Propos d’ hauteur

Je vous le disais, les mots ne disent rien, ils n’ont pas de sens, ils sont dans le cercle, bouclé. Il faut en sortir. L’esprit n’est pas supérieur à la matière, ni inférieur, ils copulent dans l’être. Nous sommes déterminés dans l’un ou l’autre, pris dans l’un ou l’autre auquel nous devons obéir et servir, comme un mode opératoire, ce qui fait que nous sommes servis et avons des droits. Je sais, tout cela est très général et très vide, très approximatif. Humain, c’est à dire, en chemin. En mouvement de recouvrement de toutes choses, par la matière fusionnant avec l’esprit. Là nous retrouvons notre royaume de proche en proche. Tout se reconstitue en notre intérieur et en notre extérieur. Nous débutons notre sortie du cercle. Amorçons un mouvement vers le haut et vers le bas. Nous découvrons alors un ensemble de choix, et notre libre arbitre. Plus nous nous élevons, plus nous souffrons, dans le sens de supporter le monde, et cet ensemble de mort qui l’habite. De même plus nous évoluons dans notre quête, plus nous percevons les raisons et motifs du monde dans son inconscience, d’erreurs mêlées de vérités. Nous découvrons alors que tout est vrai, dans les profondeurs obscures de la matière, et lumineuses de l’esprit. Nous découvrons de même la somme de nos propres errements dans le monde. C’est par conséquent un processus de conscience vivante en nous qui s’effectue, une chaîne d’anneaux, par celui que nous tenons.
Celui-ci se brisera à son heure. Mais il aura fait son temps, et son office. Dans ce sens il ne saurait mourir parce qu’il n’est pas resté mort, inerte. Ce n’est tout de même pas sorcier de comprendre cela. Et voir en quoi cela sauve le monde.
La façon de parler compte pour beaucoup, le style, la métaphore, l’image, la forme, le ton imprègnent le sens de signifiance. Et d’émotions, au sein de toutes les sphères étendues en tous sens. L’univers étant composé de nombreuses sphères superposées, et distinctes les unes des autres, comme les étages d’un immeuble. Distinctes mais communicantes, et se soutenant respectivement. Tout cela est su.

C’est hiérarchique, mais non dominateur. Le lion ne domine pas la fourmi. La reine ne domine pas les abeilles de la ruche, c’est un tout harmonieux. Humainement c’est chaotique et inversé, ce sont les plus bas qui dominent, il y a inversion ou subversion du Jeu. Par conséquent ce ne sont pas les gens qu’il faudrait renverser mais bel et bien le Jeu. Afin que chacun retrouve le sien. De la même façon que celui qui gouverne, en premier lieu doit obéir. Et savoir à quelle « hauteur » il doit le faire.

Silence de mort

Qu’y a-t-il ? Que se passe-t-il ? La matière qui est Tout, l’esprit qui également est Tout, et entre les deux des mots, du langage qui n’est rien, ne dit rien, comme une lame – lame orale de la morale – séparant et unissant tout tant bien que mal. et faisant en sorte dans son silence que tout parle, par la matière ou par l’esprit, ou par les deux, parlent les deux. Cela dit que les nombres ne disent rien tellement ils sont fantomatiques. Songez qu’entre Un et Zéro, il y a l’infini. De même que si nous divisons l’Un à l’infini, il reste l’un.

Tout cela n’aurait pas trop d’importance si nous arrivions à retrouver notre lame propre et qu’elle s’accorde avec la principale, universelle nous soutenant à la fois dans la matière, et dans l’esprit. Que notre conscience propre donc, ou l’image que nous en avons, ce mélange heureux et malheureux, du noir et du blanc, rouge aussi, sang rouge et sang bleu, se construise, se crée,  par le plus et par le moins, par le haut et par le bas, en évitant de tomber dans le piège atroce du brouhaha, et des sifflements de serpent nous égarant, nous rendant à proprement dit fou.

Impensable de se rendre au sommet si la base est fausse, impossible sans un guide de haute montagne, en principe censé ne pas nous égarer sur le chemin. De même nous n’arriverons pas chargés de trop d’impuretés, de trop de poids morts dans notre esprit ou dans nos corps. D’où la nécessité d’un langage clair, d’une parole juste, en accord avec les actes, d’une amélioration de nos pensées, sentiments, et liens de toutes sortes qui fondent le sommet de la montagne, au lieu de ces montagnes de morts. et de bruits.

Cela dit aussi cette petite chose simple : tout le monde doit savoir, nul n’a à être tenu dans l’ignorance, il n’y a pas une science séparée de l’homme, dans le sens où il s’agit de sa conscience qui sait et progresse vers Le Tout, vivant.  Bien entendu ceci ne se fait pas n’importe comment, dans la confusion, le mélange des genres, ou des espèces, l’injuste puisque le Tout est Juste et ne sait être que cela. C’est mathématique… Seule la conscience est inclusive dans le Tout, incluant tout, n’excluant rien*.

*sauf exceptions