Une montagne de silence

Quel sac d’embrouille ! Quel mélange fumeux ! Quand on songe qu’il est si difficile de simplement survivre et que certains parmi nous s’échinent à troubler le jeu en donnant l’impression de clarifier les choses, alors qu’ils savent pertinemment qu’ils ne font que cacher leur jeu et leurs intentions, qu’ils n’emploient en fin de compte que des ruses grossières pour se maintenir et accroître leur position dans cette lutte globale. Pour les gens les moins bien informés cela devient incompréhensible et déroutant. Ainsi tout n’est qu’affaire de mots. Ceux-ci recouvrent tout d’un voile épais. Certains philosophes pourtant essayèrent de décrypter les choses et leurs textes sont chargés de vérités. De même les scientifiques tentent de donner des explications de ce qu’ils découvrent et observent,  malgré cela, on reste dans le noir profond.

Cela tient au fait que chacune des sphères savantes et instruites inclut des éléments perturbateurs, et des faussaires. En plus du fait indubitable que la vérité ne pouvant être qu’entière il demeure une part plus ou moins consciente et volontaire d’ignorance qui s’immisce dans les discours. Tout le monde est d’accord pour attribuer à l’unité l’intégralité du vrai, sans altération possible. Tout en sachant très bien que cette unité emprunte une infinité de formes, disons de masques. À cela il y a une raison. C’est comme une fresque qui se révèle par touches successives, qui ne peut pratiquement pas se montrer en un seul moment, sans nous écraser. Pourtant nous avons besoin de cette unité des choses et des mots. Il s’ensuit que chacun se fait son idée sur les choses et s’y tient. Ce qui permet de vivre et d’avancer sur la voie choisie. l’un est non nommable, et en dépit de cela on garde son mot, ou son nom comme tenant lieu de vérité. Pour untel c’est de l’information, ou de la matière, dieu, ou de l’esprit, mais tout cela apparaît comme un fantôme, aussi bien pour le physicien que pour un pur spiritualiste. Pour certains tout est relatif, pour d’autres tout est absolu. Mais pour les deux, leur vérité est absolue. Absolue dans le tout ou dans le néant, absolue dans le relatif ou dans l’absolu.

La seule chose sur la quelle le monde s’entend, c’est dans la défense de ses mots, de leur sens et définition, comme la seule base valide. Et sans laquelle chacun se sent effondré s’il arrivait une perte d’intelligibilité ou impossibilité de se comprendre soi-même dans ses définitions.

C’est de la que procèdent les embrouilles, quand les mots font barrage à la lumière et à son passage. Et c’est là que nous sommes tenus par ces esprits qui se croient très malins. Il suffit de peu pour troubler l’ordre et l’harmonie, la voie ouverte et la liberté du monde.

Tout discours ou énoncé pouvant être retourné en son contraire, toute vérité en fausseté.

Alors que peut-il rester dans ces conditions ? Renverser tout ce qui est faux. Là, c’est une montagne de silences qui s’impose.

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