Si nous sommes nés d’un singe

Ça change tout.

Qui peut croire cette hypothèse là ? Cette émergence de la conscience par le fait des évolutions des gênes ou d’un ADN de virus, que sais-je, d’un photon intelligent, un peu plus rusé qu’un autre et qui se mit à marcher, à se rebeller contre l’ordre de la Nature ? mais en vertu de quoi ?

J’aurais tendance à penser que la vie sur terre ou la vie dans l’univers, ne sont pas tout à fait de l’ordre du hasard de leurs assemblages, de leurs emballages ou conditionnements. Comme si il n’y avait nul ange, nulle présence au sein des univers qui précéda tous ces phénomènes. Bref, comme s’il n’y avait personne et que le chien ou l’homme ne seraient rien, en définitive qu’un chien ou qu’un homme.

Comme s’il n’y avait que cette matière muette et aveugle, n’allant nulle part qu’au lieu de sa décomposition, n’étant soutenue par rien d’autre qu’elle-même. Si nous admettons que la matière soit d’Esprit, et les choses aussi changent, mais si elles ne sont que d’Esprit, bref, si les choses sont Un sans être Deux, si L’un est sans l’Autre,

Autant dire qu’Un est rien , ou Rien est.

On se demande alors pourquoi le Singe aurait fait l’effort d’inventer l’Homme, ou de le rejeter dans les profondeurs de l’ignorance.

Pour le faire souffrir peut-être ?

Dans ce cas là, tous nos amours nos amours seraient bien vides, et nos mots inutiles. Nous ne serions à peine un atome dans les tourbillons des planètes, et encore … Quel est leur devenir ?

 

 

il n’y a pas à dire

C’est mort, c’est fichu.

Et nous, sommes-nous encore en vie ? Quand nous demeurons devant cet écran, comme devant une page blanche, à notre pupitre à rédiger des lettres, ornant nos pages de couleurs, de hiéroglyphes, de mots cryptiques, produisons-nous quelque chose de vivant ? Comme un bon pain substantiel, nourrissant, ou un fruit savoureux, délicieux, un pur bonheur ?

Non, ce n’est jamais évident, à la relecture, des milliers d’électrons envoyés dans le nuage, si vite passé, de dire juste. Tout est assez boiteux, confus, obscur, et ne révèle jamais trop notre fin.

Sans doute parce qu’on ne sait jamais vraiment où l’on va avant d’y être allé, de la même façon qu’une sculpture n’existe pas avant d’être sculptée, elle se forme dans l’acte de sculpter.
Nous nous sculptons, nous nous écrivons, nous composons notre partition en jouant de la musique, dans nos ouvrages. Ceux-ci sont définitivement bien peu de choses. Même celles qui sont encensées par la critique. Elles sont brins d’herbe dans un champ, et peuvent éventuellement servir au champ, aux arbres ou à la forêt, dans l’ordre de la Nature. Évident que l’homme n’est pas un brin d’herbe, ni une feuille d’ arbre, il peut être plus, tout comme il peut être plus destructeur et nuisible que tout ce qui existe. Même le négatif a son rôle, son utilité, mais si nous, nous nous livrons au négatif, nous prenons des risques inutiles.

De là, l’idée qu’il convient de bien effectuer le tri dans nos décisions et actions, mots et pensées.

Le tout sur quelle fondation ?

Parfois ( trop souvent) je me mets en colère contre ce monde morbide, et de gueuler, vitupérer contre cette infection. Puis, je retrouve des auteurs qui me sont tout à fait dignes et intelligents, et lucides, impeccables ( rien n’est cependant parfait en ce monde, mais bon .. ) et je me dis : »tiens, je vais leur donner ça à lire, ils vont peut-être changer d’avis ou penser autrement, voir différemment que mes mots maladroits sur lesquels ils achoppent avec raison. » Mais, même ça, cet argument d’autorité, d’auteur donc, d’écrivain public, s’ils ne veulent pas le croire ou concéder la part de vrai contenu, c’est voué à l’échec.

Alors concernant des éléments irrationnels, des faits divers bizarres, des coïncidences, des hasards, des phénomènes étranges ou miraculeux, n’en parlons pas … il faut du tangible, du prouvable, du concret.

Y a pas à dire : « c’est mort ».

Pour certains, ce n’est pas grave. Et effectivement ce n’est pas grave, cela ne peut empirer. Cela ne s’aggrave. (pas facile à dire non plus )