Naissance

Dans le temps de notre existence nous nous tenons, sans trop savoir comment ni pourquoi, les uns aux autres, attachés, liés, unis tant bien que mal, l’un à l’autre comme si nous recherchions notre âme par delà ce qui la masque. Tout est insaisissable, et sans raison, de même qu’un feu danse et qu’une eau coule engendrant un ballet énigmatique. Ton cœur dans le mien, mon cœur dans le tien, être inséparable et fusionné. Nous ne sommes plus deux séparés, nous sommes deux unis. Ou un seul ayant deux mains, deux bras, deux jambes, deux corps sur cette terre, sans penser plus loin, sans envisager ce trépas.

Il fallut tout ce temps d’existence et peut-être mille et une autres nuits encore, pour naître.

C’est un double je qui anime le monde, l’homme et son fantôme. Double, puisqu’on est doublé. Si peu dans la douceur, tellement dans le poison. Tout dans la doublure pour un rôle intenable sous le manteau. Tenir son rôle, sans masque, sans mentir, sans trahir le vrai et le juste, sans tromper l’autre qui se trompe, sans se tromper face aux sentiments purs et aimants. Double comme ombre et lumière, sommet et profondeur, proche et lointain. La mort ne s’unit pas avec la vie. La vie n’épouse pas le mort. Ou alors c’est rupture, folie, brisure de l’âme, tout ce qui traîne dans les hôpitaux sinistres des fantômes et des suicidés. Double également cette bulle existentielle gonflée à l’hélium, ou à l’espoir. Souffle venant de nulle part ? N’allant nulle part ? Rien qu’un immobile présent fixé depuis toujours ? Immonde fantôme sans existence au sein de notre demeure, qui vient des mondes inférieurs invisibles et qui s’habille ici de notre peau et de notre sang, peut-être de la lymphe, sève blanche. Mais j’extrapole, j’ignore, je prétends, je déguise avec des mots. Et j’ai faux sur toute la ligne.

La vérité se tient seule sur le sommet d’une montagne, elle nous attend, nous espère, nous attire comme lors d’un envoûtement, non d’une cave, d’une crypte ou d’une tombe, d’un dédale ou noce funèbre, non mais d’une voûte voile bleue en pure coïncidence, qu’il faut franchir pas à pas.

Amour solaire

Amour solaire
Amour solitaire
Seul sur le sable
Nu dans la poussière
Tu sors du sol
Tu te délivres de l’ombre
Des arbres de la terre
S’envole ta flamme
Tenue par ta femme
Porte unique de ton âme
Fée couronnée d’un diadème
Reine des neiges en cristal
Vous serez de l’or
En votre corps.

Ne cherchez nulle image
Aimez Nous.