Le trou

Par définition, dans un trou il n’y a rien, un trou n’est rien, d’où cette hantise de ne pas demeurer au fond du trou puisqu’il n’y a rien qu’un trou sans fond.

On dit bien « celui-ci habite dans un trou paumé », ce qui n’est guère enviable. Même si on sait qu’il n’y a sur Terre que des trous paumés. Telle grosse ville ici fait figure de trou par rapport à une quelconque mégapole. D’où cette espèce de surenchère dans l’urbanisation croissante et les architectures qui rivalisent dans les hauteurs de leurs immeubles pour avoir cette impression d’être sorties du trou.

Mais comme le trou est abyssal, impossible à combler, il faut parcourir et s’agiter en tous sens à la recherche de mieux, de superlatifs ou d’excellences dans les réalisations, les ouvrages, les performances. Le reste étant relégué dans les oubliettes, ou l’insignifiance.

Étrange que venant d’un trou nous ayons cette hantise de retomber dedans. Enfin, peut-être pas si étrange, si on y pense. C’est quoi le contraire d’un trou ? une tour ?

Bon, on s’accorde quand même sur un trouc, c’est que le trou est partout et son sommet nulle part.