Propos d’ hauteur

Je vous le disais, les mots ne disent rien, ils n’ont pas de sens, ils sont dans le cercle, bouclé. Il faut en sortir. L’esprit n’est pas supérieur à la matière, ni inférieur, ils copulent dans l’être. Nous sommes déterminés dans l’un ou l’autre, pris dans l’un ou l’autre auquel nous devons obéir et servir, comme un mode opératoire, ce qui fait que nous sommes servis et avons des droits. Je sais, tout cela est très général et très vide, très approximatif. Humain, c’est à dire, en chemin. En mouvement de recouvrement de toutes choses, par la matière fusionnant avec l’esprit. Là nous retrouvons notre royaume de proche en proche. Tout se reconstitue en notre intérieur et en notre extérieur. Nous débutons notre sortie du cercle. Amorçons un mouvement vers le haut et vers le bas. Nous découvrons alors un ensemble de choix, et notre libre arbitre. Plus nous nous élevons, plus nous souffrons, dans le sens de supporter le monde, et cet ensemble de mort qui l’habite. De même plus nous évoluons dans notre quête, plus nous percevons les raisons et motifs du monde dans son inconscience, d’erreurs mêlées de vérités. Nous découvrons alors que tout est vrai, dans les profondeurs obscures de la matière, et lumineuses de l’esprit. Nous découvrons de même la somme de nos propres errements dans le monde. C’est par conséquent un processus de conscience vivante en nous qui s’effectue, une chaîne d’anneaux, par celui que nous tenons.
Celui-ci se brisera à son heure. Mais il aura fait son temps, et son office. Dans ce sens il ne saurait mourir parce qu’il n’est pas resté mort, inerte. Ce n’est tout de même pas sorcier de comprendre cela. Et voir en quoi cela sauve le monde.
La façon de parler compte pour beaucoup, le style, la métaphore, l’image, la forme, le ton imprègnent le sens de signifiance. Et d’émotions, au sein de toutes les sphères étendues en tous sens. L’univers étant composé de nombreuses sphères superposées, et distinctes les unes des autres, comme les étages d’un immeuble. Distinctes mais communicantes, et se soutenant respectivement. Tout cela est su.

C’est hiérarchique, mais non dominateur. Le lion ne domine pas la fourmi. La reine ne domine pas les abeilles de la ruche, c’est un tout harmonieux. Humainement c’est chaotique et inversé, ce sont les plus bas qui dominent, il y a inversion ou subversion du Jeu. Par conséquent ce ne sont pas les gens qu’il faudrait renverser mais bel et bien le Jeu. Afin que chacun retrouve le sien. De la même façon que celui qui gouverne, en premier lieu doit obéir. Et savoir à quelle « hauteur » il doit le faire.

Silence de mort

Qu’y a-t-il ? Que se passe-t-il ? La matière qui est Tout, l’esprit qui également est Tout, et entre les deux des mots, du langage qui n’est rien, ne dit rien, comme une lame – lame orale de la morale – séparant et unissant tout tant bien que mal. et faisant en sorte dans son silence que tout parle, par la matière ou par l’esprit, ou par les deux, parlent les deux. Cela dit que les nombres ne disent rien tellement ils sont fantomatiques. Songez qu’entre Un et Zéro, il y a l’infini. De même que si nous divisons l’Un à l’infini, il reste l’un.

Tout cela n’aurait pas trop d’importance si nous arrivions à retrouver notre lame propre et qu’elle s’accorde avec la principale, universelle nous soutenant à la fois dans la matière, et dans l’esprit. Que notre conscience propre donc, ou l’image que nous en avons, ce mélange heureux et malheureux, du noir et du blanc, rouge aussi, sang rouge et sang bleu, se construise, se crée,  par le plus et par le moins, par le haut et par le bas, en évitant de tomber dans le piège atroce du brouhaha, et des sifflements de serpent nous égarant, nous rendant à proprement dit fou.

Impensable de se rendre au sommet si la base est fausse, impossible sans un guide de haute montagne, en principe censé ne pas nous égarer sur le chemin. De même nous n’arriverons pas chargés de trop d’impuretés, de trop de poids morts dans notre esprit ou dans nos corps. D’où la nécessité d’un langage clair, d’une parole juste, en accord avec les actes, d’une amélioration de nos pensées, sentiments, et liens de toutes sortes qui fondent le sommet de la montagne, au lieu de ces montagnes de morts. et de bruits.

Cela dit aussi cette petite chose simple : tout le monde doit savoir, nul n’a à être tenu dans l’ignorance, il n’y a pas une science séparée de l’homme, dans le sens où il s’agit de sa conscience qui sait et progresse vers Le Tout, vivant.  Bien entendu ceci ne se fait pas n’importe comment, dans la confusion, le mélange des genres, ou des espèces, l’injuste puisque le Tout est Juste et ne sait être que cela. C’est mathématique… Seule la conscience est inclusive dans le Tout, incluant tout, n’excluant rien*.

*sauf exceptions

Une montagne de silence

Quel sac d’embrouille ! Quel mélange fumeux ! Quand on songe qu’il est si difficile de simplement survivre et que certains parmi nous s’échinent à troubler le jeu en donnant l’impression de clarifier les choses, alors qu’ils savent pertinemment qu’ils ne font que cacher leur jeu et leurs intentions, qu’ils n’emploient en fin de compte que des ruses grossières pour se maintenir et accroître leur position dans cette lutte globale. Pour les gens les moins bien informés cela devient incompréhensible et déroutant. Ainsi tout n’est qu’affaire de mots. Ceux-ci recouvrent tout d’un voile épais. Certains philosophes pourtant essayèrent de décrypter les choses et leurs textes sont chargés de vérités. De même les scientifiques tentent de donner des explications de ce qu’ils découvrent et observent,  malgré cela, on reste dans le noir profond.

Cela tient au fait que chacune des sphères savantes et instruites inclut des éléments perturbateurs, et des faussaires. En plus du fait indubitable que la vérité ne pouvant être qu’entière il demeure une part plus ou moins consciente et volontaire d’ignorance qui s’immisce dans les discours. Tout le monde est d’accord pour attribuer à l’unité l’intégralité du vrai, sans altération possible. Tout en sachant très bien que cette unité emprunte une infinité de formes, disons de masques. À cela il y a une raison. C’est comme une fresque qui se révèle par touches successives, qui ne peut pratiquement pas se montrer en un seul moment, sans nous écraser. Pourtant nous avons besoin de cette unité des choses et des mots. Il s’ensuit que chacun se fait son idée sur les choses et s’y tient. Ce qui permet de vivre et d’avancer sur la voie choisie. l’un est non nommable, et en dépit de cela on garde son mot, ou son nom comme tenant lieu de vérité. Pour untel c’est de l’information, ou de la matière, dieu, ou de l’esprit, mais tout cela apparaît comme un fantôme, aussi bien pour le physicien que pour un pur spiritualiste. Pour certains tout est relatif, pour d’autres tout est absolu. Mais pour les deux, leur vérité est absolue. Absolue dans le tout ou dans le néant, absolue dans le relatif ou dans l’absolu.

La seule chose sur la quelle le monde s’entend, c’est dans la défense de ses mots, de leur sens et définition, comme la seule base valide. Et sans laquelle chacun se sent effondré s’il arrivait une perte d’intelligibilité ou impossibilité de se comprendre soi-même dans ses définitions.

C’est de la que procèdent les embrouilles, quand les mots font barrage à la lumière et à son passage. Et c’est là que nous sommes tenus par ces esprits qui se croient très malins. Il suffit de peu pour troubler l’ordre et l’harmonie, la voie ouverte et la liberté du monde.

Tout discours ou énoncé pouvant être retourné en son contraire, toute vérité en fausseté.

Alors que peut-il rester dans ces conditions ? Renverser tout ce qui est faux. Là, c’est une montagne de silences qui s’impose.

La conscience infuse ( post-scriptum)

C’est pour cela qu’il n’y a au fond de savoir que cela, que c’est le fond de la science sans laquelle nous sommes dans l’ignorance, ce qui revient à la science en conscience, au lieu de la science inconsciente. C’est une progression, positive si on veut.

Me direz vous, que devient la croyance dans ce cas ? bien peu de choses en vérité, si ce n’est la foi, la confiance, et une certaine forme de sérénité parce que les maux diminuent en intensité.

La conscience infuse

Essayons de démêler le bien du mal…

Il faut savoir ce qu’est le bien et ce qu’est le mal, exactement. Tout comme on sait ce qu’est le noir et ce qu’est le blanc. Les deux sont tranchés sans mélange possible. Ce qui est dans la zone grise, à la rigueur n’a pas tellement d’intérêt, sauf celui de nous perturber et nous rendre confus. Ce gris relève du pire, il nous empêche de voir et distinguer nettement le noir et le blanc. Dans le noir il n’y a pas de nuances de noirs, tout est noir. Il y a une unité de même dans le blanc. Le noir porte sa coloration propre, si on veut. Et effectue son œuvre, comme on dit l’œuvre au noir. Il porte son énergie, et sa fonction nécessaire. Sa matière. Cette matière ayant son esprit uni en elle-même. De même dans le blanc, cette lumière blanche est pleine d’elle-même.

Bon, mais nous, inévitablement sommes des deux, mélangés. Et également nous effectuons sans cesse cette opération de séparation, nous imposant un choix. Et de ce fait cela nous oriente vers l’un ou vers l’autre dans un mouvement de balance. Tout cela ne relève que du monde. Ce n’est pas l’autre monde, ce n’est pas l’au-delà. Ce qui est au-delà de ce monde, transcende les deux. Fusionne les deux en toute connaissance. À accompli aussi bien l’un que l’autre. Accompli ou compris, n’a pas rejeté la matière noire ni la blanche, la lumière noire ou la blanche.

Au cours de notre existence terrestre, nous sommes bel et bien pris dans le gris, tels des démons prisonniers de maux qui nous échappent, de maux que nous générons sans savoir toujours ce que nous faisons, de même que nous avons également du bien, et faisons bien. C’est mélangé. Nous ne pouvons pas éliminer l’un sans éliminer l’autre. De même nous ne pouvons pas faire du bien sans faire du mal, et vice versa. Sauf si nous savons exactement le mal que nous faisons. Or si nous le savions de façon exacte nous n’aurions plus besoin d’exister ici. Nous serions unis de façon absolue en nous-mêmes, et en pleine possession des deux énergies, si on peut dire. Ce n’est ce qui se passe, nous passons notre temps d’existence basculant de l’un à l’autre. Parfois en sachant, parfois en ignorant.

Savoir le mal, c’est le souffrir. Humainement c’est insupportable sans dimension d’ordre divin. Insupportable nous en mourons. Sans cependant savoir le bien.

Savoir le bien sans savoir le mal, c’est une ignorance, c’est un mal qui se croit dans un bien. Et qui ouvre toutes les possibilités des maux sur la terre.

Une fois qu’on a compris ceci, on perçoit ou saisit ce qu’est le bien « absolu », c’est Celui qui détient ou agit ou n’agit qu’en connaissance des deux. Tout en étant uni en lui-même. Bien entendu celui-ci n’est plus de ce monde, ce qui est assez facile à comprendre. On ne va tout de même pas dire que ce monde est parfait, ni même perfectible. Il est éphémère, temporel, comme une demeure provisoire, il ne serait pas du tout bon de s’y éterniser. Nous n’aurions aucun sens si notre existence devait de prolonger indéfiniment ici bas, de même s’il n’y avait rien au-delà de celle-ci.

Mais puisque nous y demeurons, en ayant une sorte d’unité, véritablement une unité existentielle, de notre naissance à notre mort, celle-ci à son rôle et sa fonction. Au sein de cette unité provisoire et relative, nous commençons à voir, ou non, l’unité plus vaste qui nous emporte. Sans nous dissoudre, sans nous perdre. Nous sommes comme du sucre qui se fond dans la tasse, et ne disparaît pas. Un sucre conscient qui se diffuse. Ou infuse ?

Dans un sens le mal est irréductible. Même pour les dieux il demeure une part négative dont ils ne sont pas acteurs, mais spectateurs non passifs, des maux du monde, ils ont leur part de souffrance, qui les pousse à toujours aller plus loin, même délivrés. Cette dualité est inhérente à l’unité ultime de toutes choses et êtres.

Nous d’ici, pouvons encore moins décréter la nullité du mal pour affirmer l’unité du bien en dernier recours ou espérance. Non, nous n‘avons d’autre choix que d’éprouver les deux en toute conscience, et évoluer vers le meilleur.

Ainsi le pire, le gris s’anéantit.

Est-ce explicite ?

Signe des Temps Serpent poison

Que vous le vouliez ou non, que vous le croyiez ou non, le système est mort. Il n’y a plus rien à faire, ni à changer. C’est un moribond pétrifié dans ses concepts, cadres, institutions, carcans législatifs, économies, monnaies, immeubles, navires usines, machines destructrices et consommatrices du vivant, ne restituant pas à la terre de quoi la nourrir, et en retour de quoi nous nourrir sainement, toutes les boucles étant closes. C’est comme ces plastiques qui empoisonnent les rivières et les océans, comme ces molécules impossibles à métaboliser par nos corps. Bref, la terre est saturée de cadavres qui ne peuvent se décomposer et retourner dans le cycle du vivant. Tout ça pour avoir voulu détenir les institutions plutôt que sauver les gens, les milieux fertiles, la vie sauvage.
La seule chance qui nous reste est de se sauver en se protégeant les uns et les autres au sein d’ensembles recomposés et confiants, indépendamment de nos croyances, de nos opinions, de nos idées et de nos mots. Une certaine forme de survivaliste qui n’a rien à voir avec celle qu’on aperçoit et qui n’est qu’une paranoïa armée et repliée sur son microcosme. Ces survivalistes accentuent le ravage en essayant d’épargner, mais ce sera en vain. Il faut peut-être survivre mais collectivement. C’est toute la question de la communauté. Ce qui n’oblige nullement à la promiscuité. Il va falloir aller à la pêche aux informations, et que celles-ci se diffusent sans être perturbées par des éléments troublants, obscurs, douteux, pernicieux, vicieux. Parce que si vous réfléchissez deux secondes, vous voyez que plus rien n’est compréhensible ni raisonnable, mais ne demeurent que des carcans moraux, et des frayeurs disloquant le tissu qui nous compose. On mélange tout, c’est devenu une infection. Psycho rigidité des politiciens, des syndicats, des marchés, et même des mœurs.
Par exemple, le réchauffement climatique n’est pas la pire catastrophe, mais bel et bien l’industrie, la monstruosité des propriétés, des brevets et des lois. Qui semblent incapables d’endiguer la disparition des êtres vivants dans leur immense diversité. On tend vers un appauvrissement global tragique. Les nantis pensent pouvoir échapper à tout ça, avec des réserves biologiques, mais cela ne peut aller très loin si partout ailleurs c’est en ruine, même si les choses fonctionnent avec des robots, ou des hommes absolument soumis et inconscients. Les machines ne sont pas pérennes. Ce sont des boulets. Cela nous cloue, nous plombe et nous empêche de grimper en évolution. Sauf si nous mettons en commun ces outils, matériels et immatériels. En vue de quelque chose de supérieur, appartenant à tous. Comprise de tous. Et non pas crue sans savoir.
À cette condition là uniquement nous gagnerons en liberté. Nous verrons dans ce cas que notre existence individuelle soutient celle du collectif, et réciproquement. Alors que ce que nous vivons depuis des temps immémoriaux, c’est strictement l’inverse : Notre existence individuelle soutien celle d’une poignée d’individus qui imposent un ordre et une mort à tout l’ensemble, au monde entier devenu impuissant. Les vœux pieux des hypocrites qui font semblant de vouloir la paix ne sont que les instruments vicieux des guerres. Et des terribles désertifications de l’histoire dans un processus inexorable de séparation, fermeture, d’enfermement des hommes et des bêtes, et de coupures dans le cycle vertueux des informations, des échanges à tous les niveaux.
Alors demandez-vous ce qu’il est possible de faire pour éviter le pire. Le pire c’est ce qu’on nous fait croire sous couvert de Science. Cela revient à priver le vivant de sa connaissance et de sa vie, c’est à dire de sa lumière intérieure, comme un flux continu entre toutes les échelles vivantes, et où chacun trouve de quoi subvenir à ses besoins et à ceux des autres. C’est simplement une question d’harmonie – plus que de cohérence – et de fruits. Le système cohérent dans les énoncés des hommes sont forcément incomplets, même s’ils s’imposent et font force de lois. Le Titanic est cohérent, une centrale nucléaire aussi. Les pouvoirs d’état sont cohérents aussi dans leur institutions et leurs programmes, mais sont fermés sur eux-mêmes, d’où l’impasse qu’il engendrent.

Selon notre modification du regard, de notre compréhension des choses, nous n’avons plus à obéir aux machines et aux systèmes, mais ceux ci nous obéissent et nous servent. Nous n’avons plus besoin d’investir dans des objets inutiles allant sur Mars, ou dirigeant des bagnoles. Pourquoi ne prendrions-nous de l’ Intelligence absolue de la Nature que cette partie qui nous tue ? comme un Serpent poison.

 

 

Fou

Il y a quelque chose d’absolument fou dans l’existence de l’homme et de la vie sur terre, ce n’est pas banal du tout, le fruit d’un accident ou d’un choc entre des atomes ou des astres égarés, malgré ces apparences de chaos et tempêtes imprévisibles, ces mouvements qui brassent les éléments et fabriquent ces mondes visibles nous questionnant. Réduire l’existence, d’un virus ou d’un mammouth, d’une rivière ou d’un océan, d’un volcan, à son objet, c’est l’anéantir, en éliminant tout ce qui précède et l’enveloppe, toutes les motivations, les raisons mêmes de ces manifestations. En quelque sorte ces objets sont vides, sans une pensée qui les précède, et qui fait office de liens entre tout. Tout est vide sans cette dimension de la pensée ou de l’esprit, peu importe comment on le nomme. Pire dès lors qu’on s’échine à fabriquer de l’homme ou de la vie hors de la nature, en fonction de données ou de paramètres techniques, vide ou mort comme ces montagnes d’objets qui viennent souiller les rives et dont on ne sait plus quoi faire.
C’est pourtant très signifiant, ces monceaux d’ordures. C’est annonciateur d’un suicide de la raison, et de la conscience, des motifs vivants pour lesquels les hommes luttèrent comme luttent toutes les formes vivantes chacune selon leur vie. On perd tout dans le contexte mental actuel prétentieux. En enfermant l’existence dans un corps, même un corps universel, en assimilant le corps et l’esprit.
La pensée inverse n’est guère mieux. C’est à dire de penser ou croire que tout ne serait que spirituel sans support matériel, sans ces manifestations ou ces apparitions, ce phénoménal des choses. Pensez donc, depuis le temps que dans les formes, animales ou autres, les pierres mêmes, pourquoi pas, il se déroule ces événements si extraordinaires, ces développements des émotions les plus invraisemblables, du rire aux larmes, des joies et des douleurs, des découvertes et des mémoires, tout cela présent mêmes sans les hommes et aussi avec eux, tout cela se ferait sans nous, une fois disparus ? Nous ne serions qu’un jouet de l’univers, un couloir vide et sans intérêt, sauf cette apparence des moments immédiats mais sans plus. Dans ces conditions, que nous existions ou non, cela ne change strictement rien.
Or non, ce n’est pas ainsi, tout ce que nous disons, faisons, pensons, comme nous aimons cela modifie totalement le cours de l’univers et le notre par conséquent, il s’est passé quelque chose avant que nous venions vivre sur terre. Quelque chose d’absolument fou.

Et qui mérite une meilleure attention que celle qu’on jette dessus, avec prétention. Nous accordons tellement d’importance à des choses dérisoires…

Microbe

D’où puis-je parler si ce n’est de moi ? d’un moi retiré, abstrait, distant, hors de ce monde, sans importance dans ce monde. Ne parlant pas de moi, ne mettant pas en avant ce qui est derrière le voile épais des choses, toutes ces choses qui existent pour que nous soyons, qui peuvent nous blesser, jusqu’à ce que nous entendions et voyions de quel sujet il s’agit, ce que nous avons à faire pour que cela soit bon. Il y a un motif à l’existence, un seul, consistant à accomplir ce que nous sommes réellement, en empruntant de nombreuses voies différentes qui se recoupent peut-être. Des erreurs aussi, que l’on corrige ou répète pour en comprendre le signe. Nous ne pourrons sortir d’ici en persistant dans ce qui est mauvais et qui nous mine. Nous sortirons d’ici une fois que nous aurons réalisé de quel bien il s’agit. Intériorisé ce bien. Vivant consubstantiellement avec lui. Étant bien et sans illusion. Quand celles-ci tombent, nous nous retrouvons.

Pensez donc que nous pourrions n’être qu’une sorte de microbe en proie à des problèmes de générations et de survie, des questions de ressources et d’alimentation, de niches et d’abris pour ne pas geler ou cuire au soleil, des histoires de locomotions, de dépenses de carburant pour nous mouvoir, de comptes à dormir debout, de bijoux et de métaux à exhiber afin de séduire le monde microscopique, enfin, non, il reste quelque espoir dans cette capacité à prolonger le regard vers l’infini, ce qui en vérité peut nous faire grandir jusqu’à atteindre notre dimension effective. Plus raisonnable, c’est à dire ayant un peu de sens. En rapport avec notre psychisme. Mais il y a des murs à faire tomber, des pièges et des carcans oppressifs nous retenant et nous effrayant, nous paralysant dans un silence de glace. Monstrueuse nuit de l’univers sans le moi. Nous sommes tous concernés par cette première personne, une et multiple. Sans elle, nos œuvres sont vaines et vides, elles ne sauraient se suffire à elles-mêmes, elles seraient insensées, absurdes, dérisoires. Enfermées dans cette bulle terrestre égarée.

De la boue lumineuse

Le présent n’existe qu’en fonction du passé et du futur qui le créent, qui lui donnent cette illusion d’être présent. C’est pourquoi du temps on ne sait rien, on ne peut rien dire, on ne peut le poser comme un facteur dans une topologie, dans un repère mathématique, sans prendre en compte le sujet percepteur du présent. Ce n’est pas nouveau, le présent est avant tout subjectif. Non, ce n’est pas tout à fait ça non plus. Le présent qu’on se représente est fonction de la psyché de celui qui perçoit, or on ne sait pas non plus ce qu’est notre psyché, sa réalité intrinsèque ou non. Le sujet pensant est constamment remis en cause en fonction de toutes les psychés environnantes, à toutes ses échelles existantes, selon les espaces. Définir l’espace relève de l’impossible dans la mesure où le psychisme est enfermé dans un seul espace, comme dans l’image ou la représentation d’un espace présent. Ce n’est pas dans les formules mathématiques ou géométriques qu’on va rencontrer de l’espace. Celui-ci gît dans les tréfonds de notre esprit. Espace et Temps sont fondés, mais ils sont indécidables à partir du relatif de notre temps et de notre espace, qui sont clos dans un seul présent. Celui-ci se dirige-t-il vers un Présent plus grand ? Cela impose une transformation de ce que nous pensons, imaginons, ou même rêvons, de nos actes également. Des liens qui se nouent ou se dénouent dans nos relations, et qui ont des effets considérables dans notre perception de nous-mêmes, qui autorisent ou non l’évolution de ce que nous sommes, ou vers ce que nous sommes dans des moments supérieurs, ou inférieurs, c’est selon. Tout ce que nous savons ou croyons savoir, tous ces énoncés savants ne relèvent que des apparences. Nous les nommons, croyant en conséquences en saisir le réel de même qu’en les numérisant, en en dénombrant la suite logique. La science, même celle dite dure, n’est qu’une science toute relative et non transcendante. Elle est capable de faire n’importe quoi, de produire du chaos dans le monde et de ruiner les efforts du vivant.

Ce n’est pas avec la seule intelligence qu’on peut évoluer positivement. On resterait prisonnier de la boue des apparences, dans le fond plus ou moins mort. Même l’intelligence de la nature ne suffit pas pour cette évolution, elle ne peut transgresser ses lois données, elle ne peut que réagir à ce qui l’agresse, ayant un instinct de survie, ne pouvant se diriger vers son anéantissement, c’est inscrit dans ses lois, sa chair, son corps. Automatiquement ou comme une mécanique implacable. Dans ce sens elle élimine tout ce qui l’entrave dans son existence. Humains compris. Surtout si ces formes ne sont que productrices de la boue de la pire espèce. Sans rien qui vient relever les habitants naturels et les milieux en harmonie.

Bon, se pose alors la question de la boue, ou du mal. De ce qui est au fond. Ce serait espace et temps sans psyché. Sans être. Sans lumière ? Ce serait la lumière qui fonde espace et temps. Quelle inversion…
La Lumière serait Mère. Matrice du réel. Accouchant de qui ou de quoi ?

La boue, le mal ne serait que de prendre la place de la Lumière pure dans les tréfonds, y poser notre psyché relative et destructrice par ignorance, modifiant de façon incongrue et déplacée l’ordre antérieur sur lequel se fondent toutes les psychés des univers. Ce qu’on peut sans crainte formuler par ceci, usurper la place de Dieu, ou à la limite celles des dieux.
Chose que ceux-ci dans leur science ou instinct de survie ne peuvent en aucun cas laisser passer.

Maintenant de tout ceci, faites en ce que vous voulez, ce ne sont après tout que des mots de boue, très relatif, donc.