après la nuit

Il y a en plus de cette base économe, du temps retrouvé, des hommes qui se reconnaissent, ainsi qu’une conscience et un sentiment de vivre pleinement, sans les stupéfiants. Tout ceci, cette plongée dans son monde intérieur nous ouvre des horizons lointains. alors qu’eux ferment

C’est quelque part le sens de l’art qui se joue, ces millions de fenêtres intérieures, de voix, de signes qui donnent à penser et éprouver le vivant, comme phénomène inouï, et nous révèle à nous-mêmes les profondeurs à atteindre. au lieu de subir ces poids terribles des travaux
et ces misères organisées.

Chez les peuples qui furent nos ancêtres, il y eut toujours cet impératif de considérer le lieu, la terre vivante sacrée, les êtres qui la composent, et donc cette dimension de présence vivante en ces lieux dans laquelle nous nous incluons et qui est nécessaire à notre évolution

Mais depuis le temps que tout a été profané et volé, par des gens qui se disent propriétaires des oiseaux et des arbres, des eaux et des montagnes, méprisant les autres hommes et engendrant toutes les haines.

la noirceur du monde.

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Le réel ignoré

Retrouver un peu d’équilibre naturel, redonner de la place à l’arbre, et à ses habitants, y trouver la nôtre parmi eux, afin de mieux nous connaître et se sentir plus calme dans le tourbillon des étoiles, enfin mieux penser. L’économie ne devrait pas être gaspillage ni pillage.

Sans doute avons-nous perdu toute notion de ce que nous sommes censés être et faire sur terre. Nous ne serons jamais vraiment satisfaits dans un monde uniquement orientés vers la consommation qui suppose des servitudes énormes pour ces mains qui produisent et n’ont pas leur dû.

Je lisais un livre sur les peuples indiens. La dimension de génocide est patente. Sauf chez ceux qui ont pu se sauver des violences des colons. Pour l’immense majorité d’entre eux, c’est une misère, tristesse effroyable, une grande perte pour l’humanité. Mais nous sommes indiens.

Tous les peuples de la terre étaient en contact étroit avec les éléments naturels, qui leur révélaient ses secrets. puis nous avons subi les faits de civilisation et de violence qui nous obligé à une adaptation dans la souffrance, mais nous avons beaucoup perdu du vrai, du réel

décroître n’est pas péricliter

Imaginons que les choses se renversent parce que nul ne marche plus dans la combine, ce jeu faussé ou injuste. Les prix de l’immobilier des grandes villes baissent, celui des terres également, on reprend notre économie en main, à notre échelle et dans les pays où nous vivons.

On commencerait par décroître, ce qui n’est ni décliner, ni entrer dans une récession ou s’appauvrir, on ne ferait que transformer nos relations et échanges et productions, on pourrait simplement redevenir plus proches les uns des autres, ce qui offre beaucoup plus que du salaire, dans la mesure où nous pouvons échanger autrement.

La croissance n’étant qu’une bulle en expansion ne menant nulle part, ne faisant qu’une prédation abusive sur les hommes et sur la nature, et dont on ne peut que constater les ravages, le terrible appauvrissement global malgré les chiffres qui voudraient nous prouver le contraire.

Nous pourrions passer à une autre civilisation, moins axée sur la quantité de choses négligeables, mais fondée sur des bases autrement plus profondes et réjouissantes, telles que le temps maîtrisé, la santé mentale et physique, la connaissance de notre planète et des vivants.
Autrement dit nous pourrions passer dans un temps où nous deviendrions cultivés. où nous saurions de quoi nous sommes composés, au lieu de n’être que des outils pour une machine qui nous écrase, nous exploite, nous abrutit dans des tâches absurdes. Bref, nous serions plus libres.

Petite note, du haut en bas de l’échelle, c’est l’esclavage, piège général. L’ingénieur, le cadre n’ont aucun choix, ils en sont réduits à perpétuer le système avec des artifices aberrants et piégeant, dans un cynisme qui forcément les écœure. Et pour laver leur conscience, avec quel or ou quel alcool ?
Le drame humain provient d’une perte des fins de même que celle de nos origines qui donnent du sens à nos existences. Errant, nous cherchons à côté, palliatifs à cette absence de réponse, de l’oubli pour répondre à cet ennui existentiel que l’on fait payer au prix fort aux faibles.
Et signe manifeste de tout ceci, le luxe qui s’affiche sans honte, la puissance des uns face à l’impuissance des masses qu’on mène toujours à l’abattoir.

Tout cela montre la déliquescence du tissu humain, déchiré en autant de voix qu’il y a d’hommes, incapables de s’entendre, chacun emmuré dans ses raisons.

Sur ce terreau fertile et décomposé, la dictature globale est en marche.

 

progression ou régression

Le progrès industriel exprime une régression par ailleurs, une amplification du vide existentiel et de l’humain. C’est logique, plus la machine croit, plus le vivant naturel décroît, dans cette division, pulvérisation des actions, rendues insignifiantes, nous dépossédant de nous.

Quand nous avions idée de marcher nous connaissions tous les pays traversés et leurs gens, le voyage avait du sens, en relation avec la vie sur terre. Désormais on consomme des cartes postales d’une ville semblable à une autre, d’un point à un autre point. Sans épaisseur le point. Tout comme dans un travail on en est rendu à n’accomplir qu’un geste minime, noyé dans un ensemble qui nous échappe.

Aller vite, pour remplir son vide, c’est perdre son temps, il n’y a qu’un temps à remplir, c’est celui de cette vie terrestre, selon son rythme, sa lenteur, son apparente immobilité qui nous autorise à découvrir les étoiles, et leur grandeur. Là, nous avons à découvrir l’inconnu.

Très général, tout ça…

Les marques de l’esclavage

Curieusement, les peuples premiers semblent plutôt doux, paisibles, vaquant à la recherche simple de leur nourriture, et à répondre à leurs besoins élémentaires, peuples qui ne furent pas prolifiques, connaissant leurs limites territoriales et démographiques. Mais voilà, les civilisations et leurs contraintes ont tout bousculé, tout brisé de ces modes de vie. incitant à des luttes et à proliférer, dominer, conquérir et croître, soumettre les peuples récalcitrants, ou ceux qui ne voulaient dépendre de ces empires. En donnant l’illusion des beautés et des sciences et des lumières, accessibles à une minorité nantie qui se pense méritante, ce qui pose toutefois problème du fait de rendre ce monde pauvre et sans vie véritable.

On l’a vu partout, la domination des civilisés engendrent des barbaries, parce qu’elles fabriquent des esclaves en masse, au nom de principes qui se disent supérieurs et plus véridiques que les existences modestes des peuplades naturelles (plus naturelles disons).

Ces empires esclavagistes qui se veulent éclairant ne sont que des manières de privilégier, ou de se prémunir de la dureté des conditions existentielles terrestres et des poids de celle-ci, en s’accordant des positions où il est possible de se cultiver, se questionner, de contempler et de posséder des œuvres d’art, bien à l’abri et dans la bonne conscience, en toute légalité.

C’est sûr, les dominants ont des visages lisses, comme des chérubins, des beaux mots, et beaux habits. Ils n’emploient pas directement la violence pour se protéger des hordes sauvages mais ont pour cela des corps intermédiaires payés, des forces spéciales assermentés et obéissantes. Ils ont institué tout cela de façon  qui parait totalement normale.

Impossible d’y déroger, force étant à la Loi.  On ne peut pas faire piège plus impeccable. Sauf que la loi elle-même n’est jamais parfaite, il convient sans cesse de la rectifier, de la rendre droit.

Les menus peuples n’ont plus qu’à se plier à ce droit. Par contre les tenants des lois arrivent toujours à contourner le droit et échappent à son dédale.

Se pose alors la question de ce qui peut nous délivrer de ces faussetés qui ne peuvent à force qu’être mises au grand jour et soulèvent des révoltes, des colères de la part des populations dès lors qu’elles réalisent qu’il s’agit de mensonges.

Quelle Lumière faudra -t-il pour que la masse se transfigure ? Certainement pas ces lumières du passé, certainement pas non plus ces visions futuristes imposées.

Il y a un temps Présent qui n’est pas bon. Ou bien est-il uniquement Absent ?

Il est pensable que dans cette absence effective ne surgissent que chaos et trouble, violences et gens sacrifiés.

la disparition de l’écrit dans le disque dur

Avec le progrès nous ne pourrons plus lire ce qui est gravé ou imprimé sur la matière à l’échelle atomique, sans passer par le truchement d’une machine, d’un outil qui décrypte pour nous les signes, nous sommes dépossédés du lecteur, soumis à cet instrument né des industries. Personne n’est en mesure de reconstituer les processus dans cette chaîne, puisque cela fait appel à l’électricité, l’électronique, l’informatique, les plasturgies, la métallurgie des métaux rares, des cristaux liquides, un vaste ensemble technologique hors de notre portée en tant que personne seule, tandis que sur une feuille, une pierre, un tablette d’argile nous pouvions graver quelques signes et enregistrer une copie de nos pensées et idées ?

Tout cela voudrait s’appeler progrès ?  Progrès dans l’aliénation à quelque chose d’étrange, oui… qui nous éloigne encore plus de la profondeur de la Parole.

Progrès qui nous éloigne les uns des autres. De même que toutes ces productions industrielles font de nous un maillon insignifiant dans le processus de création.

Tous ces objets finissent par être pléthoriques, invasifs et souillent la terre sous le règne de la quantité, sous celui de l’oubli et de la perte de sens. Le monde devient absurde. hors nature par manque de simplicité.

Mettre un gilet jaune fluo

Pourquoi un gilet jaune ? Cet habit se porte quand on est en panne sur la route, pour signifier un danger. Or il semble bien que nous ne disposions plus que cela comme secours emportés dans le flux mécanique obligatoire, sans plage d’arrêt ni de repos, que nous subissons le mouvement permanent sans  prise sur nos existences. Comme si la machine était devenue folle.
Les terres n’appartiennent plus aux paysans, qui subissent les lois implacables des marchés mondiaux, des graines jusqu’aux produits phytosanitaires. Les gens doivent se plier aux diktats des vaccinations comme s’ils étaient du bétail. Partout nous subissons ces lois, ces achats obligés d’ordinateurs aux pannes programmées, de téléphones obsolètes dès leur début, et nous n’y pouvons rien.

En quelque sorte ce gilet résume notre esclavage, cette fuite en avant, cette marche forcée vers quelque chose d’affreux. Obligés de produire des armes de plus en plus redoutable pour éliminer ceux qu’on nous désigne comme adversaire, sans qu’on sache qui est ce « on » qui nous l’a désigné. Obligés de consommer à bas prix sachant que cela augmente la pauvreté du monde et la pollution, la ruine des écosystèmes.

Nous sommes là, sur cette terre comme des errants naufragés sans repères ni espoirs, devant marcher ou crever.

Nous n’avons plus le temps de rien. Rivés à nos écrans, et livrés à nos solitudes en mouvement.

Or s’il est une chose qui est démoniaque, c’est ce mouvement sans repos. Comprenez, un mouvement qui ne peut cesser devient par force une accélération infinie, une vitesse infinie, qui s’achève et se dissout dans son insignifiance, se réduit à rien.

Ce mouvement perpétuel nous emporte nulle part. Nous perdons ce que nous sommes. Au sens du verbe être.

Nous ne sommes que si nous pouvons poser nos bagages quelque part.

Inversement si nous sommes immobilisés, là aussi nous ne sommes rien, nous serions comme morts.

Sans avoir de réponse, je me demande donc qui est cet « on » qui nous a toujours forcé au mouvement ou à devoir mourir ?

Où il est question de signe

Nous sommes de curieux animaux. Nous passons notre temps à graver des signes sur la matière, laissant des traces, des formes, des lettres, des images sur le corps périssable de la terre, ou sur notre propre corps. Est-ce le signe qui importe ou bien ce qu’il signifie ? Savons-nous toujours bien lire les signes ? Je n’en suis pas persuadé.

Sans doute tout ce que nous exprimons nous sert à ne pas nous oublier en cours de route, ou encore nous retrouver au cours de nos vies successives, pour le cas où nous devrions revenir sur cette terre – sait-on jamais ? – et que notre prochaine existence ne soit pas trop hasardeuse ou chargée de malheurs.

Parfois, nous sommes traversés par quelque intuition lumineuse, ce qui – soit dit en passant- est le fait de l’intuition. Comme une étincelle, elle ne peut être que de lumière, mais comme elle va vite nous ne pouvons bien entendu pas la saisir. Nous essayons alors de retracer ce qu’elle nous dicta. On ne décide pas de la faire revenir. Nous en recherchons ses échos. C’est pour cela que nous passons notre temps dans la répétition de ce qui nous hante, de nos amours, de nos désirs et nos espérances. ou même de ce qui nous désespère pour ne pas devoir subir atrocement le poids de trop de souffrance.

Là, ce n’est jamais acquis. Il semble bien qu’il y ait des passages obligés,  des épreuves et autres peines.

Qu’avons-nous à espérer d’autre qu’une délivrance, en adéquation avec ce que nous sommes de façon première et définitivement ? Comme si nous avions retrouvé notre âme.

Et que partant de là, nous savons que devant nous ne se présente que la vie véritable, sans altération.

C’est comme une respiration, un feu qui ne s’éteint pas. Une joie douce.

Mais ce monde est déplorable, avec ses mots, ses contre sens et ses faussetés. Ces maux eux aussi sont porteurs de signes, ils nous enseignent ce qu’il faut à tous prix éviter. Et pourtant, le monde succombe sous son charme, précipité par ces tentations qui sont des pièges affreux. De telle sorte qu’on ne comprend plus rien à notre existence, et que nous en deviendrions fous, ou très en colère, ne pouvant plus vivre.

C’est peu de dire que le monde est gouverné par le diable…

et que les Anges ne sont guère entendus.

Le paradis, aussi sur terre.

Partout la forêt se meurt, corps malade de l’air empoisonné, des éléments étrangers et impossibles à digérer. Des sécheresses surgissent des formes parasites qui prolifèrent et fragilisent les végétaux. des coupes violentes, des surexploitations, tout ça pour quel profit ?
Qui gouverne ? ce n’est jamais un homme, c’est une volonté collective, un ensemble avide, affamé, ayant soif de quelque chose, mais qui n’arrive pas à trouver les motifs de son existence satisfaisants, et par conséquent reste pris dans ses schémas tout fait, du prêt à penser.
Ainsi, le monde est otage,  enfermé et sans solution, pris dans cet engrenage consumériste et productiviste, cela en devient insensé. Sérieux, qui autorise à l’heure actuelle une conversion réelle à l’idée de sagesse ou de nature intelligente ? Nous nous croyons supérieurs à Elle.
Toutes les études en botanique nous enseignent à quel point la nature est un tout, fragile, que nos conceptions d’une nature hostile ou d’une nature à améliorer est abominable. Si nous avions la modestie de nous y inclure, ce serait pas mal, au lieu de chercher à la vaincre nous pourrions envisager avec les connaissances actuelles de revoir nos agricultures, nos sylvicultures, de retrouver une sorte de pérennité. Mais cela suppose que les populations soient informées et que les pouvoirs les entendent. En quelque sorte, les critères strictement financiers ne sont pas valides. ils ne valent que comme outils de dominations, de coercition et de volonté de soumettre, l’ensemble à des impératifs anormaux, nous envoyant toujours à la mort.

La forêt s’est enflammée à Paradise, ville californienne au milieu des bois. Nous avions un paradis sur terre et il est parti en fumée, comme partout.

On nous a fait croire que le paradis était aux cieux. C’est un leurre. Les cieux sont sur terre également. Ils débutent ici, avec nos frères et nos amours, sinon, ils ne sont pas.

Il y a continuité entre ciel et terre, entre le bas et le haut… mais si le bas est atteint ? qui nous rendra le haut ?

Il faut que la voix des hauteurs soit rendues. et vécues. Disons que ce n’est pas trop ce qui se passe. et que le monde reste sourd et aveugle.  Prisonnier de cette mécanique absurde.

l’idée monstrueuse de l’Un Seul.

L’Un est monstruosité dans sa pensée de monade, comme un corps de marbre. Ce n’est pas Dieu dans son expression, cette dénomination du Verbe.

Dieu même est vivant dans le Mystère, vous ne pouvez pas retirer à dieu, aux dieux, cette capacité de s’enfoncer dans les profondeurs du Mystère et des actions créatrices qui les font œuvrer eux-mêmes et librement, persévérer dans le Jeu Créateur.

Exactement comme le peintre ou le sculpteur, l’architecte ou l’acteur.

La nuance est de taille entre les dieux et nous. C’est que nous devrons laisser notre corps mortel et que le corps des dieux est d’une autre substance. Peu importe pour l’heure de quel gaz elle est.

Ce qui conviendrait serait que chacun puisse l’entrevoir et l’entendre, savoir ce qu’il lui dit, et lui indique comme chemin à emprunter pour vivre et espérer, et que ces espoirs ne soient pas des faux espoirs, mais des saluts véritables et sereins,comme sur Une île où nous pourrions nous apaiser et devenir maîtres de nos vies, face à l’infini.

L’Un n’est bon que face à Cela.

L’un nous demande de trouver le lieu de notre mariage, ce lieu où nous sommes unis.