Tout recommencer

Ce matin, j’ai pris une bouffée d’air pur. Après avoir lu quelques articles sur ces ravages que font la guerre, sur ces morts et destructions, ces malheurs partout, je me suis demandé pourquoi tout cela. Nous avons la chance de ne pas être pris sous les bombardements, déchirés, accablés. Nous savons que depuis des millénaires les hommes ont passé beaucoup de temps à s’entre-tuer et les femmes à mettre au monde des enfants qui deviennent à leur tour victimes, ou facteurs de mort. C’est délirant. Tout cela au nom de quoi ? Cercles des vengeances inassouvies, des haines, où les hommes se croient autorisés à tuer, alors qu’ils ne font qu’aggraver leur chute dans ces gouffres amers, pour ne pas dire qu’ils s’anéantissent, ou retombent à l’état de poussière insignifiante. Nous sommes loin de cette idée de salut qui est censée diriger les actes, salut de ceux qu’on aime et pourquoi pas son propre salut.

Faut-il fermer les yeux et se dire qu’au bout de tout cela les hommes trouveront leur délivrance ? Comme si c’était le Chemin. Non, ce n’est pas possible, ces chocs ne sont que des impasses, et au bout, rien. Les hommes sont victimes de quoi ou de qui en fin de compte ? pauvres pantins vides dans leurs corps, âmes exsangues, et où la moindre lumière ne trouve plus de place. Flamme éteinte, toutes les violences des enfers peuvent s’exprimer. Les enfers, ce ne sont après tout que les forces naturelles des bas fonds, des entrailles, des zones naturellement dégradantes existant dans les volcans, les magmas et les soleils, avec une nuance de taille. Nous devenons pur objet, c’est à dire pratiquement rien, Nous aurions vécu pour rien, nos vies auraient été vaines.

Prenons les choses en sens inverse. Comme si nous étions des fleurs. Dans un ensemble harmonieux, où les conditions de nature sont difficiles, où il faut lutter pour vivre, mais où nous progressons, à la fois dans notre conscience et notre connaissance, et dans cette dimension supérieure, nous sommes comme celui qui grimpe sur une montagne et voit son horizon s’agrandir, puis retrouve la mémoire des Temps, et des êtres. Cela non plus n’est pas sans épine, de voir sa rose fleurir. Mais cette rose s’épanouit. Et diffuse son arôme.

Tout change. Il s’opère un renversement. De ces impasses que l’on refuse, on entrevoit un passage.

 

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Un rêve.

J’écrivais un livre, mais un livre qui était ouvert et vivant. Sur ces pages je pouvais inscrire tout ce que j’allais enterrer sur terre comme toutes ces pensées et actes qui furent négatifs et qu’il serait impossible à emporter et surtout pas souhaitable. Cela me faisait penser à la capacité prodigieuse de la terre d’enfouir ces objets sombres en son sein. Ceci est irrationnel, certes. Ma femme me faisant la remarque que si ces pensées n’étaient plus actives elles n’avaient pas besoin de plus, c’était en somme déjà mort pour ces choses là. Et dieu sait que les formes ou pensées négatives au cours d’une vie sont nombreuses. Peurs, lâchetés, mauvaises langues, intentions troubles, haine, je fus traversé par des foules de considérations mauvaises, c’est ainsi. Je me souviens, plus jeune, je me demandais si les autres aussi avaient ce genre de sentiments obscurs au fond de leur pensées. Bon, l’important c’est d’arriver en vie n’est-ce pas au bout de son voyage, et de franchir les eaux de ces métamorphoses sans encombre, léger et délivré du poids atroce des ténèbres.
Ceci me fait penser aussi au miracle que représente la terre, comme une île rescapée des flots de cet océan où tout autour de nous n’est guère propice à notre vie humaine et à son déploiement heureux. Nous avions des arbres, des abris naturels, des sources d’eau claire nous avions ces chants et cris des bêtes comme autant de symphonies pour nous évoquer la grandeur du mystère, nous avions des montagnes comme des hallucinations et des mers qui donnaient des palettes infinies de couleurs, et puis nous avions cette flamme des désirs qui nous mettaient le feu au corps en et l’animait de façon foudroyante. Et nous avions aussi ce revers de la médaille des maux dus aux excès, nous savions ce qu’était la gueule de bois. et puis les souffrances inhérentes aux maladies, nous avons tous plongé dans les affres des angoisses et des tourments, de l’effroi et de la solitude. Tout cela, ces hauts, ces bas, font que nous avons été habités par le vivant, que le vivant a tracé en nous son sillon, et nous l’avons accepté, ce qui structura notre âme. Assurément ce passé n’est pas fait pour générer du mort. Il traverse le présent et s’accomplit, de jour en jour selon la lumière adorée, à laquelle nous rendons grâce.

Bonjour

Soucieux de comprendre et d’analyser le pourquoi du comment, j’ai composé depuis quelques jours cette page. L’effaçant, y ajoutant ceci cela, disert. Cela répond toujours à quelque chose. C’est grâce aux échanges, discussion, dissensus et consensus que nous pouvons saisir ce que mot veut dire. Sachant très bien que rien n’est jamais vrai ni arrêté, décret définitif.
La vérité possède aussi sa souplesse, le verbe ou dieu ne sont pas de pierre vitrifiée.