Saleté

L’homme est une sale bête sans innocence. Par sa stupidité butée elle s’enfonce saccage et fait souffrir, précisément l’innocence. l’homme est collectivement mauvais. c’est la seule définition du mot démon, diable légion. meute sans issue si les hommes ne voient pas leur faute.

la question de la faute est fondamentale. c’est comme un trou noir. nous ne pourrons jamais en sortir en ignorant la notre. la faute est collective mais son rachat ne l’est pas. cela relève de l’esprit, de ce qui se passe d’abord en notre esprit mettant à jour notre point aveugle, ce qui éclaire en nous les maux,

et qui nous fait souffrir.

Mais la souffrance tombera et nous serons délivrés.

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Colonne d’air chaud.

Je n’ai jamais su être raisonnable

Ça ferait une belle entrée en matière

Pour un roman qui ne verra pas le jour.

Il faut avouer que la nuit fut blanche,

pas un souffle pas un bruit

on dirait que tout reste en suspens écrasé par la chaleur inhabituelle,

Ce n’est pas tout à fait vrai, j’ai entendu un oiseau nocturne, et fait un rêve.

le jour se lève, et je songe à la poésie, à ce qui est encore vivant,

à nos enfants, et nos amours, les lumières que nous appelons,

et qui nous donnent envie de vivre et de créer, de peindre, et de jouer.

Tout ce qui me donne cette impression de ne pas succomber sous le poids de ma stupidité, ou de l’épuisement, de la lassitude ou du désœuvrement.

Sortir de cette condition, ou plus exactement de cette dimension limitée de nos corps sombres. Sortir pour pénétrer l’esprit des fleurs, et leurs couleurs, s’approprier sa voix, et avoir l’intuition de la profondeur vivante, et l’épouser, comme si c’était une grande colonne qui m’élève.

Rien ne saurait être banal dans le réel des mondes. C’est soit grand et beau, soit malheureux et trompeur. Ou peut-être les deux à la fois, parce que depuis des temps immémoriaux nous sommes quelque part, déchirés puis recousus, livrés aux étoiles, broyés et soignés, devant passer par tous les états de l’être, totalement. La rose , les épines.

Le plus mauvais serait cet médiocrité peureuse qui nous empêche de vivre et nous abuse, ce qui a pour effet de ne pas nous relever de notre chute. Malgré les circonstances atténuantes et notre peu de faute.

On dirait que le hommes savent tout depuis le début, mais que nous esquivons les échéances parce qu’elles sont en vérité très lourdes à porter, comme des portes à franchir et des peaux dont il faudra bien se débarrasser puis recouvrer une autre.

En attendant cela nous chauffe sur les bords.

Ce qui ne laisse de m’étonner

C’est la culture du moyen orient, qui fut si brillante, et qui semble désormais comme tombée en ruine par tous les chocs qui l’accablent.  Supplantée par tout ce qui relève d’un matérialisme exacerbé, par la violence du monde moderne, par ces conceptions qui se veulent savantes mais au fond sont remplies d’ignorance et peu respectueuses de ces formes antiques, exceptées celles des grecs et de son héritage, par ailleurs assez mal compris. Les grecs ne sont pas ces fanatiques de la rationalité et de la dialectique pour la dialectique, ils avaient tous peu ou prou une base théiste, sans cependant vouloir tomber dans l’idolâtrie et la vénération soumise à des entités. Bref, la religion ne posait pas trop de problèmes, entre les peuples, chacun suivant la voie qui lui plaisait. Les divisions étaient ailleurs. Mais voilà, Rome est passée, a façonné notre mental, imposé ses règles, et ses travaux, dicté son ordre politique.qui a tout nivelé sur son passage. Nous en sommes les héritiers directs.

Quand on voit l’état du monde, de ses appétits, des contraintes qui pèsent sur le monde,  des effets sur les corps et les milieux naturels, on se demande pourquoi nous avons autant perdu, pris dans ces filets d’une modernité implacable, mais éloigné ou rompue du passé. Nous sommes pour beaucoup à l’état barbare.

Immergés dans cette soit-disant culture scientifique, alors qu’elle n’est que technologique. Très étrange comme sens

Réponse au soleil

En effet, tout ce que j’écris cache quelque chose, masque une vérité plus grande et que je ne saurais exprimer, mais dont bien entendu tout le monde est informé. Disons que c’est comme un secret de polichinelle qui, s’il était dit, perdrait toute sa substance. Cela trahirait le message et le messager spirituel.
Je m’interroge aussi sur la valeur des mots. Valeur n’est pas tout à fait exact. Disons teneur, ou contenu spirituel effectif. Mot comme vecteur d’une pensée effective, d’un souffle, d’une intention, et donc mot actif. Le mot n’est pas neutre. Il est animant. il ne peut pas être uniquement explication, ou description distante, il est toujours chargé en arrière plan. Comme l’image. Chaque image émet quelque chose.

Pour sûr un mot seul est comme une valise vide.

Bien, encore des mots…

Mais voyez, ces lettres peuvent peut-être dire quelque chose, je ne sais trop. Je crois que ce qui dit le plus, qui se rapproche le plus de la vérité, relève du vécu en situation, et en présence, les uns et les autres, dans cette proximité que nous pourrions avoir, et dès lors que nous n’interposons pas nos masques pour communiquer et que nous ne nous cachons pas. Que nous ne sommes pas dans une sorte de bavardage vide pour masquer notre vide, mais que nous sommes traversés par des souffles, et savons vivre.

Nous serions alors ressuscités, esprits vivants. Il n’y aurait plus de limites, et par conséquent nous n’aurions plus ce besoin de faire grossir nos biens matériels, ces pléthores d’objets, de consommation d’habits, de nouveautés, de recherches hors de prix qui enténèbrent nos existences, et de soifs de puissance.

Nous serions légers. Comme la terre vibre en phase avec le soleil, sans perdre son eau, comme un arbre reçoit ses rayons et ne cuit pas. Nous serions soulagés dans nos peines.

Bah, cela se dessine avec le temps qui vient. Chacun d’entre nous emprunte son chemin et s’y tient. Son instrument, sa feuille blanche, son style. Sa danse. P1060452

Vivre, n’être possédé par rien

Vivre est par dessus tout, plus grand que tout. Plus impératif. Le monde pourrait vivre, plus qu’il ne vit, si on élimine les aspects très négatifs qui nous accablent et contre lesquels nous nous heurtons. D’ailleurs, nombre d’entre nous vivent, et chantent, et œuvrent, ont encore cette capacité créatrice mais qui reste au niveau des spectacles, ou du mondain, diffusant malgré tout des lumières, et du bonheur. On vit pendant la trêve des vacances d’été, ou durant les quelques évasions permises, si on n’est pas dans la misère. Ce qui est loin d’être réglé. Mettons que nous puissions encore vivre, c’est à dire sentir que la vie est présente.

La vie est chose imperceptible qui nous aveugle. Elle se présente à nous selon nos perceptions, selon ses apparences, fugitive. Un reflet de lumière sur une carrosserie de métal, un jeu de miroir brisé, un rêve ou deux, elle se révèle. Vivre est un bain. Un bain collectif, universel. Banal de dire qu’il est d’Amour. D’amour libre. L’amour ne pouvant être que libre, or nous ne le sommes qu’à peine.

Ce qui serait le contraire de la joie. Non, cela ne vaut pas la peine. Il y a trop de maux et de souffrances finalement, trop de chocs et de maux, dans ce monde et partout, dans tous les mondes. Cela signifie que nous ne sommes pas délivrés. Serions-nous la proie des apparences ? Possédés dans ces jeux de reflets ? Croyant que ceux-ci sont réels alors qu’ils ne sont que le fruit de notre moment subjectif, relatif, et que nous prenons pour objet.

Ce n’est pas l’œil qui voit, c’est le contenu. C’est à dire la lumière qui passe et qui pense. Cette lumière spirituelle.

Tout ceci est fou. C’est à dire transcendant. Nous sommes attachés à ces apparences liées à notre corps, corps vaste, vaste comme l’univers, puisque nous existons du fait des univers, nous sommes enchaînés à lui et à tous ses éléments. Tous ces éléments sont aussi des formes apparentes, des formes reflets, et ne présentent pas l’être réel. Elles n’en sont qu’une représentation. 

Ce qui apparaît disparaît, après cet instant fulgurant où il a donné une image de son être. Qui est le sujet du Monde. Et où nous avons notre part qui relève de cette totalité.

Quel rapport ces mots avec le titre du billet ? Voyageur, nous goûtons à tout ce qui est bon, sans jamais nous laisser envoûter par quoique ce soit, par personne. Nous expérimentons la vie sous tous ses angles, sous toutes ses perspectives, comme on observe un cube sous toutes ses faces, et nous pénétrons un peu la pierre.

Évidemment celui qui n’est pris par rien semble bien fou. Il va dans tous les sens. Il est délivré. P1010701

 

Prendre les choses dans l’ordre

Tout d’abord, il y a, il ne peut y avoir que la vérité. Qui nous questionne et nous sidère. Au lieu de la vérité nous pourrions dire le choc de savoir que la vie est là, bien présente au beau milieu et que nous ne savons rien sur elle, nous en restons stupéfaits d’exister ainsi. Nous constatons l’évidente nuit, la douleur, la permanence du poids, la disparition, l’imbroglio du monde, la séparation, la violence et la douceur des désirs, nous mettant dans des situations inextricables. je ne parlerai pas des conditions actuelles. Là, c’est tellement paroxystique que c’en est infernal, et malheureux. Situations du monde insolubles, exactement comme si nous voulions résoudre une équation, en ignorant les données de base, les facteurs, les fonctions, sans avoir la moindre clef, sans avoir la moindre lumière originelle sur le début et sur la fin. Imagine, un voyageur qui ne sait pas où il va devoir se rendre et et d’où il part. Il se livrerait aux éléments, et serait jeté comme un fétu de paille dans un océan, livré au hasard, dans cet univers chaotique.
Il est probable que rien ne soit chaotique, mais que nous le sommes, dans notre méconnaissance, notre stupidité congénitale.
Certes, il y eût nos pères pour nous tenir la main le temps que nous devenions père à notre tour, c’est à dire responsable, acteur de nos jours et sachant où nous diriger, sur quoi nous fonder pour construire notre temps d’existence. Nos pères étant empreints d’erreurs et de fautes, inévitablement. Ce qui exprime donc la possible révolte des fils. Enfin, souhaitons-le. Cela serait la marque d’une évolution, ou d’une dégradation, qui aura ses effets.
Mais devrions-nous aller vers le pire pour comprendre de quoi est faite notre vie, et de quoi se compose notre vérité ?
La notre, parce que nous avons cet impérieux besoin d’être en accord avec notre vérité avant celle des autres. Et que nous n’avons que les autres pour nous montrer à quel point nous nous trompons. Là, il se dessine une chaîne existentielle, comme un orchestre avec lequel nous pouvons jouer nos partitions, mais selon un ordre qui nous précède. Très dommageable si nous pensons mal.
Bien, penser n’est pas ce que nous croyons. C’est avant tout entendre le bruit du monde, et le silence des Dieux oubliés que nous sommes. Nous nous trompons tellement que nous en tombons esclaves des faux dieux, des fausses entités qui règnent sur le monde. Certes, nous les contestons, nous leur faisons la guerre, c’est la moindre des choses, mais pour autant, faisons-nous vivre les bons ? La marge est étroite. nous n’avons plus beaucoup d’espace de liberté.
Si bien que nous sommes isolés et pauvres, sans pouvoir face aux forces destructrices qui pourraient nous emporter, qui auraient pu nous emporter si nous n’avions pas eu quelque bonne eau en chemin.P1070084
Le monde est rempli de vipères et de dragons, de loups et des rats, qui n’ont guère pitié, qui vivent selon leur loi brutale, incontestable.
Alors former vos chaînes, ouvrez vos portes à ceux qui (vous) aiment.
Le reste… est relatif.

Tout est différent

Plus rien n’est comme avant. La rupture est immense.

Avant, l’espace se parcourait selon les moyens de notre corps, selon la marche, les habitations se construisaient avec les pierres extraites sur place, bien évidemment, l’eau coulait des sources, les fruits se savouraient à leur saison, frugalement par force. Quand il faisait chaud on avait chaud, et froid s’il faisait froid. Existaient encore des ânes pour nous aider à transporter les blés, et des bœufs pour charroyer la chaux et la terre. Nous prenions le temps de construire des terrasses de pierre sèche afin de cultiver nos potagers et vergers si nous voulions survivre. Les villages étaient densément peuplés et chargés d’histoires et de nids d’hirondelles  accrochées aux poutres des granges. On se parlait on se connaissait, et même on se disputait ferme. Certes on souffrait.

Depuis, dans cette bousculade du monde qui roule sur les voies rapides à péages, et qui fait comme une saignée sur la terre, rasant les montagnes, enjambant les gorges profondes, nous sommes comme des atomes liquide d’un flux métallique et bruyant, anonymes et peu aimant, indifférent, étranger partout, avides de spectacles et d’exotismes, de rires sur mesure. Voyeurs étrangers méconnaissant la faune et la flore, les usages et leurs dangers, nous avons effectué une rupture catégorique avec la nature, remplacée par des relations humaines réellement superficielles ou contingentes, de commerce aimable.

Essayez donc de voir à quel point nous vivons déguisés, sous des masques. cloisonnés dans nos échanges qui n’ont plus rien de spontanés mais sont très policés.

Tout simplement nous nous mettons nus mais nus de corps, et non pas nus dans nos mots, dans notre théâtralité qui révélerait trop crûment notre fêlure et nos drames. Nos désirs et envies.

Faut avouer que le monde… Pour subsister est obligé d’être assez fermé, se protège en fait, ne peut dénuder son âme et sort ses crocs, parce qu’il y a tout un ordre qui le précède et qui le rend esclave. Alors chacun agit comme chien de garde. Plus ou moins. Ça, c’est sans gravité. Nous pouvons passer outre et vivre heureux, et joyeux, si nous sortons de nos murs complexes et de nos peurs. Si nos osons, tout en sachant où se trouvent les limites, la décence, la beauté et la bonté.

Non  vraiment nous avons tout pour rendre ce monde bienheureux, même si nous savons notre fin, et possible même que ce soit grâce à cette fin connue que nous devons vivre bien.

Que nous avons tellement de belles choses à penser et faire qu’il ne faut pas gâcher notre temps dans des actions rapides et précipitées hors de l’espace où nos corps se trouvent.

Voyez, même ces mots publics ne le sont pas, effectivement. Il n’y a de public que dans le charnel sensible, la présence dans le même champ vivant, ou la table.

Bref, la table n’est plus la même.

Omar

Omar c’est la grenouille du bassin. Il est dodu et frustré, prisonnier dans la mare de notre jardin clos. Avec ces chaleurs, celle de l’atmosphère, hein, pas les siennes, nous l’entendons fenêtre grande ouverte passer sa nuit à coasser, jusqu’à l’aube, à l’heure où quelques passereaux prennent le relais, ce qui nous fait un sommeil en pointillé très léger. Mais remarquez que si la première nuit nous plongea dans un drôle d’état, douloureux, il faut le reconnaître, du fait que son chant sacrément grinçant ne cesse de nous tenir en alerte, les nuits suivantes prennent une autre tournure, cela devient beau. nocturne, rassurant, présent. C’est toujours mieux que le silence pesant de toute son absence, ou que le vrombissement des machines qui explosent.