là, puisqu’il n’est pas visible de façon évidente, nous pouvons subir l’effroyable révolte des démons qui mutent comme des serpents effectuent leurs mues, et doivent changer de peau, ce qui est très douloureux pour tout le monde.

Vous me demanderez, d’où je tiens ceci. Peut-être de ce simple fait d’avoir changé de peau, c’est à dire comme le dit Paul Eluard ce plus profond ?

Ceci dit, si vous constatez de l’injustice dans le monde, vous ne pouvez avoir tort. Vous êtes comme le médecin qui constate des effets négatifs et qui sans nécessairement connaître les causes veut réduire ou éliminer les effets, ce qui a pour effet de masquer un peu plus les causes. Celles-ci nous enfermant les uns les autres dans une boucle sans fin.

Ça va être difficile d’en sortir dans ces conditions sans faire appel à quelque chose de plus grand. Là, toutes les options sont possibles, le pire comme le meilleur. Selon ce que nous en faisons.

Voyez, ce grand est à la fois extérieur et intérieur.

argent

l’argent

n’explique

pas tout

la chance

la fortune

le hasard

qu’on veut

maîtriser

la pauvreté

qui nous hante

les mots défaillants

les mensonges

le vice la vertu

la haine

l’amour

qui nous manque

dans ces sacs de nœuds

des machines

fabriquées par des super robots

qui se pensent intelligents.

mais ne font qu’aggraver

le piège horrible de nos prisons

Ce qui est grave

N’est pas aiguë.
Montrer du doigt un mal manifeste donne l’impression de faire bien, bonne conscience, lave plus blanc. Ainsi le monde continue sa course dans le noir.

On se croit juste parce qu’en un point précis mauvais, on n’agit pas. Mais les causes demeurent malgré les accusations, les procès, les accusations et les prisons. Il est plus difficile de voir où se situe le mal général qui engendre les maux particuliers. Il est dilué dans le monde, dans tous ces minuscules maux passant pour bénins, dans la somme des ignorances et des frustrations, des manques, des jalousies et des pensées qui sont invisibles et semblent ne jamais faire mal.

Ce qui est grave c’est le tout et non la partie, même si c’est la partie qui commet le mal. On arrive à maudire l’individu, ce qui ne risque pas de lui donner de possibilité de rachat après ces mises à l’index. Cela ne fait que porter une condamnation sans appel. Tout le monde le sait, la violence règne. Les meurtriers sévissent. Le monde oublie qu’il est le facteur déterminant des maux. Parce qu’en son milieu il y manque des lumières, et des éclairages sur le sens des choses. Le monde se croit sage, mais il est dans une folie. Dans l’injustice, le déséquilibre.

La vie dans son essence est violente.

C’est en vertu de cela qu’il ne faut pas succomber à la violence.

La vie est chargée de désirs, c’est pour cela aussi qu’il ne faut pas succomber à ses appels.

Elle est surabondante et profuse, ainsi il convient de ne pas vouloir s’approprier tous les biens.

Etc.

Dans cette optique, nous aurions à chercher ce qui pourrait inverser le cours sinistre de choses dans leur ensemble et non dans les maux particuliers. Ceux-ci ont leur importance, de nous révéler l’ampleur des désastres et des causes profondes, des vices cachés, des perversions qui habitent cette terre dans sa globalité, et qui peuvent aussi prendre ses racines dans les interdits et autres formes puritaines, de morales inadéquates. Où ailleurs. Dans la mesure où nous ignorons ce qui est vraiment Bien. Ce qui est grave est l’absence du Bien. Le bien est profondément doux pour soigner toutes ces violences du vivant. Mais voyez, si ce Vivant n’était pas violent, et ferme face à nous, nous serions mous et faibles comme des guimauves, nous serions liquéfiés et dissous dans un océan d’insignifiances.

Les mots sont faibles pour jeter la moindre lumière sur ce qui accable, et meurtrit les innocents.

Revenir à cette notion de faute jamais comprise, sans se mortifier de celle qu’on n’a pas commise.

Mais connaître celle qui bien enterrée ne fait pas d’ombre apparente.

du mort et du vivant

Savoir vivre, savoir ce qui est lieu vivant et lieu mort si la mort a lieu. Comme si un atome tenait seul en suspension dans rien et n’échangeait pas avec les autres éléments. Bon, le vivant des atomes ne nous touche pas en premier chef, il est si loin de nous. Par contre, dès que nous aimons, nous nous aimons, et nous sentons vivre alors que dans ces enclos nous nous sentons mourir. Il y a en nous-mêmes une part qui reste cependant toujours enclose et retenue, malgré tout ce que nous pourrions dire et faire et déployer comme énergie dans le sens du vivant. Heureusement, cela s’estompe, on fait reculer la mort au fur et à mesure qu’on s’y approche. Elle recule mais nous touche plus profondément, sans doute parce qu’en s’évaporant nous retournons dans les lieux où elle n’a point d’existence ?

Comme tout est étrange… Voyez l’homme, la femme, le creuset des désirs, des passions, des tourments où nos corps et nos cœurs sont retenus, des rejets et des impuissances, comme si tout s’y tramait. Ce qui est loin d’être faux, si l’on songe que c’est par là que nous sommes venus, et que dans cet accouplement nombres d’images naissent, nous font connaître, souffrir, être heureux ou malheureux. Bref, vivants.

Vacance

Par où commencer ? C’est à dire franchir le mur qui sépare toutes choses les unes des autres, le mort du vivant, le bon du mauvais, la gauche de la droite, le privé du publique, etc. et que nous puissions rassembler les morceaux épars dans notre esprit ? Tout ne tient qu’à un fil, langagier, verbal, énoncés rendant du sens ou de la confusion, clarifiant ou troublant. Le perspectivisme ne suffit pas, parce que cela part d’un point de vue, omettant volontairement ou non les autres points de vue et forcément il est connoté, teinté d’opinions, empreint de relativité, il n’est pas objectivement vrai, il cache ou masque ses intentions ou son jeu. Peut-être parce que le jeu lui échappe dans son sens, il force le jeu allant dans le sens auquel il croit.
Partir de la soit-disant vérité objective, scientifique, relève autant de la croyance que n’importe quelle croyance, malgré les preuves et une certaine efficience des faits scientifiquement observés.
Nul n’ayant jamais observé un esprit, il est facile d’en déduire qu’il n’est qu’intime, subjectif, sujet à caution, douteux, et n’existe que dans l’esprit ou le cerveau de l’observateur. En quelque sorte qu’il n’y a que cette matérialité des faits, et cette universalité qui sert de preuve et de projet valable, à n’importe quel niveau des décisions. Bref, c’est la sphère politique et législative qui doit l’emporter sur les sphères morales relevant de l’intime, n’ayant rien à redire dans le débat public.
Chacun défend son pré, ses pré-jugés, finalement pour commencer.
Avec un consensus assez énorme quelques soient les groupes ou ensembles actifs et causeurs : Dieu est en vacance.
De là, tout semble autorisé, il suffirait d’occuper la place vide. Cette occupation des locaux sera la seule détermination des productions ou des œuvres ayant valeur effective. Celui qui ne dit rien, qui ne fait rien, n’existe pas. Les hommes qui comptent sont ceux qui sont capables d’envoyer des fusées sur Mars, approuvées par quelques milliards de badauds esbaudis et contributeurs de ces projets pharamineux. Ainsi les hommes gardent l’espoir de se délivrer de la planète où ils se sentent désormais à l’étroit, et dont la grande majorité garde un souvenir douloureux par toutes ces bestioles ennuyeuses, ces labours, ces masures et misères des anciens. Ce qui est loin d’être faux, sachant la pesanteur des temps passés, quand les hommes devaient servir les seigneurs ou livrer leurs femmes au bon plaisir des maîtres.
De même, dans ce tout possible, certains pensent pouvoir manipuler le vivant à leurs guise. C’est ce qui se passe. On bidouille les gênes, les atomes, les milieux naturels, les climats avec des corps chimiques, on manipule les informations, et oriente la pensée des foules. On fait croire ceci ou cela. La politique est une forme déguisée de théologie. C’est la sphère intime de certains influenceurs qui s’impose dans le domaine public. Comme quoi, entre ces deux mondes il n’y a de séparation que mensongère ou presque.
La vérité cependant passe toujours inaperçue. Ce qui n’est pas tout à fait juste. Mais comme celle-ci ne s’énonce pas, ne se dit pas, mais seulement nous effleure de temps à autre, elle ne peut se transmettre que lors de rares moments, propices et simples, dépouillés des encombrants bagages de nos opinions et préjugés, toujours vecteurs d’errements. Ceux-ci sont tout de même instructifs, si on s’y penche en essayant d’en comprendre les signes.
Difficile de savoir à qui ou quoi nous pourrions faire référence pour nous orienter dans ce monde, si nul ne nous l’enseigne. Nous nous voudrions libres dans tout ce que nous entreprenons, mais oublions que cette liberté se paie au prix fort d’une certaine obéissance à quelque chose.
On ne brise pas les chaînes de vie impunément. De même celles des génomes.
Il y a tellement d’éléments qui nous trompent dans la chaîne des causalités, que ceci perturbe ses vacances.

De proche en proche

Afin de voir ou entrevoir en quels lieux nous peinons pour nous comprendre, un exemple. Nous avons une idée de la cellule. Nous la voyons comme entité unie et vivante, ce qu’elle est dans un sens. Dès qu’il y en a deux, ou plusieurs, nous pensons son aspect pluriel différent de son aspect unifié. Nous pensons la fourmi comme sujet individuel distinct de la fourmilière. Nous pensons les cellules de notre corps comme distincts de notre corps. Ce qui est assez vrai, relativement au fait que nombre de cellules de notre corps sont mortes et passent leur temps à se renouveler, alors que nous semblons toujours être le même ou à peu près le même être. Nous ne nous pensons pas comme étant une cellule. Si la cellule est une base unie, deux cellules ne forment pas une cellule. A fortiori des milliards. Il est assez limite de qualifier le corps humain dans son ensemble, de cellule. Alors ne sachant pas poser les bornes ou trouver les limites exactes de l’un ou du pluriel, nous les cherchons dans les profondeurs. Nous allons explorer avec nos microscopes les fondations de notre corps, et nous y trouvons un grouillement extraordinaire de cellules différentes selon leurs fonctions et leurs formes, le tout composant une sorte d’unité, plus ou moins chaotique. Pourtant de un à deux, il y a une sorte d’identité, qui se trouve en allant un peu plus profondément dans les gênes, même si chacune des cellules est porteuse de ses fonctions spécifiques, comme chacun de nos organes a son rôle au sein de l’ensemble.

J’abrège. Nous pouvons nous voir comme un simple être monocellulaire, porteur de sa signature ou de son identité, ce qu’on nomme bêtement individualité. Ceci est un point d’achoppement dans les échanges entre nous, cellules ou fourmis au sein d’une fourmilière.
Dans ces ensembles encore plus grands, ce n’est pas le corps enclos qui peut décider de son existence, sans tenir compte des milliards d’autres cellules, mais est-ce que nous savons ce que nous dit le corps plus grand. S’il existe ou si n’existent que des illusions, des impressions et des événements que nous devons subir.

Magma

C’est peu de dire que le monde est égaré, perturbé, ne sachant plus où se rendre, parant au plus pressé. C’est comme si tous les repères avaient disparu. Ce qui a pour effet de cloisonner chaque groupe sur ses certitudes, ou sur ses acquits, bien matériels ou culturels que chacun défend, en rejetant tout ce qui dérange l’ordre – instable – où il surnage. Triste spectacle des hommes politiques et de leurs discours, de même que tous ceux des élites savantes autorisées, face à tous ceux qui sont interdits. Difficile de savoir qui a raison dans le magma.
De même qu’il est impossible de se soigner si on ignore les causes de ce qui nous affecte. S’il nous manque une lumière par où nous pourrions nous diriger, et agir. Il est plus facile de se murer que d’opérer un renversement de nos choix. Nous n’entretenons plus de relation vraiment saine, d’une part avec la Nature, au sens de Voix, et d’autre part entre Nous, pris dans des schémas tout fait dans nos représentations et croyances qui nous enferment et nous séparent les uns des autres.
Dans ce sens c’est un moment périlleux, déséquilibré. Déséquilibre biologique, le climat étant comme une fièvre. Disparition ou prolifération, assèchement ou inondation, impuissance ou excès des hommes dans tout ce qu’ils entreprennent ou subissent. Les enfants vont devoir composer avec ce qu’on leur laisse comme héritage, ce qui est tout de même très rude pour eux. Ils n’en sont pas responsables et cependant vont devoir assumer et prendre les choses en l’état, dans cette sorte de rupture avec ces formes du passé profond. Nous aussi avons subi cela, mais nous avions encore un lien possible avec les espaces sauvages. Tandis que dans ces contextes artificiels il ne reste plus rien de la nature, ce qui est trop bête, et irréversible. Même notre intérieur est exsangue. Nos corps et nos désirs, nos appétits, notre lecture du monde deviennent comme desséchés, sans lumière, puis d’un coup survient l’inverse sidérant.
Pensez donc que le vivant est là, et ne saurait mourir. Il est prêt à mourir pour sauver le vivant. Évidemment, pour nous c’est violent, et nous ne savons pas toujours en interpréter les signes. Faire la différence entre le Vivant et le mort.
Bien entendu de guerre lasse nous sommes tentés de renoncer à tout. Et nous livrer à la bière. Ou à d’autres stupéfiants pour oublier tout ça.

La différence

La différence entre la science des hommes et celle de dieu ou de la nature, non ce n’est pas comme le jour et la nuit, ce serait plutôt celle entre le simple et le compliqué. celui-ci voulant expliquer ce qu’il ne sait pas, s’embrouille dans un dédale dont il ne sort pas grand chose, ou au prix d’efforts surhumains, de dépenses et d’expériences parfois très hasardeuses, et sans jamais prendre la mesure des dégâts sur la nature, précisément. Cet autre versant de la science, échappant à la volonté, semble se moquer des hommes. Ironie des dieux, ou du hasard qui se jouent de nos raisons, ou les mettent au défi de comprendre par quel chemin absolument improbable ces choses se firent ainsi et pas autrement. Mais chaque conception ou recherche est porteuse de signification, les nœuds emmêlés nous servent aussi, nous tiennent otages ou prisonniers, nous contraignent à penser plus que de raison, au bord de la folie.

Imaginez, si nous pouvions savoir, c’est à dire voir le réel comme dans une boule de cristal ou une image sur une vasque d’eau, en tous lieux comme par magie, sur notre écran, selon notre volonté, alors nous serions en possession de pouvoirs assez stupéfiants.  A priori cela est tentant, de se sentir surpuissant, sur la masse des hommes plus proche du bétail que de la fulgurance des Jupiter et consorts.

En somme, nous ne serions que de minuscules bactéries dans une boite de pétri, n’ayant pas grand chose à accomplir ici bas sauf se nourrir au suc qu’ils nous dispensent.

Mais ceci n’est pas l’Esprit des Dieux, c’est à dire leur Plan, leur volonté. Il y a une différence essentielle : les dieux sont dans la boite de pétri.