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Il n’y a plus qu’elle

inaccessible

dans sa nudité

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Un pays que j’aimais

Est-ce ton pays, ces montagnes sa plaine, ses forêts humides ou sèches, les fleurs partout sur le bord des fenêtres pour éloigner les moustiques, la chaleur et la neige, où se sont révélées tellement…

Il est probable que toute révélation tient à autre chose que le sol. Mais ceci doit jouer, le sol, le lieu ne peut pas être totalement neutre.

Du sol sort quelque chose.

Qui fait qu’on se souvient sans savoir exactement quoi, mais nous sommes traversés, et émus.

Sans doute est-ce notre jeunesse, la force incroyable des désirs et espoirs, et amours, et tout ce qui nous arriva, à la fois dans le bien et dans le mal, toutes ces découvertes des choses cachées, qui restituèrent la Présence. À moi, et à nous. Évidemment, c’est marquant.

Pensez donc, vous ne pouviez imaginer que Tout pouvait ainsi se révéler vivant et proche. Par les roches les animaux, par les nuages ou les couleurs, les formes des bois sculptés, par l’amitié, la pauvreté des existences, tout ce qui arrive en fait.

Et que cela porte un nom.

 

Tu parles d’une affaire, toi.

Quel rôle, pas drôle du tout, que celui de devoir être président d’une république…

Vous me direz, rien n’oblige celui qui se présente à se présenter, hein ? il pouvait rester tranquille chez lui, à faire pousser des roses ou des choux, à se tenir sur son banc et écouter les mésanges. Mais ce n’est pas comme ça. C’est curieux cette impression plus ou moins forte de se sentir investi d’un devoir, d’une mission, d’aller au bout de sa conviction et essayer de sauver ce qui peut l’être, surtout quand la situation est critique, et que nous sommes au bord du chaos. Forcément, cela ne peut être que comme ça, tout à fait désordonné, si nous obéissons à des forces que nous ignorons, des forces d’en-bas, si je puis dire.

Quand on pense que la vie sur terre est fragile, qu’elle tient à si peu, et que, avec nos besoins excessifs, depuis le temps que nous y sommes habitués, avec nos consommations sans modération, et le matérialisme qui nous rend si épais, si lourd, nous dilapidons la vie, rien que ça. C’est intenable, sauf si nous la rendons vivable, si nous trouvons ce qu’il faut pour la rendre vivable.

Vivable, le mot est faible, ce n’est pas une plénitude, c’est d’un ennui évident. Mais invivable, comment dire, sous les bombes, dans les canots pneumatiques pour traverser la méditerranée, ou vivant si mal au sein des familles que certains se tuent. Et puis, il y a tout ce qui n’est pas trop joli comme bourrage de crâne.Par exemple, ces fictions répétées où les mises en scène ne font voir que des crimes, des vols, ou des sentiments négatifs, tournant au drame, la face négative des hommes et de la nature, des conditions d’existence peu propice.

Est-ce là le tout de notre présence sur terre ? On dirait que nous avons perdu cette capacité à rire, à avoir des plaisirs simples et du bonheur d’être les uns parmi les autres, se contenter de ce que nous avons,  et donner ce qui nous reste.

Un président, il semble qu’il en faille un, et qu’il entende nos mots, nos maux, et qu’il mette en œuvre une politique qui puisse en décrypter les causes, et y poser quelques remèdes sur ces maux.

C’est un travail commun , pas nécessairement un travail de communiste. Mais il est bien entendu que nous ne devons pas confondre la gauche de la droite, que chaque main a quelque chose à accomplir que l’autre ne peut accomplir.

La raison n’est pas poétique la poésie est difficilement rationnelle. L’irrationnel n’est pas irréel, il porte sa réalité, il dit quelque chose, bon voilà…

Le temps, la mémoire, la vision, la prémonition, la guérison, ça fait beaucoup.

 

Cherchez donc

Ce n’est pas anormal de chercher et de ne pas savoir ce qu’on cherche. Si nous savions aurions-nous besoin de chercher ?
De temps en temps, nous sommes effleurés par des idées hors de ce monde, des idées intérieures et profondes. Ce qui fait que les évènements nous sidèrent mais ne nous surprennent guère.
Voyez, nous croyons que les choses sont ce qu’elles sont, qu’elles sont comme notre perception nous les donne, mais c’est une illusion, la réalité ne se laisse pas attraper, elle est fugitive, subtile, légère comme de la vapeur d’eau. On peut peut-être ne rien pouvoir en dire de vrai, mais juste faire connaissance par les signes, les mots ou les images qui se présentent ou que nous émettons.

Alors, peser sur les évènements, me parait encore plus improbable, si nous ignorons une dimension supérieure, si nous pensons aussi que celle-ci est à jamais étrangère à ce que nous sommes, c’est comme si nous passions à coté de nous, ne croyant pas à nous, ni à rien.

Ainsi nous perdons Tout, perdant toute confiance, et toute connaissance. Nous restons franchement mais terriblement mauvais, maudit, et sombre.

Que savons nous du futur, dites ? Tenez, si vous avez une intuition gardez là précieusement. Si le Hasard  vous offre une fleur, prenez en soin.

Certes, le hasard revient toujours pour que vous ne vous perdiez pas en chemin, et que vous ne soyez pas frappés de stupeur.

Malgré tout, ne pas se laisser impressionner par le monde, parce qu’il est mort. Et que vous, devez être vivant.

Elle – pour ne pas dire, mon pays, ma terre, ma mer, mon île, mon abîme.

Pourquoi, comment en sommes-nous arrivés là, si nous pouvons toutefois affirmer que nous sommes arrivés quelque part ?
Nous serions plus dans cet état d’un moribond qui ne sait plus très bien où aller et erre lamentablement quelque part entre ciel et terre, entre la vie et mort, dansant parfois sur un pied et parfois sur l’autre, faute d’avoir su ou voulu savoir de quoi sa vie ou sa mort se composent.

Mais alors, à qui la faute si nous ignorons ? Pourtant, si je me souviens bien ils n’ont pas manqué ceux qui nous ont appris, enseigné et soutenu, guéri même, afin que cet amas existentiel nous nous y retrouvions un peu, un peu par nous-mêmes.

Au lieu de passer notre temps à rejeter nos angoisses et nos manques sur autrui, au lieu aussi de demander toujours plus aux plus petits de nous soutenir et faire ce que nous pourrions, en prenant plus que ce dont nous avons besoin, en nous mettant en avant pour que le monde nous idolatre ou quelque chose de cet ordre stupide ou diabolique.

De tout ce mal naît bien sûr une espèce de haine sourde, ce mal, ce manque d’apaisement et de lumières, ces frustrations ou quoi d’autre encore qui font que le fil de nos vies communes se perd et se dissout, dans l’oubli ?

On peut surement être athée, dès lors qu’on n’aperçoit pas de lueur au bout du tunnel existentiel, c’est comme si nous avions que nous pour accomplir ce pourquoi nous sommes.

Difficile de dire que nous serions ici pour nulle raison, nous y perdrions aussi notre propre raison. Impossible aussi d’imposer une seule raison à quelqu’un, pas plus que d’imposer sa croyance.

Mais alors dans tous les cas que pouvons-nous faire ?

On peut toujours essayer de dire juste.

Par exemple, le trépas n’est pas le tréfonds, au tréfonds on en meurt. Au trépas on ne meurt pas surement, puisqu’il s’agit de passer, de se délivrer.

La seule chose qui est vraiment bonne au fond, en fin de compte, c’est quand le Père vient dans sa lumière blanche ici bas.

Il vient, savez-vous par qui ? Ce ne peut-être que par Elle.