des murs et autres bulles

Après une nuit passée à me faire dévorer par des moustiques, sacrées bestioles qui m’ont tenu en éveil obligé, avec leur musique et leurs piqûres plus ou moins douloureuses, je me suis levé en me posant moult question sur la Nature de la nature, son bien et son mal, entendue non pas au sens moral, parce qu’on peut en toute certitude croire que la nature est sourde à tout moraline. De quoi s’interroger donc sur les maux qui nous arrivent, et les bonnes choses. Épreuves existentielles pour notre esprit, c’est à dire notre capacité à résister et ne pas nous laisser emporter par le désespoir, ou les forces négatives.

Quel rapport avec les murs, me direz vous ? Prenons un animal dans son milieu sauvage, il est en symbiose, il sait vivre, il est parfaitement adapté. Il n’est pas à proprement dit séparé du milieu. Il vit avec tout ce qui l’entoure, se sachant proie et prédateur, sans le moindre doute ni questionnement.

Nous, nous avons interposé des murs entre nos huttes et tipis, chacun dans son jardinet clos, derrière sa haie de thuya, ou ses barbelés, dans son automobile aux vitres fumées, ou ses résidences surveillées sous digicode, chacun derrière son écran pour communiquer des informations numérisées, aseptisées et au format.

Comme si chacun cherchait son immunité derrière ces murs, masques et autres bulles afin ne pas être touché par tout ce qui l’entoure.

Paroxysme de la séparation manifestée, individualisme effectif. Comme si nous étions en notre esprit une entité devant nous définir ou nous tenir, je ne sais. Nous en tenir à ce que nous croyons être, ou savoir de nous-mêmes.

Esprit sectaire fabriqué par toutes ces formes sectaires des religions, instrumentalisés en systèmes politiques. Mais où dans tous ces mondes enclos, la vie ne peut plus y circuler, la musique du vivant ne passe plus, il ne reste que des bruits et des nuisances, nous montrant à quel point de faiblesse nous sommes rendus.

il est bien entendu que les politiques sont absurdes, que les religions sont ténébreuses, qu’il ne peut plus rien y avoir dans ces conditions là que du naufrage collectif et des enfermements, des violences et des crispations d’un monde devenu sourd.

L’immunité en notre esprit, ce sentiment qu’il ne puisse pas être affecté de maux qui le tuent, celle-là importe, probablement. Question de fond à creuser…

 

les nombres distraits

Le nombre n’a pas d’existence propre, il n’en possède qu’en notre esprit, cerveau ou conscience, ou sur nos doigts quand nous comptons dessus. N’ayant pas d’existence, il n’a pas de sens en lui-même, il n’a de sens que celui qu’on lui donne, comme un outil incontestable. Pourtant tout ce que la science déploie est fonction des nombres, des grandeurs, des volumes, longueurs, poids, vitesses, dans des séries infinies d’équations, de relations qui se veulent objectives, alors qu’elles ne peuvent en dernier ressort que se trouver dans le mental de ceux qui posent leurs calculs, qui en tirent des résultats, et des applications, effectivement rendues objectives et probantes, si on veut. De ces effets pratiques on déduit une réalité objective aux nombres et quantités. À qui l’on donne un pouvoir d’efficience, mais ce ne sont pas eux qui rendent le monde et les phénomènes objectivement vrai, ils montrent une possibilité.
En dehors des nombres, les choses n’ont de réalité objective que leur matière et leur esprit, tout cela leur conférant du sens. Orientant le mouvement. Les nombres ne sont que des entités fantômes dont nous nous emparons pour générer de l’objet, et leur assigner un sens. Engendrer un modèle et une matérialité particulière.
Certains rétorqueront que le réel contient des dimensions, des structures, des nombres, comme le rayon du cercle, et des constantes telles que Pi, ou le nombre d’or, ayant une réalité incontestable, et déterminant l’ordre des choses. Distance de la terre au soleil, position d’un électron sur son orbite, masse critique, nombre d’Avogadro, comme des réalités incontestables. Comme si les nombres étaient la grille qui autorise la lecture de tout ce qui existe.
Il y a donc un paradoxe absolu du réel, entre l’inexistence du nombre en soi et l’existence qu’il produit des phénomènes en eux-mêmes. De là à attribuer aux nombres une vertu magique créatrice objective, c’est limite. Ce ne sont pas les nombres qui sont créateurs, ou facteurs de ceci ou cela, mais ils ne se peuvent pas sans eux. Ils n’ont de valeur que d’outils entre les mains d’acteurs. Comme ils n’ont pas d’existence il n’y aurait aucun problème, aucune conséquence à les employer ?On peut tout grâce à eux, mais on peut aussi faire très mal, ou très bien. Dans ce sens, la science est neutre, et la nature semble indifférente aux usages qu’on fait d’elle.
On peut très bien, par exemple, produire des machines encore plus monstrueuses, construire des immeubles encore plus gigantesques ou miniaturiser les systèmes de plus en plus. Ces usages vont nous restituer du sens.
Il peut y avoir un abus, et ceci nous touche de près dans nos existences qui en deviennent dépassées par tous les excès manifestes. Et la puissance. Armes, machines, moyens de communication, fortunes inimaginables, comme si tout était possible.
Impression étrange que le modeste homme est réduit à rien. Pris entre des mains assignant un sens sans considération de la personne et de son éventuel destin. Étrange savoir ignoré des savants désormais, comme si la méga machine fonctionnait toute seule, sans possibilité pour un seul de décider de quoique ce soit, mais devant se plier à tous ces modèles.
Dans la mesure où c’est le possible qui donne la mesure. Système bouclé. Système insensé.
C’est un piège conceptuel, un piège de la liberté. Les nombres ne nous laissent nulle liberté et nous autorisent tout.
La question serait de savoir ce que nous allons trouver en fin de parcours, comment allons-nous nous retrouver, dans quelle essence ? Nous ne sommes pas du tout nés des nombres. Rien, nul animal, nul être n’est réductible à ses suites de nombres, même s’il les contient virtuellement, si des nombres en composent l’architecture, même si l’univers est bâti sur les nombres. Ce ne sont pas les nombres qui manient la truelle.
Le nombre est seul identique à lui même. Nul objet n’est identique ; il n’y a que l’un qui soit absolu ment identique à lui-même, comme une œuvre d’art. Œuvre unique.
Ceci n’est peut-être pas très important, au fond.

De tout cela, nulle raison ne suffit.

Domestique

Les études en anthropologie nous montrent comment les choses ont évolué, dans quel sens elles sont allées. Si on peut appeler sens ce qui est insensé, dément, atroce. Songez donc aux premiers hommes assez libres, forts, mobiles, connaissant un nombre impressionnant de plantes, et de moyens de subsistance au sein des milieux qu’ils occupaient, se portant généralement plutôt bien, ne proliférant pas excessivement, conscients de la mort et de la maladie, en somme des sociétés heureuses, véritablement vivantes. Ils chevauchaient sur les plaines et les montagnes, ils nageaient, ou naviguaient sur des radeaux de bambous ou de paille, toujours en osmose avec les milieux. Homme et Nature confondus.
S’il pouvait leur être montré l’image de notre civilisation d’hommes domestiqués, assignés à des tâches incroyables de gens rivés à une tâche unique face à une machine, à longueur de journée, puis devant trouver un temps de repos, un sommeil difficile à atteindre sans somnifère, des hommes sujets aux angoisses, des cités gorgées de fumées et de bruits, des prisons remplies, des hôpitaux pleins à craquer, des boites-usines, où les gens redemandent leurs chaînes pour pouvoir survivre, eh bien ces barbares non domestiqués, ces nomades réels archaïques pourraient tomber des nues face à ces spectacles horrifiques, qui nous semblent normaux.

C’est peu de dire que le monde est mort, dans ces conditions. Par opposition à ce qui est monde vivant, monde naturel. Nous perdons la Nature, nous perdons notre humanité. Nous perdons notre humanité, par conséquent nous perdons notre nature, et ce qu’elle recouvre, comme Vie.

Ne pensez pas qu’il y a quelque chose de bien dans ce mouvement de domestication des hommes à leur chaînes, pour un salaire ou une fortune ou un confort augmentés. C’est uniquement une perdition. Une disparition programmée de l’Homme, s’il ne se réveille pas et ne renverse sa vie.

Il y a quelque chose de terriblement pernicieux à la base, ou un sommet qui n’est pas cru, pas perçu. Par conséquent il n’est pas intériorisé, et nous sommes dans une pauvreté totale de Sens.

Tout le monde peut arguer que ces esclavages ont un sens caché, une liberté secrète, sont un sacrifice pour ceux qu’on aime, et pour lesquels on produit toutes ces choses et modèles de civilisation. J’ai du mal à accepter cette idée que le mal dans ses profondeurs soit pour sauver quoique ce soit, nous nous y enfonçons de plus en plus, nous perdons les lumières et l’obscurité devient totale. On s’étonne que la haine ressurgit. On juge ensuite cette haine comme criminelle. Sans voir ce qu’elle signifie de dramatique, et de lutte face à la mort et au néant.
Non qu’il faille admettre le crime et la haine, mais renverser son flux noir. Ce qui est très lourd à porter pour celui qui agit dans ce sens et sauve le perdu, l’âme plombée dans sa nuit.
D’où cette pensée christique.
Il s’agit donc de plus que de parole ou de textes, plus que toutes théories savantes où il s’agit de soutien dans l’être, au bord de son anéantissement. Dites qu’il y a du savoir inclus dans ces questionnements et ces réponses appliquées aux êtres vivants, et non seulement des hommes, mais à cet ensemble vivant et terrien.
Pour l’heure nous ne pouvons encore toujours pas agir au niveau au cosmos en entier. Heureusement, parce qu’avec cette mentalité démoniaque, nous assisterions à un néant absolu, plus concevable que nous pourrions le croire de prime abord.
Disparition du sujet, fusion de l’objet dans celui-ci, réduction de tout atome à zéro. Mise en abyme absolu de l’être-poussière.
Suis-je fou de penser cela : Penser que certains hommes croient qu’il est meilleur s’il n’y avait rien plutôt que quelque chose. Croyance que dans le rien toute souffrance est effacée. Tout mal serait effacé de même que tout bien qui donne au mal sa puissance. Ou que dans le néant seul tout serait parfait. Ne pouvant plus subir naissance et altération, doute ou effroi, angoisse, etc.
Cela commence par quelques signes avant coureurs, un homme qu’on assassine, puis un peuple qu’on extermine, et des armes qui prolifèrent, une mort programmée de la terre, ou du moins pour le cas où elle ne voudrait pas se plier à ces injonctions terrifiantes d’un pouvoir absolument parfait. Dément dans sa volonté de puissance.
Je me demande ce que le Christ vint faire ici si ce n’est pour nous ramener à la vie et à la sagesse, à la raison. Et même pour sauver aussi la Maison Éternelle des Dieux, des Anges et Archanges. Avec lesquels nous sommes forcément reliés, puisque nous sommes ces êtres-là, une fois que nous passons le seuil.
J’ai bien conscience des contradictions et faiblesses de ce qui précède. Du manque de présence effective des entités divines et de transcendance qui ne passe pas par les mots, ces tentatives boiteuses d’explications qui ne disent rien au fond, et ne disent pas mieux qu’une bouche.
Bouche monstrueuse de Moloch. Silence. Cri.
Délivrance attendue et espérance. Ce n’est pas celle-là qu’il faut ouvrir. Porte des cieux qui doivent s’ouvrir. Lumière.

redoutable doute

Ce qui pourrait légèrement modifier le cours des choses tient à bien peu de choses en vérité. Cela ne demande pas des efforts surhumains, ni à des aménagements techniques, économiques ou politiques décidés en haut lieu, cela ne tient qu’à nous, à la base. Mais dans leurs principes les bases sont largement faussées. Il couve toujours une part d’ombre, difficile à détecter.

Prenez le moindre fait divers. Analysez le. Voyez où se trouve le mal. Là vous ne pourrez plus porter de jugement aussi catégorique sur ce qui l’engendre. Le mal se sert du bourreau, qui tient sa main sacrificielle et effectivement terrible. Ceci ne peut pas être racheté par la condamnation, sauf si nous étions Dieu.

Le monde se croit innocent dès lors qu’il trouve un coupable.

C’est le monde qui est mal, avant la personne. C’est le peu de bien commun qui cause du malheur dans le monde, c’est cette absence de mise en commun de tous nos biens, qui est facteur de toutes ces divisions, déchirures et fêlures en conséquences. Aggravant les situations et les désordres dans le monde, pris dans sa boucle d’enfer.

Certains pensent que les maux peuvent se résorber avec des positions d’élus, de sièges pourvus, pourvus qu’ils soient porteurs des bonnes étiquettes et des programmes ad-hoc, mais à mon sens c’est insuffisant si n’entre pas en jeu une dimension de conscience et de reconnaissance des uns et des autres, tendus vers une finalité jamais écrite de façon stricte et fermée, mais qui doit en premier lieu être comprise et lumineuse pour tous, sans exception. Irrationnelle si vous voulez, ce qui suppose de dépasser les niveaux des apparences et des plans concrets dans lesquels nous baignons en croyant qu’ils sont les seuls, et seuls à être porteur de sagesse, ou de vérité.

Par exemple, le communisme politicien, est aussi aberrant que la capitalisme en place, ou les mensonges d’un libéralisme. Par contre tout pourrait être vrai dans un communisme conçu à la base, non pas comme unique mise en commun des biens matériels mais comme mise en commun de tous les biens et des pensées. Ce qui refonde les liens entre nous, et élimine les murs et autres jugements moraux aveugles.

Tout n’est donc qu’affaire de Parole. De Sens retrouvé de celle-ci qui puisse se diffuser sans qu’a priori nul ne sache de quelle bouche elle provient, puisqu’elle est à tous, et qu’elle a des effets salvateurs, ne condamnant rien, mais laissant la Justice divine opérer.

Mais là, je vois bien que peu d’entre nous sommes capables d’aller jusqu’au bout de cet Esprit des choses. Je mentirais si j’affirmais que cela est totalement évident, alors qu’il faut à chaque épreuve faire acte de foi, et chasser tous les doutes qui nous font reculer, comme face à un serpent redoutable.

Voyez donc. Si cette parole pouvait circuler librement, combien les systèmes pourraient changer et se mettre en place des organisations qui correspondent. Et non l’inverse, c’est à dire organiser les systèmes, si la parole et la pensée ne sont pas clarifiées.

Il y a un ordre qui doit être respecté.
Respecté ne veut pas dire imposé par arbitraire, mais qui s’impose de lui-même sans que nul ne le force.

Quelle est la pauvreté du monde ?

Probablement celle de croire que le siècle est tout, que le temps est objectif, et que rien ne passe que le temps. Savons-nous ce qu’ici nous sommes ? Ce que nous avons à cultiver, ce que nous avons à faire et dire, ouvrir et œuvrer, comme si la Terre pouvait être modifiée à notre guise comme on change de décor, en fonction de nos idées et visions, qu’il suffirait de changer les meubles, de rénover les peintures, et d’effacer les anciennes, de détruire les vieilleries architecturales, culturelles, pour améliorer la condition, alors que nous faisons que rompre le fil de nos mémoires, et oublier les cieux, l’immortel, l’éternel, et l’essentiel qui gît, mort, exsangue nous laissant dans une extrême pauvreté.

Alors pour oublier cette sorte de déchéance de notre état, que ne ferions-nous pas ? Usant, abusant de stupéfiants, consommant sans modération ces drogues sous toutes leurs formes, -celles-ci sont nombreuses – nous passons à côté des choses simples et lumineuses, ces éléments essentiels qui font que nous nous reconnaissons, comme un bouquet de roses offertes, une échange de regards suffit à tout expliquer.

Bien entendu, il y a tous ces génies qui illuminent les siècles, ces livres, musiques et toiles chargées de grâces sans lesquelles nous tombons encore plus bas. Perdant les seuls éléments d’émotions, de larmes, et de rires qui nous restent. La richesse est dans l’âme qui peut à la fois s’exprimer et entendre. La pauvreté est cette absence. Cet enfermement dans la matérialité des choses, ou dans la spiritualité qui n’est pas reliée à cette matière.  La relation n’étant pas effectuée, c’est comme si le rêve n’était pas vécu, comme si le réel ne comportait nulle dimension imaginaire réelle.

C’est à deux que l’éternité se passe, nous passons à deux vers l’être éternel, le nôtre. Même si nous mourrons seul, si nous y sommes à l’instant de notre mort, confrontés seuls. Ce qui ne peut se faire autrement. Sans présumer de l’au-delà. Nous ne pouvons mourir pour un autre.

Nous pouvons juste vivre pour un autre, et nous soutenir dans cette lumière. La plus grande richesse est dans le don. Il faut prendre aussi pour pouvoir donner. Prendre ce qu’on nous donne… pour pouvoir rendre. Ainsi nous nous enrichissons tous.

Comment savoir si notre époque vit vraiment cela, cet échange des dons ? Ou bien si nous vivons dans une poubelle ? dégoûtante.

Ce facteur de misère — Un œil pour deux

Rien n’est normal dans l’existence, tout est fou. De l’insignifiant faire naître du signifiant, du silence extraire de la parole, ou de la pensée, ou de la conscience de soi, de la poussière faire sortir un être ayant une sorte de cohérence,se mouvant, se nourrissant, produisant, souffrant et capable de rire ou de pleurer en…

via Ce facteur de misère — Un œil pour deux

Songez donc, les univers engendrent un être capable de se poser des questions et trouver des réponses sur les univers, un être nouveau, innocent, nu comme un ver, un miroir fragile, sensible, éphémère, faible et puissant. Ne serait-ce qu’un rêve ? ça passe si vite, et ça ne passe pas non plus, le temps présent dure toujours, toujours là, jamais là.

Les hommes semblent ne pas savoir qu’ils sont investis de pouvoirs sidérants, stupéfiants à la fois par leur grandeur et par la bassesse. Ce qui est assez logique, puisque cette totalité contient les extrêmes et que nous contenons la totalité. Nous penchons d’un bord à l’autre. sans jamais savoir si ce que nous produisons est bien ou mal, de façon radicale. C’est sûr, nous ne pouvons supporter cette idée de vivre en faisant mal. Disons en pleine conscience de ce mal, ou d’une action dont nous ne sentirions que cette face négative, sans une impression que ce mal porte un bien, même douloureux. Ou alors nous serions un véritable démon dans ce monde, un super monstre de mort. Un bourreau éternel.

En somme les hommes sont « grands », mais ils ne le savent pas. Fameux, fabuleux, excessifs, fantastiques comédiens. Faisant semblant. Jouant des fictions de passions amoureuses, qui prennent chair réelle, qui s’incarnent dans leurs chairs et les propulsent par ces jeux d’émotions où se révèle parfois La transcendance.

Ces pouvoirs (politiques religieux scientifiques médiatiques financiers juridiques artistiques…) habités par des ambitieux expriment en arrière plan cette grandeur. Mais ces personnages ne le savent guère plus que l’homme moyen…

Mais la vie n’est pas une fiction, ce n’est pas tout à fait une comédie, ça l’est uniquement par analogie, par ces jeux de représentations qui se produisent en nous. Nous sommes plus souvent le jouet de ces images que l’acteur de ces images. Nous vivons plus dans l’imaginaire que dans le réel, parce que le réel est plus insupportable que le fictif, que le film du réel est autrement plus douloureux que le cinéma. Même si ce dernier est porteur de leçon fabuleusement belles ou tragiques, nous menant dans des sommets d’émotions.

Non, ce qui importe donc, c’est ce qui se trame dans le réel intérieur, bien présent. Beauté, Vérité par delà les masques.

Selon les formes exprimées.

Ce facteur de misère

Rien n’est normal dans l’existence, tout est fou. De l’insignifiant faire naître du signifiant, du silence extraire de la parole, ou de la pensée, ou de la conscience de soi, de la poussière faire sortir un être ayant une sorte de cohérence,se mouvant, se nourrissant, produisant, souffrant et capable de rire ou de pleurer en contemplant l’ensemble de tous ces phénomènes et choses manifestées, sans pouvoir saisir quoique ce soit, tout en ayant l’idée de pouvoir en saisir quelque sens, ou un ordre quelconque, puis assister au spectacle d’un monde luttant pour survivre dans ce monde, comme s’il s’agissait de la seule nécessité, celle de se maintenir, celle reporter indéfiniment notre existence ailleurs, au moins dans nos œuvres, selon une volonté de persister quelque part, tout simplement refusant cette disparition pure et simple de quelque chose en nous-mêmes, ou de nous-mêmes en tant que chose.
Ne sont pas normales ces sociétés non plus, aveugles confrontées aux mystères et imposant leurs volontés aux individus devant se taire, comme si ces mystères étaient résolus et que chaque membre devait s’y plier sans pouvoir faire fleurir ses propres variations, ou ses expressions singulières, marcher au pas des diktats du siècle, subir la loi démente des puissances éphémères qui se prennent pour éternelles, et qui prennent bien soin que les hommes se soumettent et demeurent dans la pire des ignorances et se plient à l’exécution des labeurs et des reproductions.
Comme si la Terre était éternelle. Comme si notre existence était le tout de l’existence. Sans autre lieu ni être que celui-ci dans sa cellule.
Et-ce une explication à ce bruit infernal que les hommes sont capables d’engendrer avec leurs activités démentes qu’ils imposent comme sages, ces monstruosités des palais et des constructions hors normes et quasiment inutiles, ces engins surdimensionnés devant lesquels le monde s’extasie, ces sommets atteints dans la stratosphère, qui ne sont guère que crotte de mouche dans la banlieue terrestre, relativement à la dimension des univers. Cela flatte surtout leurs concepteurs, et les hommes admirent et adorent leurs monstres. Certes, ce n’est pas mal. Cela révèle un certain génie. Cependant demeure un problème immense non résolu. Ce qui est facteur de misères et de malheurs. De chaînes pesantes et inhumaines, de maux plus forts que normaux.
Parfois certains arrivent à voir qu’il y a des lumières manquantes sur cette terre. Cela ne relève pas de l’électricité.

À quoi cela tient il donc ? qu’est-ce qui pourrait nous faire revenir vers quelque chose de plus normal, de plus raisonnable et que nous puissions retrouver une dimension plus humaine, plus naturelle, que les pouvoirs cessent leurs course folle vers le néant, ou l’absurde, l’insensé d’une parole unique qui muselle la multiplicité de la Parole et sa richesse ?

 

Réanimation des âmes mortes (suite )

Un des problèmes majeurs de l’homme est celui du travail, au sens physicien de l’effort, donc de l’énergie qu’il faut pour survivre, exactement comme l’animal, ou n’importe quel être vivant voulant vivre, ni plus ni moins, cela indépendamment de la reproduction de son espèce, qui est l’autre problème majeur. Tout cela se passe sous cette…

via Réanimation des âmes mortes — Un œil pour deux

Il est sûr que la totalité se résume en deux conceptions opposées. Soit la vie et la mort, la Nature ou l’artifice. La nature est un système, admettons. Mais un système animé d’âmes vivantes. Tandis que nos systèmes ne tiennent que si nous les tenons à bout de bras, en les forçant sans cesse pour les maintenir en vie, alors que le naturel se maintient tout seul, par ses propres efforts. L’oiseau vole selon ses ailes, l’avion selon les pétroles et autres ressources, industries, temps passés à construire, pour soutenir cette activité. La nature est autonome, les industries sont asservies et asservissantes, sans même évoquer leur nuisance au sein du système naturel. Alors que l’inverse n’est pas vrai. La nature ne nuit pas à proprement dit pour elle-même, ni pour ceux qui savent un peu s’y plier.

Ensuite, la différence de taille entre les deux systèmes tient à ce que chacune des entités construites inclut en elle-même. Un oiseau n’est pas qu’une machine complexe.  Il porte aussi ce qu’il est, son essence, son temps, son esprit propre, disons comme une âme dans la « machine ». Alors qu’un drone ne vit que sous l’impulsion d’un pilote humain expérimenté qui se situe dans ces conditions guère plus haut que l’oiseau, et encore au stade des réflexes de base. Pauvre humain qui doit vivre dans cette machine , comme si c’était un destin pour un homme.

Certes, l’ingénieur semble mieux loti… mais si l’on sait que les ingénieurs ne fabriquent qu’une infime partie des machines, que son travail est divisé à l’extrême, là encore on retombe à un niveau bien bas, dans ces conditions impitoyables pour du salaire ou des carrières. Ce n’est pas dans cet état que nous serons émerveillés par la vérité ni extasié devant les merveilles de la nature « divine » des choses.

Le sujet est inépuisable dans le sens où ce qui préside à la création se situe à une échelle qui demande compréhension, saisir ce que veulent dire ces choses de la nature, qui est peut-être bien la nôtre. 

Réanimation des âmes mortes

Un des problèmes majeurs de l’homme est celui du travail, au sens physicien de l’effort, donc de l’énergie qu’il faut pour survivre, exactement comme l’animal, ou n’importe quel être vivant voulant vivre, ni plus ni moins, cela indépendamment de la reproduction de son espèce, qui est l’autre problème majeur.
Tout cela se passe sous cette forme hiérarchique, inégalitaire, liée à nos différences de connaissance, d’intelligence, de ruses, de bontés et de malignités. Depuis le temps, les systèmes se sont affinés. Les esclavages ne sont pas les mêmes que dans l’antiquité. Mais ce sont tout de même des servitudes, et des chaînes. Ceux qui se font servir ne tiennent pas trop à perdre leurs avantages, et ceux qui servent savent aussi comment se servir des subalternes, des petites mains qui leurs procurent les biens dont ils ont besoin, que ceux soient des vrais ou des faux besoins. Tout le monde connaît la valeur de l’argent, ce facteur qui tient tout le monde en otage, et qui le tient d’autant plus que tu en possèdes. L’argent est rarement providentiel. Chacun croit légitime la fortune dont il hérite, de la position qu’il occupe dans ces ensembles qui le précèdent et l’ont mis dans ces conditions, en lui demandant sa part d’efforts. En vrai chacun essaie de se maintenir, ou d’améliorer sa condition. Dans cette optique, tout ne serait que déploiement de ses ruses, pour arriver à ses fins. Rien de négatif a priori. Tout semble normal. Normal du fait de la valeur en apparence logique des monnaies, et des droits donnés par la loi. Il semble donc qu’il n’y a aucun mal dans le monde s’il n’y a pas de transgression des lois que les hommes ont imposé. Ceux qui détiennent des milliers d’hectares se sentent dans leur droit. Ceux qui diffusent des poisons sur les sols et dans les airs, ceux qui chassent et ravagent les milieux, exploitent les forêts et laissent des champs de ruine ne se font guère mauvaise conscience des dégâts qu’ils commettent, s’en lavent les mains et récusent toute opposition. Ceux qui font dans l’illégalité des trafics interdits n’ont guère plus mauvaise conscience, tout cela se tient dans des ensembles qui en apparence s’opposent, mais en réalité se complètent.
Les lésés de l’histoire peuvent aller se faire voir ailleurs. Il y a un Ordre dans ce monde, qui n’a rien a voir avec la morale effective, un bien opposé à un mal, compris au sens métaphysique.

Comment en est on arrivé là ? Ce bien ou ce mal, naturel, évident, simple dans les sociétés simples, où les hommes égaux devant la nature, et égaux entre eux, savaient d’instinct peut-être le bien et le mal les touchant individuellement et collectivement, sans distinction de l’un et de l’autre. Tout le monde dans un même bain. Autrement dit, l’individu s’identifiait au groupe et le groupe donnait son identité à l’individu, toujours selon une loi implicite et peu écrite.
Mais voilà, nous sommes passés du côté des civilisations hiérarchisées, compliquées, structurées selon des codes et des règles, des normes imposées et très contraignantes, tout cela au nom d’un Bien qui s’est imposé pour la collectivité. Ce Bien ne pouvant avoir de valeur aux yeux des hommes que si on leur désignât un Mal.
Ces mondes dits civilisés ne tiennent que sous l’emprise des morales. Et le moteur de ces morales est la peur, et son autre versant le plaisir. Carotte et bâton en résumé. Tout n’est pas mauvais dans ces formes civilisées, cela va de soi. Parce qu’il reste des hommes vraiment bons. Des êtres inspirés, et que tous ces textes, écrits prophétiques, ou philosophiques contiennent une large part de vérité, malgré toutes les erreurs d’interprétations. Cela tient aussi parce que la nature est vigoureuse. Mais elle subit les assauts des forces négatives de toutes ces productions visant à s’extraire de la Nature vue comme hostile.
Ce qui semble constant, que ce soit dans une nature sauvage ou dans une cité moderne c’est la lutte obligée. Et la difficulté s’accroît avec les problèmes de génération. De continuité du vivant, de notre vie dans ce vivant là.
Comme tout est lié, on ne peut dissocier nos travaux de nos désirs, de nos amours, et de nos plaisirs. On sait tous très bien qu’on ne fait rien pour rien. Gratuitement. Rien n’est gratuit.
Nous devons donc toujours payer de notre vie pour pouvoir vivre.
Une fois que nous aurons épuisé notre vie, nous aurons puisé toute notre vie donc, là nous l’aurons, mais à condition de vivre vraiment et non pas de façon factice, illusoire ou menteuse.
La vie ne tient que selon l’ordre de la vérité incluse en elle. Instinctive, intuitive et belle.
C’est bien à ce niveau là que les choses font défaut, que les situations sont périlleuses. Même si nous admettons a priori que Tout ne peut être que vrai, de même que Tout ne peut-être que beau, cela ne semble pas si simple. Il y a à la racine un immense problème qui recouvre les problèmes évoqués, du travail ou de la génération, des tâches imposées et des devoirs que nous avons les uns vis à vis des autres. Et également en notre intériorité.
Dans la folie, la vérité nous échappe. Dans la souffrance poussée à son paroxysme, la beauté n’est pas possible. Ce sont deux formes du naufrage existentiel. Celui de l’être déchiré, en lambeaux. Comment dans un monde décomposé, frappé d’interdit, pourrions-nous nous recomposer et nous sentir vivre, heureux et joyeux ? Supportant les peines, cheminant malgré les tourments et les blessures ? C’est pourquoi nombre d’entre nous se résignent et renoncent à vivre, baissent les bras et se soumettent à ces ordres qui rendent le monde malheureux, en essayant de conserver leur maigres privilèges et leurs postes, ou leurs foyers très souvent au bord de la rupture. Et cela se perpétue, entraînant les enfants à leur suite, dans cette chaîne sans fin, un piège que le monde perçoit malgré les voiles, et les fausses vérités, mais chacun s’y berce d’espoir de changement.
Cela ne se peut dans ces conditions là. Cela ne se fait pas tout seul. Nous ne passons pas d’une rive à l’autre sans passeur ou sans passerelle, sans un gué ou un navire, ou en restant sur la rive actuelle.

Les mots sont-ils trop faibles pour ranimer les âmes mortes ?

avocat et autres fruits

La providence règne sur nous à condition de ne pas la violer, ou la voiler sous des tas de mensonges, de pillages de toutes ces terres et d’expropriations des peuples innocents, au nom des empires, avec cette violence coutumière.
Quand donc nous délivrerons nous des bêtes furieuses qui gisent dans nos cœurs ?
Voyez, je crois au Père Noël qui adoucit nos mœurs. De même à la musique, ou aux arts inspirés, à la source possible d’un meilleur, et d’une évolution – spirituelle – plus que celle illusoire des techniques. D’ailleurs, si nous évoluions spirituellement nous comprendrions mieux le sens et rôle des progrès matériels, mais ils ne seraient plus aussi nocifs. Nous nous débarrasserions des inutiles. Disons que nous serions proches de la providence, plus naturellement.

Comment savoir qui a raison ? nous nous démêlons chacun dans le dédale de nos histoires respectives, avec nos mots et nos pensées, ce qui un fait sacré nœud. Le temps sait mieux, il nous envoie son lot d’épreuves. Pris dans ces blessures, nous ne savons rien en dehors de nous-mêmes. Surtout si nous oublions qu’il y a une dimension supérieure à notre condition que nous servons, tant bien que mal, tant mal que bien. Voilà pourquoi nous ne savons trancher.

Enfin, je ne sais pas si les mots peuvent arranger la condition humaine en proie à ses tourments, ou aux peines infligées à ces gens très humbles à qui on fait porter le poids des travaux les plus lourds. Est-ce qu’ un avocat peut renverser la machine infernale ?