légère méditation

Ce matin, je regarde une vidéo sur l’archéologie, à propos d’un site très ancien et énigmatique. Elle n’est pas trop bonne, mais ce n’est pas la question. Ce qui m’interroge, c’est plutôt le phénomène assez général de toutes ces choses étranges que nous rencontrons et qui restent sans réponse.

Imaginons qu’il n’y eût rien eu, que des objets de la vie courante, ordinaire, banale, pour se nourrir, se vêtir, boire et s’abriter, comme des animaux ayant des outils simplement pour répondre à des besoins corporels. Rien pour nous pousser à une quelconque métaphysique, comme si la terre où nous sommes n’avait que son ou sa physique à nous proposer. Ce serait une boue génératrice, productrice par accidents successifs, de formes destinées à retourner à l’état de boue ou de poussière, sans plus. Nous serions uniquement confrontés à organiser nos moyens de subsistance et de jouissance durant la période très brève de notre vie. De nos vies, comme des animaux grégaires. Ce qui est loin d’être faux. Nous existons par ceux du passé et existerons par nos descendants.

Cependant, nous demeurons dans cette sphère terrestre, coupée du reste de l’univers, que nous pouvons imaginer plus grand que nous, et pourquoi pas infini. Pourquoi serions-nous seuls sur cet îlot, ce minuscule endroit du cosmos ?  Comme si nous étions nés de la terre et n’avions celle-ci uniquement comme tombe.

Rien d’autre. Or voilà, depuis des temps immémoriaux, nous avons rencontré des objets étranges, comme si ceux-ci nous poussaient à nous questionner sur des plans d’existence supérieurs, des intelligences supérieures, mais qui semblent toujours se dérober à notre regard. Comme si nous devions par nous-mêmes chercher, penser et découvrir, agir et créer. Dans ce sens, on peut dire que le fait ou le processus scientifique est largement entamé, que les hommes ont demandé à savoir. On retrouve une similitude ici avec les comportements de nos contemporains. Ceux qui savent quelque chose ne peuvent pas rendre à ceux qui ignorent. On ne découvre qu’en fonction de ses propres efforts et questions, sinon, cela ne nous sert à rien. Comme une nourriture, mangée par un autre, ne nous fait pas grandir. C’est bête, n’est-ce pas ?

Bon, comme cette soif ou curiosité ne parait pas spontanée, il faut bien quelque trucs et astuces pour la susciter, comme le désir. Est-il plus important de se poser des questions que d’obtenir des réponses ? je crois les deux, parce que si nous butons sans cesse sur les réponses, si rien ne se présente, forcément nous renoncerions et serions pris de désespoir, nous laissant aller à la lente désagrégation de nos corps, en abusant des drogues et autre dormitifs pour oublier.

Tiens, l’oubli, la mémoire se présentent dans notre réflexion. sacrée Mnémosyne. J’avais trouvé très indigeste le livre de Bergson  » Matière et mémoire ». mais il est écrit que la mémoire déborde du cerveau.

Et nous, notre mémoire déborde -t-elle de la terre ? Est-ce que le cloud la déborde ? je ne crois pas, nous n’avons jamais fait qu’enregistrer des informations très terre à terre. Précises et précieuses cependant. Surtout si tout ce qu’il contient autorise les hommes à fonder leur évolution et frapper à la porte.

 

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C’est pas d’la littérature

C’est pas d’la littérature
Voir dans quel état lamentable se trouve la nature
les poussins qu’on jette
comme des feuilles mortes
les cochons dans des camions
l’air gavé de poisons
et les arbres qui désespèrent
attaqués partout de chenilles
de papillons qui les ravagent
la nature elle-même la sauvage
se meurt épuisée
abandonnée.

Ce moment des hommes, parce que cet état là n’est dû qu’aux hommes,
c’est le signe de leurs funérailles
la terre comme un cimetière en friche où ne poussent que des plantes indignes
des lierres et lianes écrasant les chênes
des champignons absents
des châtaignes malingres et rongées de vers
des chenilles en procession devant les hommes
ivres et qui n’osent plus vivre vraiment
mais se mentent, se vêtent de nylons
issus des ventres chimiques
et mangent des plastiques
au lieu des bonbons.

Monde laid monde inculte
pour la raison simple
que la nature est la première culture
l’unique objet à connaître
vaste et miraculeuse
exception dans cet espace retiré
coupé des dieux comme un cordon ombilical
dont ne subsiste qu’une mémoire faible et endormie
une flamme à ressusciter sans cesse
en lui rendant un culte
sans adorer son cul
de sac où tu meurs.

Bon voilà,
c’est pas d’la littérature
ces terres couvertes de daturas
et ces datas
qui mettent nos os en boite
comme si nous étions des rats

C’est quoi cette machine de guerre ?

Cela ressemble à une sale machination contre la vie, un couteau qui tranche la terre, la broie et cloisonne, pétrifie, concentre, mélange, sépare, empoisonne. Fabrique. secrète des montagnes d’objets consommables, détritus recyclables, métalliques, bétons pulvérisés, verres, les hommes en bavent pour franchir les péages, payer les dîmes, user leurs sangs dans les usines, dans leurs véhicules insensés, sur les mers devenues poubelles, dans les forêts atteintes de tous les maux visibles désormais, buis mourants, oliviers, châtaigniers, tous affectés de déséquilibres, touchés par les parasites issu de ces maux.

Il reste probablement un peu de sagesse parmi nous, certains hommes qui ont compris le jeu démoniaque de la machine, et refusent d’y participer, du moins dans le sens dicté et sinistre de la prod cross.

Bien compliqué pour s’extraire de ces valeurs infectes marchandes et prostituées du chaud biz où  le monde succombe envoûté par le désir, force naturelle, puissance attractive, nécessaire, mais qui est tout de même comme un tonneau des danaïdes ne remplissant rien ne vidant rien, ne faisant que reporter nos existences dans des lieux de souffrance, et de solitudes malades.

Oh, quand on est jeune, les choses paraissent éternelles, on croit qu’on a le temps et qu’on profite de la situation, mais très vite on est repris par l’usure.

Il n’y a plus qu’à souhaiter une chose, c’est de ne pas demeurer tout seul, isolé, retenu prisonnier de cette machine qui ne te cède rien et ne souhaite que ta mort, sans te rendre la vie. Eh, le diable fait son boulot impeccable, que croyez vous ? Il n’est pas là, pour vous donner la vie, ni dieu, ni la vérité, ou le savoir, il est là, il est dans son rôle comme dans sa forteresse.

Alors qu’y a t’il pour nous, nous délivrer et adoucir nos peines, rendre nos tâches saines, et notre temps joyeux, ouvrir la voie et faire en sorte que nous évoluions en conscience ?

la Machine globale artificielle ne peut rien pour nous sans messager de Lumière. Pas plus que la Nature qui est une machine globale naturelle.  La différence entre les deux formes, c’est que la nature est née des dieux et conçue pour nous enseigner la vie et que cette machine citadine, née des cités et des cartons à desseins est faite pour une finalité obscure. L’une est lumineuse comme les chants des oiseaux au printemps, l’autre résonne comme fracas des enfers  malheureux des tauliers. Frustration, drogue, assassinats, guerres et armements, que de cadavres dans ce monde nés de la conscience folle inhumaine. Malgré l’appareil à séduire qui passe par tous ces écrans en plasma.

Bref, le Serpent… *

 

*la majuscule s’impose pour signifier qu’il est brillant quand même ce bougre d’animal machine

Quel monde demain ?

Comment avons-nous pu accepter cette destruction des milieux naturels qui s’annonce comme irréversible, remplacés par des séries d’artefacts qui prétendent faire aussi bien et même mieux que les êtres naturellement offerts ? On a laissé s’implanter des monstres. Quasiment partout. Des navires qui engloutissent des masses incroyables de carburant, des fusées titanesques idem et même plus pour échapper à la pesanteur -soit dit en passant une force strictement naturelle- , des centrales nucléaires qui concentrent des sommes faramineuses de radioactivité, des éoliennes monstres métalliques sur des socles de béton, gourmandes en huile, des millions d’automobiles, qui ne se construisent pas comme poussent des champignons ou ne se reproduisent pas comme des sauterelles ou des asticots, qui sont par conséquent stériles.

La liste est longue.  J’abrège.

Avant, nous mettions un coq et quelques poules dans la basse-cour, un bouc et des chèvres, etc. cela marchait à peu près seul sans trop d’efforts. ils nous rendaient même des intrants pour fertiliser le blé, le lin, le chanvre dont nous pouvions tirer profit vêtements, pain, paille et foin, toit de chaume. bien sûr nos existences étaient ralenties, peut-être monotones et nous étions esclaves dans cet espace restreint.

Mais cela n’empêche que partout nous pouvions entendre  muses et cornemuses, bombardes et danses costumées. contes et rêves. C’est sûr ce n’était pas mieux non plus sous certains aspects, superstitions, oppressions des familles, et des religions, omnipotences des seigneurs et des potentats locaux qui décidaient de la vie des gens et de leurs amours , en abusant des droits que la force leur octroyait. Monde de brutes sanguinaires, monde de loups mauvais. 

Décidément, rien n’a changé, sauf que désormais l’espace terrestre s’est rétréci et que tout est sous contrôle, tout est numérisé, fiché, compté. même si ceux qui prétendent contrôler la machine ne contrôlent pas encore la force du vent et les soubresauts du ventre terrien.

Avant, la nature pouvait nous donner une large voie imaginaire. et un éventail de réflexions et de questions qui se présentaient devant nous , nous autorisant par conséquent une aventure et une évasion. banal de dire que désormais la modernité est désenchantement.

Sauf si nous allons plus loin, plus profondément pour y trouver une extériorité, une libération. et prenons le temps de reconsidérer l’ensemble de nos liens, épouse, enfant et chien 🙂

 

les moyens et les fins

à force d’avoir mélangé les moyens et les fins on a fait de l’art un ensemble de techniques séduisantes mais où le sens, la recherche des profondeurs de l’être, ses émotions, sa souffrance ou son bonheur, sont évacués, disons du côté des arts officiels, devenus académiques.

Ce n’est plus qu’un instrument de réussite sociale qui survit de façon endogame et entretient des valeurs boursières et des placements financiers, bref, c’est honteux, ce d’autant plus que nombres de talents existent dans le monde et ne sont pas offerts au public. Celui-ci d’ailleurs devenant par force appauvri exsangue intellectuellement. gavé aux séries télés et musiques violentes, ou art éteint , art marchand.