Juger l’arbre à ses fruits

D’abord que sont les fruits ? Est-ce l’enfant, la mère ou le père, leur bonheur et leur lumière, le sourire qu’ils portent ou les souffrances, la vie heureuse ou malheureuse ? Ne serait-ce pas une promesse de continuité sereine ? quelque chose comme la certitude de tenir sa vie vers quelque dimension positive ?

Les conditions présentes de notre existence sont douteuses. Il y a du bien, sans aucun doute, du joyeux, mais dans la balance des faits, combien ? Que se passe-t-il exactement sur cette terre en proie à des accouchements difficiles et des génocides, des exterminations massives ?

Si la généalogie humaine est telle dans son déroulement qu’on nous la décrit, les milliers d’années du passé sont définitivement morts. Nous ne pourrons plus revivre ces périodes où nous étions chasseurs-cueilleurs, évoluant au sein de petites communautés tranquilles qui vivaient au rythme de la nature providentielle.

Nous avons construit des murs des citadelles des hiérarchies, des contraintes effarantes, tout est mis sous condition. Eau  air feu conditionnés, plantes sous cloche, copulation artificielle, parole incluse dans les électrons, etc. Où est le clan, la tribu, la famille dans ce monde agité de mouvements perpétuels ? Où est la contemplation qui donne accès au cœur de la Terre , de son esprit vivant qui est comme une énergie et est un amour ? D’ailleurs la contemplation n’est pas passive, elle est dans l’acte. L’acteur, le créateur, le facteur voyageur observateur agit et contemple l’œuvre sous ses mains, contemple la matière qui se transforme et il se transforme dans la matière. Ceci est très net chez le peuples premiers, même si cela ne nous parait pas évident.

Mais dans notre monde qui se croit supérieur, qui bâtit des tours comme des montagnes en sacrifiant l’existence des petites mains pour ces plans déments, en divisant à l’extrême le temps, le travail, les sexes, les âges,  en enfermant tout le monde dans des schémas, des croyances et des superstitions savantes puissamment destructrices, sans parler des poisons qui lentement mais surement éradiquent la vie sur terre. Ne nous laissant plus que des espaces complètement aseptisés d’un côté et complètement malades de l’autre par les déséquilibres engendrés dans ces milieux artificiels. On dirait que c’est l’œuvre de savants fous, de dictateurs aussi fous, mais en fait il s’agit tout simplement de l’Homme égaré.

Qui sous ces conditions s’avère n’être qu’un pauvre démon collectif buté. Fermé donc. Obscur et chaotique. Générateur de sa propre souffrance dans celles qu’il inflige en essayant de repousser sa faute ou sa carence,  sur des boucs émissaires.

On apprend chaque jour des informations dramatiques. Que voulez vous, c’est ainsi. Que de génocides des peuples premiers ! Ceci, depuis que nous étions lecteurs des Calypso de Cousteau nous en étions informés mais sans plus. Nous savions ce qui se passait au niveau des mers, baleines, etc. Mais nous ignorions plus ou moins le travail d’autres voyageurs ethnologues ou associatifs, nous méconnaissions tous ces crimes.

Désormais le monde sait ? La planète est un ghetto.

Quel arbre a donné ce fruit ? Quel fruit pourri a laissé pousser cet arbre ?

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